Devoir de Philosophie

Mérimée, La Vénus d'Ille.

Extrait du document

Mérimée, La Vénus d'Ille. – Vous étiez donc présent à la découverte ? – Oui, monsieur. M. de Peyrehorade nous dit, il y a quinze jours, à Jean Coll et à moi, de déraciner un vieil olivier qui était gelé de l'année dernière, car elle a été bien mauvaise, comme vous savez. Voilà donc qu'en travaillant Jean Coll qui y allait de tout cœur, il donne un coup de pioche, et j'entends bimm... comme s'il avait tapé sur une cloche. Qu'est-ce que c'est ? que je dis. Nous piochons toujours, nous piochons, et voilà qu'il paraît une main noire, qui semblait la main d'un mort qui sortait de terre. Moi, la peur me prend. Je m'en vais à monsieur, et je lui dis : "Des morts, notre maître, qui sont sous l'olivier ! Faut appeler le curé. – Quels morts ?" qu'il me dit. Il vient, et il n'a pas plus tôt vu la main qu'il s'écrie : "Un antique ! un antique !" Vous auriez cru qu'il avait trouvé un trésor. Et le voilà avec la pioche, avec les mains, qui se démène et qui faisait quasiment autant d'ouvrage que nous deux. – Et enfin que trouvâtes-vous ? – Une grande femme noire plus qu'à moitié nue, révérence parler, monsieur, toute en cuivre, et M. de Peyrehorade nous a dit que c'était une idole du temps des païens... du temps de Charlemagne, quoi !

Liens utiles