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Philippe de Commynes - Mémoires

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Il est vrai qu'il avait fait de rigoureuses prisons, comme cages de fer, et d'autres de bois, couvertes de plaques de fer par le dehors et par le dedans, avec terribles ferrures de quelque huit pieds de large, et de la hauteur d'un homme, et un pied plus. Le premier qui les devisa fut l'évêque de Verdun, qui en la première qui fut faite fut mis incontinent et y a couché quatorze ans. Plusieurs depuis l'ont maudit, et moi aussi, qui en ai tâté, sous le roi de présent, huit mois. Autrefois avait fait faire, à des Allemands, des fers très pesants et terribles, pour mettre aux pieds : et était un anneau pour mettre au pied seul, malaisé à ouvrir, comme un carcan, la chaîne grosse et pesante, et une grosse boule de fer au bout, beaucoup plus pesante qu'il n'était de raison ni qu'il n'appartenait, et les appelait-on les fillettes du roi. Toutefois j'ai vu beaucoup de gens de bien prisonniers les avoir aux pieds, qui depuis en sont saillis à grand honneur et à grand'joie, et qui depuis ont eu de grands biens de lui ; et, entre les autres, un fils de monseigneur de la Gruthuse, de Flandres, pris en bataille, lequel ledit seigneur maria, et fit son chambellan et sénéchal d'Anjou, et lui bailla cent lances. Aussi au seigneur de Piennes, prisonnier de guerre, et le seigneur de Vergy. Tous deux ont eu gens d'armes de lui, et ont été ses chambellans, ou de son fils, et autres grands états : et autant à monseigneur de Richebourg, frère du connétable, et à un appelé Roquebertin, du pays de Carthelongne, semblablement prisonnier de guerre, à qui il fit de grands biens, et à plusieurs autres, qui seraient trop longs à nommer, et de diverses contrées. Philippe de Commynes Mémoires

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