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La Guerre de Troie n'aura pas lieu, acte I, scène 6 (Jean Giraudoux)

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Il met en avant la notion de devoir et tente de montrer que c'est justement par la guerre que l'homme remplit son rôle auprès des siens en tant que protecteur. Par une question (l. 21-22) à laquelle il répond immédiatement, il montre que c'est la guerre qui préserve la vie. Il oppose par ailleurs une tout autre vision de la vie qu'il qualifie de « terne et stupide » (l. 26), la préservation de la vie est considérée comme un but médiocre, comparée à l'objectif de gloire éternelle. À la notion de volonté qu'il nie par ses premiers mots « je ne veux pas », il répond par celle de nécessité. Cela est accentué par les propositions conditionnelles (l. 24-25) : si les hommes ne faisaient pas la guerre, les femmes le pousseraient à combattre puisque la guerre est présentée comme nécessaire. Par extension, il justifie donc la guerre par l'intérêt de tous. C'est, d'après lui, pour le bien commun exprimé par le mot « toutes » (l.22). Les adjectifs « belles » et « vaillantes » expriment l'idée selon laquelle la grandeur d'un peuple, d'une communauté passe par l'impératif de la guerre.

« Cette pièce de théâtre écrite en 1935 pendant l'entre-deux-guerres par Giraudoux est l'expression du questionnement sur les motivations de la nouvelle guerre qui se prépare.

La Guerre de Troie n'aura pas lieu est en effet un texte qui aborde à travers cet épisode mythique le thème de la fatalité de la guerre et de la responsabilité des hommes dans cet accomplissement tragique.

Il s'agit en effet d'une remise en cause des fondements de la guerre.

Cet extrait en particulier cherche à en montrer le caractère absurde. Il convient donc de s'interroger sur les moyens mis en place par le dramaturge pour rendre compte des différentes conceptions de la guerre. En effet, on assiste à l'expression du point de vue d'Andromaque, une femme, mais également à celui de Priam qui par sa figure de roi représente les hommes et l'autorité.

Enfin, on peut voir comment Giraudoux théâtralise l'affrontement idéologique de ces deux conceptions à travers celui des personnages. Ainsi, tout d'abord, on assiste au discours d'Andromaque, la femme d'Hector qui plaide pour la paix devant Priam.

Son objectif est d'empêcher la guerre.

Pour cela, elle commence par mettre en relief le fait que la guerre aille à l'encontre de toutes les valeurs qu'elle défend. Elle se donne dès le début le rôle de porte-parole de la pensée féminine qui s'oppose fondamentalement au mode de réflexion des hommes.

Son propos semble en effet être à généraliser au-delà du simple cadre de l'action.

Il s'agit d'un point de vue universel.

Andromaque le revendique en disant à la ligne 3 : « écoutez ce que toutes les femmes du monde vous disent par ma voix ».

Ses arguments sont en effet ceux de toutes les femmes à travers le monde mais également à travers le temps.

En tant que femme, elle fait appel à l'argument des mères.

Elle prône la valeur de la vie puisque c'est elle qui la donne.

Elle veut avant tout préserver la vie ce qui n'est pas le cas des hommes qui place la gloire avant la simple survie.

L'expression « pour ne pas y être tué » (l.

33) illustre bien ce qu'elle défend, à savoir la conservation. Dans le fait de donner la mort, elle veut voir avant tout un geste nécessaire dont dépend la survie et qui passe par exemple par la chasse (« les bêtes » l.

8).

Elle comprend la mort des animaux qui permettent de nourrir les êtres humains et d'assurer leur préservation mais pas celle des autres hommes qui semble vaine.

Donner la mort à un autre homme rend la guerre inhumaine.

Implicitement cela est basé sur la notion d'égalité entre les hommes qui peut paraître anachronique dans le contexte de la culture grecque mais qui trouve sa place dans la prolongation du débat dans la société moderne.

On peut comprendre et accepter l'expression d'une supériorité de l'homme sur l'animal mais pas de l'homme sur un autre homme.

Ainsi la guerre est un combat fratricide qui ne trouve aucune justification aux yeux d'Andromaque et des femmes en général.

Elle ne comprend pas qu'on puisse gagner le droit de vivre en tuant un autre homme, c'est ce qu'elle exprime par sa question qui clôt sa première tirade : « pourquoi voulez-vous que je doive Hector à la mort d'autres hommes ? » (l.

19-20).

Par ailleurs cela est mis en valeur par la désignation à la ligne 16 de l'ennemi par son « cœur » (l.

16).

Cette image est porteuse de tout un symbolisme.

L'ennemi lui aussi vit, aime… L'expression « emprisonné dans sa cuirasse » (l.

16) montre que la guerre prive l'homme de toute liberté, valeur fondamentale au cœur de la conception moderne de l'humanité. En outre, la guerre pourrait être perçue comme l'accomplissement de la virilité des hommes, elle montre le contraire.

Tuer un autre homme ne le rend pas plus fort, plus humain, au contraire.

Dans sa seconde réplique, elle montre en effet que le vainqueur est nécessairement lâche à un moment ou un autre « devant le danger » (l.36). L'homme peut néanmoins s'affirmer dans la société par le rôle qu'il a à jouer en tant que père nourricier, chasseur qui assure la survie des siens.

C'est la place qu'il occupe en complément de celle des femmes qui ne peuvent exercer les mêmes fonctions : « dont nous les femmes nous confondons le poil avec les bruyères » (l.14).

C'est en cela qu'il « gardent leur agilité et leur courage » qui sont les composantes de leur virilité.

Il s'agit d'un équilibre au sein de la société.

La guerre rompt cet équilibre en privant les femmes de leurs maris.

C'est pourquoi elle réclame la paix : « laissez-nous nos maris ». A cette conception féminine de la guerre qui est vue comme une contradiction au principe de vie, s'oppose celle des hommes, représentée par Priam.

La conjonction « mais » à la ligne 21 marque l'opposition des points de vue. Il met en avant la notion de devoir et tente de montrer que c'est justement par la guerre que l'homme remplit son rôle auprès des siens en tant que protecteur.

Par une question (l.

21-22) à laquelle il répond immédiatement, il montre que c'est la guerre qui préserve la vie.

Il oppose par ailleurs une tout autre vision de la vie qu'il qualifie de « terne et stupide » (l.

26), la préservation de la vie est considérée comme un but médiocre,. »

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