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L'ARMÉE ENCYCLOPÉDIQUE

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Tout ce que le siècle comptait comme lettrés et comme savants fut enrégimenté par Diderot dans l'armée encyclopédique : chacun « fut occupé dans sa partie », ce qui n'était pas une des moindres originalités par rapport aux dictionnaires antérieurs. LES CHEFS. Diderot. Diderot ne fut pas seulement l'âme de l'Encyclopédie, il en fut le plus infatigable artisan. Il écrit plus de mille articles sur les questions les plus diverses (Aristotélisme, Tabac, Indigo, Épicurisme, Fleurs artificielles, Lutherie...). Il court les ateliers et les manufactures pour s'initier à la technique des arts et métiers, complète les articles de ses collaborateurs et organise tout le travail. D'Alembert (1717-1783). D'Alembert, fils naturel de Mme de Tencin, fit de très brillantes études et fut nommé membre de l'Académie des Sciences à vingt-trois ans. Il apporta à l'entreprise le prestige d'un mathématicien doublé d'un homme du monde : grâce à lui, l'esprit nouveau pénétra clans les salons et à l'Académie, où il fut élu en 1754. Auteur de nombreux travaux scientifiques et d'ouvrages littéraires (Mémoires sur la destruction des Jésuites, 1765; Mélanges de philosophie, d'histoire et de littérature, 1783), il rédigea pour l'Encyclopédie, outre le Discours préliminaire, l'article Genève et de nombreux articles de mathématiques et de physique générale.

« Tout ce que le siècle comptait comme lettrés et comme savants fut enrégimenté par Diderot dans l'armée encyclopédique : chacun « fut occupé dans sa partie », ce qui n'était pas une des moindres originalités par rapport aux dictionnaires antérieurs. LES CHEFS. Diderot.

Diderot ne fut pas seulement l'âme de l'Encyclopédie, il en fut le plus infatigable artisan.

Il écrit plus de mille articles sur les questions les plus diverses (Aristotélisme, Tabac, Indigo, Épicurisme, Fleurs artificielles, Lutherie...). Il court les ateliers et les manufactures pour s'initier à la technique des arts et métiers, complète les articles de ses collaborateurs et organise tout le travail. D'Alembert (1717-1783).

D'Alembert, fils naturel de Mme de Tencin, fit de très brillantes études et fut nommé membre de l'Académie des Sciences à vingt-trois ans.

Il apporta à l'entreprise le prestige d'un mathématicien doublé d'un homme du monde : grâce à lui, l'esprit nouveau pénétra clans les salons et à l'Académie, où il fut élu en 1754. Auteur de nombreux travaux scientifiques et d'ouvrages littéraires (Mémoires sur la destruction des Jésuites, 1765; Mélanges de philosophie, d'histoire et de littérature, 1783), il rédigea pour l'Encyclopédie, outre le Discours préliminaire, l'article Genève et de nombreux articles de mathématiques et de physique générale. LA COLONNE ENCYCLOPÉDIQUE. Les grands écrivains du siècle ne participèrent à l'Encyclopédie que par occasion.

Voltaire lui-même, d'abord enthousiaste, se montra plus réservé quand il se vit confondre dans la foule des collaborateurs.

Parmi ceux-ci, quelques-uns se montrèrent particulièrement assidus. Le chevalier de Jaucourt (1704-1779).

Jaucourt fut le sergent fourrier de cette armée; sa prodigieuse activité et son immense savoir n'eurent d'égal que son désintéressement.

Vulgarisateur de talent, il fit tous les raccords et écrivit une foule d'articles de science, de politique et d'histoire. Le baron d'Holbach (1723-1789).

D'Holbach tint un salon qui fut le quartier général de l'Encyclopédie.

Il écrivit des articles de chimie et de minéralogie.

Mais il est surtout connu par deux ouvrages, Le Christianisme dévoilé (1767), où il attaque le dogme chrétien, et Le Système de la nature (1770), où ii pousse ses doctrines matérialistes et athées jusqu'à leurs conséquences extrêmes. Marmontel (1723-1799), polygraphe infatigable, réunit en six volumes sous le titre Eléments de littérature (1787) les articles qu'il écrivit pour l'Encyclopédie. L'abbé Morellet (1727-1819) écrivit des articles consacrés à des problèmes de théologie et de métaphysique. L'ARRIÈRE-GARDE. D'autres écrivains, économistes ou philosophes, sans collaborer régulièrement à l'Encyclopédie, l'encouragèrent dans sa lutte et furent animés du même esprit. Les économistes.

Quesnay (1694-1774), chef de l'école des Physiocrates, partisan de la libre circulation des produits de la terre, rédigea pour l'Encyclopédie les articles Fermiers et Grains.

Il est surtout connu par trois traités : Analyse du Tableau économique (1758), Maximes générales du gouvernement économique d'un royaume agricole (1758) et La Physiocratie (1768). Turgot (1727-1781), futur ministre de Louis XVI, fournit aussi des articles d'économie politique, science qu'il a contribué à fonder par ses Réflexions sur la formation et la distribution des richesses (1766).

Ce penseur libéral est aussi un remarquable écrivain. Les théoriciens politiques.

L'abbé de Mably (1709-1785) se posa d'abord en défenseur de la monarchie absolue, puis il changea d'opinion : dans des ouvrages imprégnés de souvenirs antiques (Entretiens de Phocion, 1763; De la législation ou principe des lois, 1776), il flétrit le despotisme et prêche la liberté, l'égalité, la séparation des pouvoirs. L'abbé Raynal (1713-1796) commença par adopter les doctrines révolutionnaires; son Histoire philosophique et politique des établissements et du commerce des Européens dans les deux Indes (1770) n'est qu'une longue invective contre la tyrannie et la « superstition ».

Mais Raynal, après avoir dû s'exiler, passa à la réaction. Condorcet (1743-1794), mathématicien, économiste et philosophe, se consacra surtout aux réformes politiques et sociales.

Mis hors la loi, avant d'être emprisonné sous la Terreur, il ne perdit pas foi en l'avenir : son Esquisse d'un tableau des progrès de l'esprit humain (1794) est l'ouvrage le plus enthousiaste du siècle.

Prenant l'humanité à ses origines, il la conduit jusqu'à son temps, en passant par neuf périodes au cours desquelles elle avance progressivement sur le chemin de la vérité, de la justice et du bonheur. Les philosophes sensualistes.

Condillac (715-1780), ami de Rousseau et de Diderot, est l'auteur d'un Essai sur l'Origine des connaissances humaines (1746) et d'un Traité des sensations (1754).

Disciple de Locke, Condillac voit dans la sensation le principe unique de toutes nos connaissances et de toute notre activité.

A la naissance, il n'existe qu'une faculté, identique chez tous, de subir de la même manière les mêmes impressions : les opérations de l'esprit s'expliquent par des sensations associées et transformées. Helvétius (1715-1771), fermier général millionnaire, pousse à l'extrême les théories sensualistes de Condillac dans ses deux traités philosophiques : De l'Esprit (1758); De l'Homme, de ses facultés intellectuelles et de son éducation (1772).

Selon lui, la supériorité de l'intelligence s'explique par un simple accident de la conformation des organes; l'être moral est lui-même déterminé par cette conformation; enfin l'intérêt personnel est le principe de toutes nos actions.. »

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