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Les débuts de la comédie et Molière

Publié le 14/03/2024

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« La comédie I. Histoire et élaboration progressive d’un genre: la comédie 1) Les origines de la comédie La comédie naît en Grèce comme la trageide dans le contexte des fêtes traditionnelles en l’honneur dionysos.

On appelle le cortège festif spontané: “komos” (qui donnera comédie). Le komos se met à accomplir des faces, des pantomimes, de plus en plus concertées. Vers 460 av devient plus institutionnelle. Dès le départ la comédie est vue comme un genre mineur en opposition à la tragédie + a une origine populaire La comédie antique s’illustre par deux grands noms: Aristophane et Ménandre. Le premier écrit autour de 450 av, dans un esprit de liberté absolu: romanesque, invraisemblance, comique trivial, corporel bouffon.

Ses comédies restent ancrées dans le réel, tout en gardant une forte dimension satirique. Le second, entre 330 et 250, invente “la comédie nouvelle”, plus mesurée et vraisemblable et qui est axée sur la définition de caractères avec une aspiration morale. Coté latin, la comédie s’illustre également par deux noms: et Plaute, entre 250 et 180, période de grécophilie, adapte Aristophane à la langue latine, caractérisé par l’outrance, les péripéties romanesque . Térence: dans les années 170 repart vers Ménandre Molière est le premier à faire la synthèse entre les deux types de comédies (disons populaire et savante) 2) La comédie selon Aristote La poétique d’Aristote (4ème siècle): rassemble et énumère les règles selon les différents genres.

Elle est restée la référence absolue en termes de littérature jusqu’au 18ème siècle. C’est un manuel prescriptif (règle qui servent à la fabrication) et normatif (règle à l’aune desquels on juge les œuvres. Aristote est influencé par Platon (concept d'imitation) mais s’en détache aussi. Pour Platon l'imitation est une mauvaise chose (dans le seul moral et au niveau ontologique).

Les imitations épaississent le mensonge de nos perceptions: “il faut chasser les poètes de la cité” (poètes = dramaturges ici).

La fiction imitative est fondamentalement mauvaise pour Platon. Aristote définit également l’art comme l’imitation mais pour lui elle est l’activité proprement humaine, être un homme c’est imiter pour Aristote, l’imitation du réel est le réel en plus beau ainsi que intelligible et instructif.

L’imitation/représentation fait du beau à partir du laid (représentations sublimes) ce qui crée crainte et pitié: théorie de la catharsis, bénéfique pour le spectateur.

Celle-ci découle de la beauté et de la réussite de l’imitation, qui réussit à rendre intelligible le réel et est de fait utile.

La mimesis devient le fondement de la littérature, ainsi que des autres arts.

A la différence de ces derniers, la littérature imite des hommes en action.

La représentation passe par une histoire, une intrigue racontée (le mutos).

Il faut que le mutos soit une unité cohérente, claire et intelligible pour qu’il y ai catharsis d’où la fixation de règles: unité de temps et d’action (celle de lieu vient après).

Obligation également du vraisemblable et du nécessaire.

La mimesis est le système de voûte des genres réussis, les genres se catégorisent selon leur manière de figurer le réel: plus ils imitent, plus ils sont au-dessus dans la hiérarchie. Le théâtre n’ayant pas de barrière est haut, de plus les genres non imitatifs sont inclassés(la poésie lyrique n’a pas de vocation imitative). Trois critères: a) mode (théâtre, récit) b) moyen (vers, prose) c) objet imité (vies nobles, ordinaires) Classement: a) tragédie; imite par le vers sur un mode théâtrale des vies nobles b) comédie: pareil mais humains ordinaires c) Epopée: mode du récit (moins imitatif) vers aussi mais vies nobles Aristote est très évasif sur la comédie, juste chapitre 5 de la poétique. On suppose qu’il a écrit un livre consacré à la comédie mais perdu (histoire du “nom de la rose” d'Éco) Le comique a un fondement esthétique et éthique: laideur physique (esthétique) ou morale (éthique) La comédie est la représentation d’hommes bas, inférieurs à la moyenne, le spectateur est en position de supériorité (dimension critique).

La douleur qui provoque douleur et destruction n’est pas drôle.

La comédie doit être distante, innocuité ce qui se passe sur scène n’est pas grave: liberté de jugement, le spectateur n’est pas affecté par ce qu’il voit. 3) Horace: Convenance et bienséance Horace: en vers en latin “Art poétique” ou “L'épître Pisons” au 1er siècle avant JC. Il se veut une traduction-commentaire de la poétique d’Aristote. Influence double, d’Aristote passé au fil d’Horace (traduction déformante).

Pendant très longtemps, Aristote ne se connait qu’à travers Horace, redécouverte de son manuscrit au début de la Renaissance. Modifications: 1ère règle chez Aristote est le vraisemblable (qui garantit la mimesis et donc la catharsis), Horace ajoute “le souci de ce qui convient”.

Il introduit le concept de bienséance. Aristote accorde une vocation pédagogique au théâtre, conversion des peines en plaisir grâce à l’art.

Horace force la chose en plus morale, il définit la catharsis comme une purgation, qui guérit le spectateur des passions qu’il voit sur scène (face à leur exagération). Elle rend meilleur, débarrasse le spectateur de ses passions (fonction morale de l’art). Horace: joindre l’utile à l'agréable “utile dulci” (l’agréable utile): “Celui qui mêle l’utile à l'agréable sachant à la foi charmer le lecteur et l’instruire remporte tous les suffrages”. Équivalent dans la comédie: “Castigat ridendo mores”: châtier les mœurs par le rire (pendant de la catharsis chez Horace, la catharsis est uniquement pour la tragédie chez Horace). L’utilité du rire sert de caution morale à la comédie contre les accusations de légèreté et d’immoralité. 4) Evolution de la comédie entre veine populaire (Aristophane) et tentative d'accéder à la dignité d’un vrai genre (Ménandre) Du côté de la veine populaire: au Moyen-Age, s’illustre par le fait que la comédie est un divertissement populaire entre “miracles et mystères” (fêtes populaires).

Lors de ces fêtes sont données des comédies: farces, sotties, satires (joué sur des tréteaux, en plein air). Sotties: genre médiéval, pièce satirique vehemente sur un fait de société, un scandal sur les dirigeants, les possédants: se moque du roi, des ecclésiastiques.

Elle est jouée par des “sots” et a pour principe que tout le monde est fou: sottise universelle.

Il y a toujours un prince/roi des fois, esprit carnavalesque Italie: - Commedia dell’arte: met en scène des rôles codifiés qui sont connus à l’avance et qui reviennent tout le temps (Arlequin, Pierrot), reconnaissable par leur costumes, masqués et en grande partie improvisée: “lazzi” réplique drôle improvisée.

Comique simple: acrobatie, gestuelle… - En même temps, émergence de la “commedia sostenuta” o erudita.

Tentative d’écrire des pièces réglées en 5 actes, dans des vraies salles dans l'héritage d’Aristote. En France, la commedia dell’arte est introduite en 1570 et rencontre un grand succès notamment à l'hôtel de Bourgogne (haut lieu du théâtre populaire).

Tabarin, bateleur sur la place dauphine, haranguait les passants… En 1630: reprise de la comédie par la “vraie” littérature, par l'intermédiaire de Corneille.

Il donne 5 comédies entre 1630 et 1635 parfaitement ancrées dans l'héritage d’Aristote (dans l’idée que la comédie est complémentaire à la tragédie): Mélite en 1630 puis la comédie du palais, la place royale… “Le discours du poème dramatique” de Corneille: 1) La comédie ne diffère pas de la tragédie par ses personnages (rompt ici avec Aristote), hommes de haut rang 2) La différence se repose sur les actions, elles sont “communes” et non pas exceptionnelles ainsi que sur son langage, qui n’est pas aussi élevé que celui de la comédie mais doit être “enjoué” 3) La comédie doit être naturelle et moyenne Dans Mélite par exemple, honnête gens aristocrates (jeunesse dorée oisive)...

Corneille cherche à se différencier absolument de la farce.

Début de récupération par les théoriciens de la comédie. Nicolas Boileau: “Art poétique” dans la lignée d'Aristote et Horace, tournant moral, pote de de Broglie.

Il définit la comédie par la nature, elle doit la représenter “ut pictura poesis” : comme la peinture, la poésie » “Que la nature donc soit votre étude unique, Auteurs qui prétendez aux honneurs du comique.” Molière: “La critique de l’Ecole des femmes” (1663), sorte d’art poétique de Molière.

La comédie est supérieure à la tragédie (qui est moins vraisemblable que la comédie), renverse donc la hiérarchie aristotélicienne.

Le principe du naturel devient le critère d'évaluation à l'âge classique.

La comédie comme l’art du comportement, vraisemblance plus forte que dans la tragédie. Mais la comédie reste-t-elle drôle ? Les pièces de Corneille cherchent plus à plaisir qu’à faire rire, prend beaucoup sur le romanesque. La comédie ne se distingue plus par le rire, mais par son dénouement: heureux ici (artificiel, se conclut souvent par un mariage selon Boileau), malheureux dans la tragédie. Mais tragédie qui finissent bien: Cinna de Corneille, Berenice (entre les deux, pas de mort mais éloignement des deux amants) Comedie ne finissant pas forcément bien: L’école des femmes, le Misanthrope Dictionnaire de l'Académie: “pièce de théâtre où l’on représente une action que l’on suppose ordinairement passée entre des personnes de condition privé où on l’a pour objet de plaire soit par la peinture des mœurs soit par la peinture des ridicules”. II. Molière et la comédie 1) La réhabilitation du comique Molière.... »

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