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José-Maria de HEREDIA (1842-1905) (Recueil : Les Trophées) - Sur le Livre des Amours de Pierre de Ronsard

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José-Maria de HEREDIA (1842-1905) (Recueil : Les Trophées) - Sur le Livre des Amours de Pierre de Ronsard Jadis plus d'un amant, aux jardins de Bourgueil, A gravé plus d'un nom dans l'écorce qu'il ouvre, Et plus d'un coeur, sous l'or des hauts plafonds du Louvre, A l'éclair d'un sourire a tressailli d'orgueil. Qu'importe ? Rien n'a dit leur ivresse ou leur deuil. Ils gisent tout entiers entre quatre ais de rouvre Et nul n'a disputé, sous l'herbe qui les couvre, Leur inerte poussière à l'oubli du cercueil. Tout meurt. Marie, Hélène et toi, fière Cassandre, Vos beaux corps ne seraient qu'une insensible cendre - Les roses et les lys n'ont pas de lendemain - Si Ronsard, sur la Seine ou sur la blonde Loire, N'eût tressé pour vos fronts, d'une immortelle main, Aux myrtes de l'Amour le laurier de la Gloire.

« Sujet: José-Maria de HEREDIA (1842-1905) (Recueil : Les Trophées) - Sur le Livre des Amours de Pierre de Ronsard Jadis plus d'un amant, aux jardins de Bourgueil, A gravé plus d'un nom dans l'écorce qu'il ouvre, Et plus d'un coeur, sous l'or des hauts plafonds du Louvre, A l'éclair d'un sourire a tressailli d'orgueil. Qu'importe ? Rien n'a dit leur ivresse ou leur deuil. Ils gisent tout entiers entre quatre ais de rouvre Et nul n'a disputé, sous l'herbe qui les couvre, Leur inerte poussière à l'oubli du cercueil. Tout meurt. Marie, Hélène et toi, fière Cassandre, Vos beaux corps ne seraient qu'une insensible cendre - Les roses et les lys n'ont pas de lendemain Si Ronsard, sur la Seine ou sur la blonde Loire, N'eût tressé pour vos fronts, d'une immortelle main, Aux myrtes de l'Amour le laurier de la Gloire. José Maria de Hérédia fut reconnu très vite comme poète de talent, malgré la rareté de ses publications. En 1893, il regroupa dans Les Trophés cent dix huit sonnets. Les quatre premières parties de ce recueil traitent de l'Histoire depuis les temps helléniques jusqu'à la Renaissance, et la dernière, de la nature et des rêves. Fidèle à la doctrine parnassienne, Hérédia avait ciselé la perfection la forme de ces sonnets (il mit plus de trente ans à les « polir »), et la thématique oblige histoire, légendes et nature est propice des descriptions qui sont autant d'exercices de style. Dans tous ses poèmes, Hérédia présente en outre les événements dramatiques avec exactitude, évitant tout commentaire personnel. Pour bien comprendre et étudier un tel texte, il est important de connaître aussi l’esthétique de l’école parnassienne à laquelle il appartenait. Notes sur le Parnasse : Le Parnasse est un groupement de poètes qui se constitue vers le milieu du XIXe siècle autour de Leconte de Lisle. Hostile aux effusions individuelles (refus de l’exaltation d’un « je » poétique lyrique, tel que c’est le cas pour la poésie romantique du début du siècle) comme aux engagements politiques, il prétend nourrir la poésie des sciences de la nature, de l’histoire et de la philosophie. Soumis à une sévère discipline de la forme, et indifférent au suffrage de la foule, l’artiste trouve sa récompense dans la contemplation du beau. Selon Gautier « Tout ce qui est beau est inutile, l’art est inutile »( citation à revoir, préface de Mademoiselle de Maupin). Manifeste du panasse, ce poème de Théophile Gautier, L’Art, extrait du recueil Emaux et Camées : Oui, l'œuvre sort plus belle D'une forme au travail Rebelle, Vers, marbre, onyx, émail. (...) Les dieux eux-mêmes meurent. Mais les vers souverains Demeurent Plus forts que les airains. Sculpte, lime, cisèle ; Que ton rêve flottant Se scelle Dans le bloc résistant ! » Ce sonnet d’ Heredia s’inscrit donc dans la continuité de la théorie parnassienne, il s’agit ici d’un texte prétexte à un hommage au poète de la Pléiade, Ronsard. De quelle manière s’y prend-il ? La structure du texte : · Ce sonnet est en vers rapporté : deux lectures sont possibles : l’horizontale mais aussi la verticale. »

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