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La pièce de Molière, Dom Juan, est-elle une comédie ?

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    II.                Une dimension tragique   Dom Juan, héros tragique Par son entêtement à posséder, à séduire, le comique devient tragique et Dom Juan avance inexorablement vers sa perte. Il y a une certaine fatalité dans son cheminement, du libertin, à l'homme châtié.   Trame de la pièce La pièce en elle-même est construite comme une tragédie avec la présence d'avertissements divers au cours de la pièce (Sganarelle, la statue, Elvire, ...), tous refoulés par Dom Juan. On sent une montée dramatique dans l'intrigue, la menace pèse et le spectateur sent le châtiment venir (contrairement au personnage).   Recours aux machines Ce qui rend la pièce difficilement comique, c'est le recours aux machines, qui accentuent l'atmosphère menaçante. Pensons à l'apparition du spectre ou au foudroiement et à la disparition du héros.         III.             Une satire de son siècle derrière la comédie   Molière dans son siècle Nous sommes au siècle de Louis XIV, un siècle où les auteurs sont enfin reconnus et où s'instaure une certaine liberté de ton. Cependant, les autres auteurs s'orientent plus sur la tragédie en prenant soin de ne pas choquer (Racine et son Britannicus) avec des pièces qui ne mettent pas en scène la société du XVIIe siècle.

« - Indéniablement, le XVIIe siècle est celui de l'apogée théâtrale avec une reconnaissance de ses auteurs qui se fait jour. C'est aussi le siècle de Louis XIV de la création de la Comédie Française et de l'émergence de trois dramaturge clés : Racine, Corneille et Molière. - Ce dernier s'illustre particulièrement dans des comédies comme le Tartuffe.

Cependant, Molière est également le père de pièces dites « inclassables ».

C'est le cas de Dom Juan, parue en 1665.

Communément rangée dans les comédies, cette pièce fait pourtant débat. - Dom Juan est-il réellement une comédie ? N'y a-t-il pas une dimension plus profonde derrière les épisodes farcesques de la pièce ? I. Dom Juan, une comédie 1.

L'influence de la Commedia del arte N'oublions pas qu'une des sources essentielles de Molière se trouve dans la Commedia del'arte.

Cette influence imprègne toute l'œuvre de Molière, q'il s'agisse de ses personnages de valets (Sganarelle) ou du comique de son écriture.

Pensons au burlesque, à l'art de l'imposture, du déguisement proche de la farce. 2.

Le comique dans la pièce Il existe plusieurs types de comique (comique de geste, de parole, de caractère, de situation, etc).

Observons par exemple l'acte I, scène 2 pour le comique de situation, ou Sganarelle pour le comique de caractère. 3.

Le personnage comique Le personnage du valet, comme dans d'autres pièces (Figaro chez Beaumarchais par exemple), est bien sûr comique. Pensons aussi aux personnages issus du monde paysans. Pour ce qui est de Dom Juan, le cas est plus complexe, car si certains gestes ou paroles sont à coup sûr comique, le personnage est bien plus complexe et donne à la pièce un tout autre écho. II. Une dimension tragique 1.

Dom Juan, héros tragique Par son entêtement à posséder, à séduire, le comique devient tragique et Dom Juan avance inexorablement vers sa perte.

Il y a une certaine fatalité dans son cheminement, du libertin, à l'homme châtié. 2.

Trame de la pièce La pièce en elle-même est construite comme une tragédie avec la présence d'avertissements divers au cours de la pièce (Sganarelle, la statue, Elvire, …), tous refoulés par Dom Juan.

On sent une montée dramatique dans l'intrigue, la menace pèse et le spectateur sent le châtiment venir (contrairement au personnage). 3.

Recours aux machines Ce qui rend la pièce difficilement comique, c'est le recours aux machines, qui accentuent l'atmosphère menaçante. Pensons à l'apparition du spectre ou au foudroiement et à la disparition du héros. III. Une satire de son siècle derrière la comédie 1.

Molière dans son siècle Nous sommes au siècle de Louis XIV, un siècle où les auteurs sont enfin reconnus et où s'instaure une certaine liberté de ton.

Cependant, les autres auteurs s'orientent plus sur la tragédie en prenant soin de ne pas choquer (Racine et son Britannicus) avec des pièces qui ne mettent pas en scène la société du XVIIe siècle.

Molière va prendre le contrepied et s'attache à peindre la société dans laquelle il vit. 2.

Le XVIIe siècle dans la pièce Dom Juan est ce que l'on appelle un libertin ; et le simple fait de développer ses arguments dans la pièce attireront les foudres des dévots.

Molière s'en prend également avec humour (ou ironie) à toutes les classes sociales (paysans, bourgeois, valets…).

Sa pièce est une peinture de la société de son temps dont il s'applique à dénoncer les travers. 3.

Une satire des mœurs de son siècle (tabac, hypocrisie…) « Castigat ridendo mores » : soigner les mœurs par le rire.

Pensons ainsi à la scène avec M.

Dimanche où l'hypocrisie est dominante, comique, mais n'en demeure pas moins une dénonciation.

La comédie chez Molière a donc un but : faire accepter plus facilement à la société la peinture parfois sans complaisance qu'il fait d'elle. Conclusion : dire que Dom Juan est une comédie, c'est oublier la verve satirique de Molière et réduire le personnage à un personnage de farce.

Or ce qui fait de Dom Juan un mythe, c'est le fait qu'il recèle, au-delà de la comédie, une profondeur qui permet, selon les siècles et les adaptations, de trouver en filigrane aussi bien la satire que les balbutiements de la psychologie.

Chez Molière, la comédie est certes le moyen mais pas toujours le but.. »

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