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Bernanos donnait, à la question: Quel personnage de roman ou de théâtre vous est le plus sympathique ? La réponse suivante: Don Quichotte. Vous-même, en réfléchissant à ce que représente la notion de sympathie vis-à-vis des héros de fiction et en faisant appel à vos souvenir de lectures ou d'études, quel personnages de roman ou de fiction pourrez-vous citer ?

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» - Mais cette mère aimante doit défendre son bien âprement, brutalement, pour faire face à des adversaires âpres, brutaux. Gomment trouver l'équilibre entre ces deux instincts ? - Elle n'y parviendra pas et causera en fait la mort de son fils : Eilif, devenu un héros, sera fusillé pour avoir renouvelé un acte de bravoure, pendant une trêve. Mais surtout, Petitsuisse sera fusillé par l'ennemi qui veut s'emparer de la caisse et exige une rançon. Sa mère marchandera la somme demandée et décidera de payer, mais trop tard. « Vous l'avez réussi, votre marchandage, lui dira Yvette, vous gardez la roulotte ; lui, il a onze balles dans la peau. » Enfin, il y a cette scène de la mort de Catherine : alors que les troupes impériales assiègent la ville de Halle, Mère Courage est dans les murs en quête de marchandises. Sa fille monte sur la carriole, bat du tambour pour avertir les sentinelles et meurt en sauvant la ville et les enfants qui auraient été victimes du carnage. Et c'est à des paysans que Mère Courage laisse le soin d'enterrer sa fille! « Il est temps de retourner à mes affaires, dit-elle. J'espère que j'arriverai à tirer la carriole toute seule.

« Introduction Don Quichotte étant devenu par la grâce de Massenet et de... Jacques Brel, personnage de théâtre autant que de roman, c'est à la scène que nous emprunterons notre héros le plus sympathique, ce qui ne veut pas dire le plus beau ou le plus vertueux mais celui que nous aurions voulu connaître et avec qui il nous aurait plu de vivre... au moins un moment. Développement (Schématique) Nous choisirons, dans l'œuvre de Brecht, Mère Courage, ainsi appelée « parce qu'elle a peur de perdre son bien et qu'elle a traversé le feu des canons de Riga avec cinquante miches de pain dans sa roulotte ». I. — La vivandière, personnage haut en couleur. Pendant la guerre de Trente Ans, elle va tirant sa carriole, d'un lieu où l'on ne se bat plus à un lieu où l'on va se battre, prodiguant son langage qui n'a peur de rien, bravant la guerre, son gagne-pain, et redoutant la paix, sa ruine ; canaille, rusée, orgueilleuse et facile, souriant à tous à condition qu'ils payent leur écot. II. — La mère, personnage double. — Elle incarne tous les dons maternels ; la tendresse bourrue et la franchise. « Petitsuisse, dit-elle à l'un de ses fils, ta conscience me fait peur. Tu sais bien que si je t'ai appris à être honnête, c'est parce que tu n'étais pas très malin. Mais enfin, il y a une limite à tout. » Elle refuse d'épouser le cuisinier pour ne pas abandonner sa fille muette, mais elle prétend que sa fille n'y est pour rien : « Ce n'est pas à cause de toi que je le laisse partir seul. C'est à cause de la roulotte. » — Mais cette mère aimante doit défendre son bien âprement, brutalement, pour faire face à des adversaires âpres, brutaux. Gomment trouver l'équilibre entre ces deux instincts ? — Elle n'y parviendra pas et causera en fait la mort de son fils : Eilif, devenu un héros, sera fusillé pour avoir renouvelé un acte de bravoure, pendant une trêve. Mais surtout, Petitsuisse sera fusillé par l'ennemi qui veut s'emparer de la caisse et exige une rançon. Sa mère marchandera la somme demandée et décidera de payer, mais trop tard. « Vous l'avez réussi, votre marchandage, lui dira Yvette, vous gardez la roulotte ; lui, il a onze balles dans la peau. » Enfin, il y a cette scène de la mort de Catherine : alors que les troupes impériales assiègent la ville de Halle, Mère Courage est dans les murs en quête de marchandises. Sa fille monte sur la carriole, bat du tambour pour avertir les sentinelles et meurt en sauvant la ville et les enfants qui auraient été victimes du carnage. Et c'est à des paysans que Mère Courage laisse le soin d'enterrer sa fille! « Il est temps de retourner à mes affaires, dit-elle. J'espère que j'arriverai à tirer la carriole toute seule. » III. — Le symbole. — Victime du destin, de la volonté des puissants et des riches. — « Bréviaire des revendications humaines », mais dans le ton de la sagesse populaire. « Les pauvres gens ont bien besoin de courage, sans quoi ils sont perdus. Il leur en faut, rien que pour se lever le matin. Labourer un champ en pleine guerre, mettre au monde des enfants quand l'avenir est sans espoir, cela suppose un rude courage... » — Opposant la forme dramatique à la forme épique du théâtre, Brecht met en opposition la scène qui provoque les sentiments du spectateur et celle qui lui arrache des jugements : nous jugeons sans doute Mère Courage, mais elle nous émeut aussi ou plutôt nous intrigue, nous attire. Ici, l'être humain est supposé connu ; là, il est l'objet de recherche et c'est pourquoi le personnage de Brecht n'est pas universel et immuable, mais changeant et changeable. Au monde tel qu'il est, le drame brechtien oppose le monde tel qu'il devient ; à l'homme statique, l'homme en devenir ; à ses instincts, ses motifs ; à la pensée qui conditionne l'être social, l'être social qui conditionne la pensée. Et c'est de cette éthique que Mère Courage est aussi le symbole. Conclusion Une héroïne complexe qui émeut et déçoit, qui attire et repousse, que l'on plaint et que l'on déteste, qui va droit son chemin, parce qu'elle a cette phrase cruelle : « Partout où on trouve de grandes vertus, on peut être sûr qu'il y a quelque chose qui va de travers. » »

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