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Jules LAFORGUE (1860-1887) (Recueil : Premiers poèmes) - Veillée d'avril

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Jules LAFORGUE (1860-1887) (Recueil : Premiers poèmes) - Veillée d'avril Il doit être minuit. Minuit moins cinq. On dort. Chacun cueille sa fleur au vert jardin des rêves, Et moi, las de subir mes vieux remords sans trêves, Je tords mon cœur pour qu'il s'égoutte en rimes d'or. Et voilà qu'à songer me revient un accord, Un air bête d'antan, et sans bruit tu te lèves Ô menuet, toujours plus gai, des heures brèves Où j'étais simple et pur, et doux, croyant encor. Et j'ai posé ma plume. Et je fouille ma vie D'innocence et d'amour pour jamais défleurie, Et je reste longtemps, sur ma page accoudé, Perdu dans le pourquoi des choses de la terre, Ecoutant vaguement dans la nuit solitaire Le roulement impur d'un vieux fiacre attardé.

« Jules Laforgue, Poésies Complètes, « Veillée d'avril ». 1. Il doit être minuit. Minuit moins cinq. On dort. 2. Chacun cueille sa fleur au vert jardin des rêves, 3. Et moi, las de subir mes vieux remords sans trêves 4. Je tords mon cœur pour qu'il s'égoutte en rimes d'or. 5. Et voilà qu'à songer, me revient un accord, 6. Un air bête d'antan, et sans bruit tu te lèves 7. Ô menuet, toujours plus gai, des heures brèves 8. Où j'étais simple et pur, et doux, croyant encor. 9. Et j'ai posé ma plume. Et je fouille ma vie 10. D'innocence et d'amour pour jamais défleurie, 11. Et je reste longtemps, sur ma page accoudé, 12. Perdu dans le pourquoi des choses de la terre, 13. Écoutant vaguement dans la nuit solitaire 14. Le roulement impur d'un vieux fiacre attardé. Jules Laforgue (1860-1887) poète qui appartient au mouvement décadent. Après avoir échoué au baccalauréat de philosophie, Laforgue se tourne vers la littérature et la lecture des poètes et des philosophes. Il fréquente le groupe littéraire des Hydropathes, qui réunit ceux qu’on appellera plus tard les symbolistes. Il collabore à des revues telles que la Gazette des Beaux Arts, le Décadent, la Vogue et le Symboliste. Il devient lecteur de l’Impératrice d’Allemagne Augusta de Saxe-Weimar-Eisenach puis rentre en France. Atteint de phtisie, il meurt en août 1887. Dans sa poésie, Laforgue joue avec les mots et en crée fréquemment. Il refuse toute règle de forme pour l’écriture de ses vers. Ses écrits sont empreints d’un fort mal de vivre, par le sentiment de malheur et la recherche vaine de l’évasion. Petit point culturel : Le mouvement décadent / le décadentisme : Mouvement littéraire et artistique qui s'est développé en France à la fin du XIXe siècle. Le décadentisme n'a jamais eu de véritable chef de file. Ce mouvement est à la limite entre naturalisme et symbolisme. Le roman le plus représentatif en est À rebours de Huysmans en 1884. On peut considérer comme typique de ce mouvement les romans de Catulle Mendès, allant jusqu'à mettre en scène dans ses œuvres des intrigues amoureuses incestueuses et homosexuelles à la fois. « Veillée d’avril ». - Sonnet > forme fixe composée de quatorze alexandrins, organisés en deux quatrains à rimes identiques embrassées (ABBA ABBA) + de deux tercets. - Rimes du type CCD, EED dans les tercets > sonnet italien ou marotique. - Alternance respectée entre les rimes féminines (qui se terminent par –e, -es, -ent) et les rimes masculines. - « Veillée d’avril » > titre qui donne une impression autobiographie que sonnet… « Avril » > évoque le printemps, l’espoir… La problématique du commenta ire pourrait être : Ce sonnet est-il seulement l’occasion pour le poète d’évoquer sa mélancolie ? I- Spleen A- Veille du poète »

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