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Où les historiens s'arrêtent, ne sachant plus rien, les poètes apparaissent et devinent. Ils voient encore, quand les historiens ne voient plus. c'est l'imagination des poètes qui perce l'épaisseur de la tapisserie historique ou qui la retourne pour regarder ce qui est derrière Barbey d'Aurévilly, Une histoire sans nom. Partagez-vous l'avis de Barbey d'Aurévilly selon lequel les écrivains comprennent et représentent mieux l'histoire que les historiens ?

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II)                 Certains écrivains représentent l'histoire de manière plus convaincante 1)      Des écrivains ultra-documentés   De nombreux écrivains, voulant « concurrencer » les historiens se lancent dans la collecte d'informations et de documents historiques avant d'écrire leurs oeuvres. Ils ont l'ambition de faire, à travers leur oeuvre, une analyse historique d'une société ou d'une époque donnée. Le monde créé dans l'oeuvre littéraire se présente dès-lors comme une image, un reflet du monde dans lequel les lecteurs vivent ou ont vécu.   Ex : ·        L'importance de la documentation chez Zola afin d'être le plus authentique possible ·        Balzac, Les Chouans, roman historique restituant l'esprit d'une époque, celle de la Révolution française : Balzac a consulté des ouvrages historiques, ce qui prouve qu'il se documente de façon savante :La Guerre des Vendéens et des Chouans, par Jean-Julien Savary ; L'Histoire de la révolution, par Minniet ;  H istoire de la révolution française, par Adolphe Thiers ·        Marguerite Yourcenar, qui, au XXe siècle poursuit la « compétition » entre historiens et écrivains. Elle travaille les traces et les vestiges du passé dans ses grandes fresques historiques ( cf. Les Mémoires d'Hadrien)   2)      Le recours à la fiction littéraire : une histoire en acte   Le recours à la littérature pour écrire l'histoire permet souvent une meilleure compréhension de cet objet souvent complexe et parfois ennuyeux. L'oeuvre littéraire, de par son intrigue importe un dynamisme dont sont dénués les livres d'histoire. Elle permet, en outre, d'être plus fidèle à la réalité historique en racontant une histoire en acte, en mouvement, en restituant donc plus fidèlement le cours du temps.   3)      Les écrivains n'hésitent pas à faire état des « dessous » de l'histoire   Là où les historiens passent souvent, par peur de prendre parti et manquer à l'impératif d'objectivité, les écrivains ne manquent pas de faire état des « dessous » de l'histoire, en relatant ce qui relève de la « petite histoire » ou en critiquant certains personnages historiques. Le discours historique élaboré par les écrivains peut apparaître en ce sens comme plus complet et fidèle à la réalité que celui des historiens.

« « Où les historiens s'arrêtent, ne sachant plus rien, les poètes apparaissent et devinent.

Ils voient encore, quand les historiens ne voient plus.

C'est l'imagination des poètes qui perce l'épaisseur de la tapisserie historique ou qui la retourne pour regarder ce qui est derrière.

» Barbey d'Aurévilly, Une histoire sans nom.

Partagez-vous l'avis de Barbey d'Aurévilly selon lequel les écrivains comprennent et représentent mieux l'histoire que les historiens ? Analyse du sujet et problématisation : Barbey d'Aurévilly oppose les historiens aux poètes dans la quête de la vérité historique.

Il dévoile la cécité des historiens et exalte la vision sans faille des poètes. Barbey d'Aurévilly montre que c'est l'imagination des poètes qui leur permet de voir et de deviner ce que les historiens ne voient pas.

Paradoxalement, l'imagination est envisagée ici comme un moyen d'accéder à une vérité historique les poètes ayant une capacité inégalée à reconstituer l'histoire.

Notons ici que l'histoire, au sens de discours historique se présente nécessairement comme une reconstruction du passé. Problématique : Les écrivains accèdent-ils davantage à la vérité historique que les historiens ? Dévoilent-ils et expliquent-ils mieux le passé que les spécialistes de la recherche historique ? I) Si les historiens se présentent comme les plus compétents pour écrire l'histoire 1) Une méthode objective Les historiens se présentent comme des scientifiques adoptant une méthode de recherche objective pour tenter de restituer et d'expliquer le passé.

Il sont donc souvent considérés comme les plus compétents pour produire un discours et établir des vérités historiques.

Ils travaillent selon la méthode du constat d'une part – collectant des données évènementielles et les décrivant – et, d'autre part, ils recherchent les causes pouvant expliquer ces évènements et tentent d'en cerner les conséquences.

L'historien est donc à la fois un détective, à la recherche de nouvelles informations, et un scientifique analysant scrupuleusement les données collectées. Ex : · Les Enquêtes d'Hérodote · Le rôle de Thucydide dans l'élaboration d'une histoire objective : il applique le premier des méthodes critiques, notamment le croisement de sources différentes et il s'efforce de trouver les causes rationnelles et non plus divines des faits historiques 2) Une déformation subjective chez les écrivains à entrave à la vérité historique Les écrivains se présentent a priori comme moins compétents pour écrire l'histoire essentiellement du fait du caractère soit fictionnel, soit subjectif de leurs œuvres.

La différence, par exemple entre le roman historique et le manuel d'histoire se situe dans cet écart fictionnel et subjectif.

Les œuvre littéraires sont donc souvent présentés comme les fabulations d'une conscience n'ayant aucun intérêt historique. Ex : l'écart entre Les Mémoires d'Outre Tombe de Chateaubriand et L'Histoire de la Révolution de Michelet : les deux œuvres traitent à un moment donné du même objet, la Révolution Française, mais là où Michelet le fait en historien, restituant objectivement le cours des évènements, Chateaubriand se place en témoin, décrivant les évènements selon le prisme de sa subjectivité.

Cf.

préface testamentaire de 1833 des Mémoire d'Outre Tombe : « Je représenterais dans ma personne représentée dans mes mémoires, les principes, les idées, les événements, les catastrophes, l'épopée de mon temps ». Transition possible : L'histoire n'est pas une science exacte : vouloir expliquer le passé selon une méthode subjective et scientifique, comme le font les historiens, peut se présenter comme une gageure difficile et peu féconde. II) Certains écrivains représentent l'histoire de manière plus convaincante 1) Des écrivains ultra-documentés De nombreux écrivains, voulant « concurrencer » les historiens se lancent dans la collecte d'informations et de documents historiques avant d'écrire leurs œuvres.

Ils ont l'ambition de faire, à travers leur œuvre, une analyse historique d'une société ou d'une époque donnée.

Le monde créé dans l'œuvre littéraire se présente dès-lors comme une image, un reflet du monde dans lequel les lecteurs vivent ou ont vécu. Ex :. »

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