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On a souvent remarqué que, parmi les poètes du XVIe siècle, Du Bellay est un de ceux qui nous semble le plus près de nous, le plus moderne. En étudiant son oeuvre, expliquez cette impression.

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Introduction : a) Les oeuvres de la Pléiade produisent généralement sur nous une impression contradictoire : Tout en étant très sincères, elles sont encombrées d'une érudition intempestive qui nous rebute. b) Seul Du Bellay échappe en partie à ce reproche; il nous semble plus près de nous, plus moderne. c) A quoi peut tenir cette impression ? I. - Simplicité et naturel : a) même encore marquées par l'imitation, ses premières oeuvres restent d'allure moderne par leur discrétion; b) il ne traite que par exception les grands genres qu'il avait prônés dans la Défense, et ne se rattache à la Pléiade que par*sa conception élevée de la poésie, son sens de Fart et ses procédés de style. II. - Sensibilité : Il a une sensibilité toute moderne : a) Les Regrets sont le journal intime de sa vie malheureuse; b) avant Diderot, Volney, il a découvert et chanté la poésie des ruines (Antiquités); c) il est, avant Chateaubriand, Loti et Barrés, le poète des nostalgies (Regrets) ; d) il a su être à l'occasion un poète satirique, délié et aigre; e) son oeuvre est baignée, comme celle de Lamartine, d'un spiritualisme délicat (comparer le Sonnet 113 de l'Olive et la fin de l'Isolement), III. - Forme moderne : a) il fixe progressivement la technique du Sonnet et, avant Hérédia, le consacre à de vastes évocations (voir le Sonnet des Trophées : La Belle Viole); b) ses vers sont souvent la « chanson grise » qui plaira à Verlaine et aux symbolistes (Pâles esprits et vous, ombres poudreuses) et il tire comme eux des sonorités voilées, ou douces d'effets musicaux; c) sa poésie est un peu hermétique comme celle dés symbolistes. Conclusion : Au sens moderne du mot, du Bellay est peut-être plus poète que Ronsard. S'il y a deux conceptions de la poésie, l'une destinée à chanter les grands ébranlements, les grandes pensées, les grandes ambitions en un style coloré et direct (conception d'Hugo), - l'autre plus déliée, plus subtile, destinée à faire rêver le lecteur plus délicat, en lui suggérant des émotions plus rares et plus fines, (celle de la poésie moderne) -du Bellay et Ronsard représentent - n'est-ce pas un mérite du xvi* siècle ?

« Introduction : a) Les œuvres de la Pléiade produisent généralement sur nous une impression contradictoire : Tout en étant très sincères, elles sont encombrées d'une érudition intempestive qui nous rebute. b) Seul Du Bellay échappe en partie à ce reproche; il nous semble plus près de nous, plus moderne. c) A quoi peut tenir cette impression ? I. — Simplicité et naturel : a) même encore marquées par l'imitation, ses premières œuvres restent d'allure moderne par leur discrétion; b) il ne traite que par exception les grands genres qu'il avait prônés dans la Défense, et ne se rattache à la Pléiade que par*sa conception élevée de la poésie, son sens de Fart et ses procédés de style. II. — Sensibilité : Il a une sensibilité toute moderne : a) Les Regrets sont le journal intime de sa vie malheureuse; b) avant Diderot, Volney, il a découvert et chanté la poésie des ruines (Antiquités); c) il est, avant Chateaubriand, Loti et Barrés, le poète des nostalgies (Regrets) ; d) il a su être à l'occasion un poète satirique, délié et aigre; e) son œuvre est baignée, comme celle de Lamartine, d'un spiritualisme délicat (comparer le Sonnet 113 de l'Olive et la fin de l'Isolement), III. — Forme moderne : a) il fixe progressivement la technique du Sonnet et, avant Hérédia, le consacre à de vastes évocations (voir le Sonnet des Trophées : La Belle Viole); b) ses vers sont souvent la « chanson grise » qui plaira à Verlaine et aux symbolistes (Pâles esprits et vous, ombres poudreuses) et il tire comme eux des sonorités voilées, ou douces d'effets musicaux; c) sa poésie est un peu hermétique comme celle dés symbolistes. Conclusion : Au sens moderne du mot, du Bellay est peut-être plus poète que Ronsard. S'il y a deux conceptions de la poésie, l'une destinée à chanter les grands ébranlements, les grandes pensées, les grandes ambitions en un style coloré et direct (conception d'Hugo), — l'autre plus déliée, plus subtile, destinée à faire rêver le lecteur plus délicat, en lui suggérant des émotions plus rares et plus fines, (celle de la poésie moderne) —du Bellay et Ronsard représentent — n'est-ce pas un mérite du xvi* siècle ? — ces deux conceptions. »

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