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Henry James

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En 1793, William James, un Irlandais du Nord de souche protestante, émigrait aux États-Unis. Y faisant commerce de tabac, sel et terrains, il fit fortune au point qu'à sa mort sa famille, dont l'avoir se montait à trois millions de dollars, était parmi les trois plus riches de l'État de New York. Son quatrième fils, Henry James, refuse de s'occuper des affaires paternelles et se mit à étudier la théologie et la philosophie. S'accommodant mal du matérialisme américain, il voyagea beaucoup en Europe, où il se lia d'amitié avec quantité d'écrivains et de penseurs distingués, sans toutefois y trouver exactement ce qu'il cherchait. Il était un disciple de Fourier et de Swedenborg et, dans une certaine mesure, d'Emerson. S'étant marié, il eut quatre fils et une fille. Son fils aîné, William James, devait devenir le remarquable philosophe de ce nom ; le deuxième est Henry James, l'écrivain. Ces antécédents sont d'importance. Dès son enfance, Henry James a vu dans les États-Unis un pays matériellement prospère et moralement stérile ; d'autre part, le peu de bien hérité de son grand-père lui permit d'échapper à une vie entièrement consacrée ­ comme celle de Flaubert, par exemple ­ au métier d'écrivain. On pourrait dire que son oeuvre tout entière lui a été inspirée par le conflit entre valeurs spirituelles et valeurs matérielles et les inévitables compromis entre les unes et les autres.

« Henry James En 1793, William James, un Irlandais du Nord de souche protestante, émigrait aux États-Unis.

Y faisant commerce de tabac, sel et terrains, il fit fortune au point qu'à sa mort sa famille, dont l'avoir se montait à trois millions de dollars, était parmi les trois plus riches de l'État de New York. Son quatrième fils, Henry James, refuse de s'occuper des affaires paternelles et se mit à étudier la théologie et la philosophie.

S'accommodant mal du matérialisme américain, il voyagea beaucoup en Europe, où il se lia d'amitié avec quantité d'écrivains et de penseurs distingués, sans toutefois y trouver exactement ce qu'il cherchait.

Il était un disciple de Fourier et de Swedenborg et, dans une certaine mesure, d'Emerson. S'étant marié, il eut quatre fils et une fille.

Son fils aîné, William James, devait devenir le remarquable philosophe de ce nom ; le deuxième est Henry James, l'écrivain. Ces antécédents sont d'importance.

Dès son enfance, Henry James a vu dans les États-Unis un pays matériellement prospère et moralement stérile ; d'autre part, le peu de bien hérité de son grand-père lui permit d'échapper à une vie entièrement consacrée comme celle de Flaubert, par exemple au métier d'écrivain.

On pourrait dire que son oeuvre tout entière lui a été inspirée par le conflit entre valeurs spirituelles et valeurs matérielles et les inévitables compromis entre les unes et les autres. Son premier souvenir est celui de la Place Vendôme, qu'il vit à l'âge de deux ans.

C'est à partir de l'âge de douze ans qu'il devait réellement connaître l'Europe : sa famille y passa alors quatre ans, au cours desquels il fréquenta des écoles d'Angleterre, de France, d'Allemagne et de Suisse.

Après un séjour d'un an en Amérique, il revint en compagnie des siens et continua ses études à Genève et à Bonn.

En 1860, au cours des mois cruciaux, où la question de l'esclavage des nègres déclencha la guerre civile, les James rentrèrent chez eux.

A son retour, James abandonna l'étude de la peinture et entreprit de traduire La Vénus d'Ille de Mérimée et Lorenzaccio de Musset. Lorsque la guerre éclata, il se fit on ne sait trop quelle blessure en participant au sauvetage d'une maison incendiée. Sa santé en souffrit quelque temps, pendant lequel ses deux frères cadets s'engagèrent comme volontaires dans l'armée nordiste.

Certains critiques américains ont dit que la blessure en question n'était qu'un prétexte inventé par James de toutes pièces pour échapper au service militaire.

D'autres ont prétendu qu'elle l'avait rendu impotent.

La première de ces affirmations est douteuse, la deuxième fausse.

Par la suite, William James alla étudier la médecine à Harvard et Henry l'y suivit pour faire des études de droit, qu'il abandonna au bout d'un an. Avant la fin de la guerre civile, déjà, James commença à se faire la main en écrivant quelques récits.

Il resta en Amérique jusqu'en 1869.

Dans ses premiers essais, la fâcheuse influence de Nathaniel Hawthorne est évidente, ce dont lui-même se rendait probablement compte, puisqu'il fit encore deux voyages en Europe au cours desquels il étudia le théâtre français à la Comédie-Française et fréquenta Tourgueniev, Flaubert, Renan, Zola et Daudet ; apprenant l'art d'écrire avec une passion sincère. Son retour en Amérique en 1876, alors qu'il avait trente-trois ans, lui sembla un exil.

Il la quitta donc pour toujours et, après un séjour d'un an en France, s'installa définitivement en Angleterre : abstraction faite de fréquentes excursions en France et en Italie, un voyage en Amérique, à la mort de ses parents, et un deuxième de longue durée, ans plus tard ; il ne devait plus la quitter.

Il y vécut d'abord dans des chambres d'étudiant ; puis il loua, avec sa soeur infirme Alice, tout un étage ; enfin il découvrit, en 1896, une belle vieille maison (Lamb House), dans la petite ville maritime de Rye : elle avait cette dignité propre au monde ancien et cette perfection qu'il estimait pardessus tout.

Il en fit sa demeure. L'oeuvre de Henry James, et notamment son style de prosateur, a subi, le long de toute une vie consacrée à la littérature conçue comme un art, de nombreux changements, et l'on peut, de ce fait, la diviser en plusieurs périodes.

Indiquons tout d'abord le domaine où cette oeuvre se meut, son étendue et ses limites. Dans tous ses écrits, James est, au premier chef, préoccupé par les situations dramatiques.

Plus d'un écrivain conçoit d'abord un héros et une héroïne et laisse les épisodes de l'intrigue prendre corps autour d'eux, ces incidents n'étant appelés qu'à mettre en lumière les caractères.

Ainsi, dans Le Rouge et le Noir, les événements révèlent le caractère de Julien Sorel.

Chez James, la première place revient au contraire à la situation, et les personnages sont façonnés de manière à permettre son plein développement.

Par bonheur, nous sommes à même de suivre cette évolution de l'écrivain dès son début, du fait que James nous a laissé des cahiers de notes où il consignait des idées de contes et des anecdotes qui, plus d'une fois, nous indiquent les germes de ses romans et nouvelles.

Par exemple, la fille de Mrs Stewart, une femme de la haute société, lui a raconté l'aventure d'une femme de chambre amie intime et dévouée de sa mère.

Lorsque, au bout de longues années, celle-ci vient à mourir, la servante dit à la fille de la morte : " Vous avez perdu votre mère, mais que signifie votre perte à côté de la mienne ? Vous continuerez à vivre parmi le beau monde, à fréquenter des gens intelligents et cultivés.

Moi, je retombe dans ma classe : je n'aurai plus jamais semblable compagnie ni n'entendrai plus pareils propos.

Des personnages vulgaires, le commun peuple : voilà mon sort, à l'avenir.

" C'est de quoi James, changeant le sexe des héros, a fait la charmante histoire de Brooksmith, le domestique qui. »

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