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Éphraïm MIKHAËL (1866-1890) - Dimanches parisiens

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Éphraïm MIKHAËL (1866-1890) - Dimanches parisiens Sous le ciel gris lavé d'opale Et qu'un soleil aux rayons lents Poudre d'or vaporeux et pâle, Elles vont it pas nonchalants ; Roses de froid sous les voilettes Elles passent, laissant dans l'air Une senteur de violettes Mourantes, et de blonde chair. * ** Elles ne vont ni vers l'église Où, sur les mystiques autels, L'encens qui monte symbolise L'élan des esprits immortels ; Ni vers les discrètes alcôves Où le mousseux déroulement Des rideaux jusqu'aux tapis fauves Ruisselle langoureusement. Sur les promenades banales Elles vont montrer leurs velours Et les richesses hivernales Des manteaux orgueilleux et lourds. Elles passent, frêles poupées Aux yeux cruellement sereins, Adorablement occupées A bien cambrer leurs souples reins, A faire entrevoir leur chair d'ambre Et leurs cheveux d'or blond ou roux, Et, sur le verglas de Décembre, Leur robe a de royaux froufrous. Mais le long dimanche, plus triste Que les plus monotones nuits, Dans leurs yeux de froide améthyste A mis la fièvre des ennuis. * ** Ô Promeneuses des jours blêmes D'hiver et des dimanches longs, Nous, les chiffonneurs de poèmes, Mignonnes, nous vous ressemblons, Et, sans Amour et sans Prières, Nous allons montrer, indolents, Notre manteau de Rimes fières Qui fait des froufrous insolents. Mais un Ennui vague ensommeille Notre marche lente à travers Une vie égale, et pareille Aux dimanches gris des hivers.

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