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Jean de SPONDE (1557-1595) - Je sens dedans mon âme une guerre civile

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Jean de SPONDE (1557-1595) - Je sens dedans mon âme une guerre civile Je sens dedans mon âme une guerre civile, D'un parti ma raison, mes sens d'autre parti, Dont le brûlant discord ne peut être amorti Tant chacun son tranchant l'un contre l'autre affile. Mais mes sens sont armés d'un verre si fragile Que si le coeur bientôt ne s'en est départi Tout l'heur vers ma raison se verra converti, Comme au parti plus fort, plus juste et plus utile. Mes sens veulent ployer sous ce pesant fardeau Des ardeurs que me donne un éloigné flambeau, Au rebours la raison me renforce au martyre. Faisons comme dans Rome, à ce peuple mutin De mes sens inconstants arrachons-les enfin, Et que notre raison y plante son Empire.

« Jean de SPONDE, « Je sens dedans mon âme une guerre civile ». 1.

Je sens dedans mon âme une guerre civile, 2.

D'un parti ma raison, mes sens d'autre parti, 3.

Dont le brûlant discord ne peut être amorti 4.

Tant chacun son tranchant l'un contre l'autre affile. 5.

Mais mes sens sont armés d'un verre si fragile 6.

Que si le coeur bientôt ne s'en est départi 7.

Tout l'heur vers ma raison se verra converti, 8.

Comme au parti plus fort, plus juste et plus utile. 9.

Mes sens veulent ployer sous ce pesant fardeau 10.

Des ardeurs que me donne un éloigné flambeau, 11.

Au rebours la raison me renforce au martyre. 12.

Faisons comme dans Rome, à ce peuple mutin 13.

De mes sens inconstants arrachons-les enfin, 14.

Et que notre raison y plante son Empire. Jean de SPONDE (1557-1595) : poète baroque. Élevé dans un milieu protestant et austère, brillant élève, il reçoit de la mère de Henri IV, une bourse d'étude.

Il se tourne vers la littérature profane : il traduit Homère en latin et compose des poésies érotiques.

En 1582, il lit les psaumes et en est profondément marqué.

Sa vie prend une orientation religieuse et il rédige ses œuvres majeures : Méditations sur les psaumes et Essai de quelques poèmes chrétiens. *** Petit point culturel : Le baroque : Vient du portugais barroco (= « perle de forme irrégulière ») et a pour origine le terme latin verruca (= « verrue ; défaut ; tâche »). Dans son Dictionnaire universel (1690), Furetière définit ainsi « Baroque » : « terme de joaillier, qui ne se dit que des perles qui ne sont pas parfaitement rondes ». Le baroque a ensuite pris un sens littéraire, culturel, esthétique… fin XVIe, début XVIIe siècle. Principaux thèmes de la littérature baroque : - Les masques et l'apparence ; - La mort > fragilité de l'instant et de la vie ; - Instabilité, inconstance et mobilité… Écriture qui privilégie les hyperboles, les oppositions, les paradoxes et qui insiste sur les illusions (le théâtre dans le théâtre, etc.), les songes… Images de l'inconstance => aspects baroques du poème. **** « Je sens dedans mon âme une guerre civile ». - Sonnet > forme fixe composée de quatorze alexandrins, organisés en deux quatrains à rimes identiques embrassées (ABBA ABBA) + de deux tercets. - Rimes du type CCD, EED dans les tercets > sonnet italien ou marotique. - Alternance respectée entre les rimes féminines (qui se terminent par –e, -es, -ent) et les rimes masculines. I- Tensions A- Une guerre intérieure. »

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