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Balzac, Le père Goriot

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Balzac, Le père Goriot Eugène, qui se trouvait pour la première fois chez le père Goriot, ne fut pas maître d'un mouvement de stupéfaction en voyant le bouge où vivait le père, après avoir admiré la toilette de la fille. La fenêtre était sans rideaux ; le papier de tenture collé sur les murailles s'en détachait en plusieurs endroits par l'effet de l'humidité, et se recroquevillait en laissant apercevoir le plâtre jauni par la fumée. Le bonhomme gisait sur un mauvais lit, n'avait qu'une maigre couverture et un couvre-pied ouaté fait des bons morceaux des vieilles robes de madame Vauquer. Le carreau était humide et plein de poussière. En face de la croisée se voyait une de ces vieilles commodes en bois de rose à ventre renflé, qui ont des mains en cuivre tordu en façon de sarments décorés de feuilles ou de fleurs ; un vieux meuble à tablette de bois sur lequel était un pot à eau dans sa cuvette et tous les ustensiles nécessaires pour se faire la barbe. Dans un coin, les souliers ; à la tête du lit, une table de nuit sans porte ni marbre ; au coin de la cheminée, où il n'y avait pas trace de feu, se trouvait la table carrée, en bois de noyer, dont la barre avait servi au père Goriot à dénaturer son écuelle en vermeil. Un méchant secrétaire sur lequel était le chapeau du bonhomme, un fauteuil foncé de paille et deux chaises complétaient ce mobilier misérable. La flèche du lit, attachée au plancher par une loque, soutenait une mauvaise bande d'étoffes à carreaux rouges et blancs. Le plus pauvre commissionnaire était certes moins mal meublé dans son grenier, que ne l'était le père Goriot chez madame Vauquer. L'aspect de cette chambre donnait froid et serrait le coeur, elle ressemblait au plus triste logement d'une prison. Heureusement Goriot ne vit pas l'expression qui se peignit sur la physionomie d'Eugène quand celui-ci posa sa chandelle sur la table de nuit. Le bonhomme se tourna de son côté en restant couvert jusqu'au menton.

« Balzac, Le Père Goriot, la chambre de Goriot. Eugène, qui se trouvait pour la première fois chez le père Goriot, ne fut pas maître d'un mouvement de stupéfaction en voyant le bouge où vivait le père, après avoir admiré la toilette de la fille.

La fenêtre était sans rideaux; le papier de tenture collé sur les murailles s'en détachait en plusieurs endroits par l'effet de l'humidité, et se recroquevillait en laissant apercevoir le plâtre jauni par la fumée.

Le bonhomme gisait sur un mauvais lit, n'avait qu'une maigre couverture et un couvre-pied ouaté fait avec les bons morceaux des vieilles robes de madame Vauquer.

Le carreau était humide et plein de poussière.

En face de la croisée se voyait une de ces vieilles commodes en bois de rose à ventre renflé, qui ont des mains en cuivre tordu en façon de sarments décorés de feuilles ou de fleurs; un vieux meuble à tablette de bois sur lequel était un pot à eau dans sa cuvette et tous les ustensiles nécessaires pour se faire la barbe.

Dans un coin, les souliers; à la tête du lit, une table de nuit sans porte ni marbre; au coin de la cheminée, où il n'y avait pas trace de feu, se trouvait la table carrée, en bois de noyer, dont la barre avait servi au père Goriot à dénaturer son écuelle en vermeil.

Un méchant secrétaire sur lequel était le chapeau du bonhomme, un fauteuil foncé de paille et deux chaises complétaient ce mobilier misérable.

La flèche du lit, attachée au plancher par une loque, soutenait une mauvaise bande d'étoffes à carreaux rouges et blancs.

Le plus pauvre commissionnaire était certes moins mal meublé dans son grenier, que ne l'était le père Goriot chez madame Vauquer.

L'aspect de cette chambre donnait froid et serrait le coeur, elle ressemblait au plus triste logement d'une prison.

Heureusement Goriot ne vit pas l'expression qui se peignit sur la physionomie d'Eugène quand celui-ci posa sa chandelle sur la table de nuit.

Le bonhomme se tourna de son côté en restant couvert jusqu'au menton. ***** Balzac : grand romancier du XIXe siècle, romancier réaliste.

Auteur d’un immense projet, la Comédie humaine, cycle cohérent de plusieurs dizaines de romans, nouvelles, contes philosophiques, à travers laquelle il voulait décrire de façon quasi-exhaustive la société française de son temps et faire concurrence « concurrence à l'état-civil ». Le Père Goriot : roman célèbre de 1834 où l’on rencontre des personnages que l’on retrouvera dans d’autres romans, et notamment le jeune Eugène de Rastignac. Roman qui comporte 3 intrigues : - Le parcours aventureux de Rastignac, jeune ambitieux à Paris, - Le triste destin d’un père de famille, Goriot, qui s’est ruiné pour ses filles, - Les intrigues du mystérieux Vautrin. Extrait : le jeune Rastignac découvre la chambre de son voisin… I- La chambre vue par Eugène A- Le choc de Rastignac • Tout est vu par le regard d’Eugène.

Focalisation interne. • Le jeune homme est surtout retourné par la différence entre le luxe dans lequel vit la fille du père Goriot et la pauvreté de ce dernier. Ex : « ne fut pas maître d'un mouvement de stupéfaction en voyant le bouge où vivait le père, après avoir admiré la toilette de la fille » : - Sa surprise s’exprime par un réflexe.

N’est « pas maître » de se réaction. - Cf.

l’opposition entre « le bouge » > terme très explicite évoquant la pauvreté du lieu vs.

« la toilette » qui exprime le raffinement… • Montrez que Rastignac est profondément marqué par cette vision. Ex : « l'expression qui se peignit sur la physionomie d'Eugène ». B- Une triste atmosphère • Montrez que la pièce dégage une impression de tristesse et de froideur. Ex : « elle ressemblait au plus triste logement d'une prison ». • Atmosphère peu agréable qui règne. Cf.

« l'effet de l'humidité » ; « Le carreau était humide et plein de poussière » > humidité et saleté. Cf.

« où il n'y avait pas trace de feu » > cela sous-entend qu’il fait donc froid.

Ce qui est renforcé par « L'aspect de cette chambre donnait froid ».. »

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