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Giono, QUE MA JOIE DEMEURE

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Giono, QUE MA JOIE DEMEURE En arrivant à sa ferme, Jacquou eut soif. Il avait semé tout le jour. Sa bouche avait le goût de la balle de blé. Le goût du vin « J'ai vu, dit-il, là-bas air fond, du côté de la Jourdane, deux petites choses grosses comme des mouches. Ça devait être Jourdan et Bobi. » Il s'en alla jusqu'à sa cave. C'était un silo étroit creusé dans lui tertre, à vingt pas derrière la ferme. C'était bouché par une porte de pierre. Dedans, ça faisait la chambre. Il entra. C'était frais et ça sentait la racine. Il mâchait dans sa bouche le goût de terre et de blé. Dans l'ombre, il savait où se trouvait le puise-bois. C'était une grosse écuelle creusée dans un billot de bouleau. Il la mit sous la chantepleure et il la remplit. Il but à même. Le goût de blé, et de terre descendit dans son ventre. Dans sa bouche, il eut le goût du vin. C'était son vin. C'était du vin neuf fait d'un mois avec les raisins de vingt rayons de pauvre vigne. C'était un peu vert, mais c'était fait. Plus de douceur. Toute la douceur du raisin était changée d'âpreté sur la langue et dans cette chaleur qui lui flambait soudain aux boyaux. « La vie est belle », dit-il.

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