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Au théâtre, si l'on veut créer l'illusion (du réel), pensez-vous d'une part que la mise en abyme suffise, d'autre part que le rapport frontal scène-public soit efficace ?

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Le public doit avoir la sensation qu'il pourrait sans opération très savante faire ce que les acteurs font.    II)                 ...Mais apparaissent souvent comme des moyens inefficaces voire contre-productifs...   - La mise en abyme au théâtre dénonce plus souvent l'illusion scénique qu'elle ne la crée. Lorsqu'elle est mise en abyme de l'énonciation théâtrale, elle agit comme un révélateur pour le public, en lui montrant que tout ce qu'il voit sur scène n'est qu'illusion, n'est que toc et faux de théâtre. C'est pourquoi souvent, la mise en abyme est utilisé pour empêcher les spectateurs de basculer dans l'illusion scénique en leur rappelant qu'il ne sont que spectateurs ( et non voyeurs épiant une scène réelle volée) et que ce qu'ils voient est faux, que les personnages ne sont que des comédiens et non des personnes réelles. Le spectateur est donc pris au piège de sa propre illusion : il est pris la main dans le sac. Ex : La pièce Haute Surveillance de Genet, joue de cette mise en abyme de l'énonciation théâtrale à la faveur de certaines répliques montrant que les personnages ne font que jouer, qu'ils ne sont pas de véritables détenus, amis des comédiens en représentation. Cf. un passage où Yeux Verts lance une réplique assez mystérieuse témoignant de l'ambiguïté de son identité : « Je suis un beau couple hein ? ça te trouble ? ».

« Analyse du sujet et problématisation : Ce sujet prote sur la question de l'illusion scénique au théâtre ce que suggère l'expression « illusion du réel ».

Il s'agit de représenter sur scène une image fidèle de la réalité afin que le spectateur y croit, qu'il ait l'illusion d'avoir sous les yeux une scène réelle.

Il y a deux niveau dans l'illusion théâtrale : celle que crée l'acteur, qui nous fait croire à l'existence de son personnage, même s'il joue sans décor ni costume. celle que créent les décors qui reconstituent les lieux dans la réalité de leur apparence. La mise en abyme désigne ici le procédé du théâtre dans le théâtre, c'est-à-dire la représentation au sein même d'une pièce de théâtre d'une autre pièce.

C'est le fait qu'un comédien joue le rôle d'un comédien qui joue un rôle. L'idée d'un « rapport frontal scène-public » évoque ici le peu de distance qu'il y a au théâtre entre le texte joué, représenté sur la scène, et le public.

Il s'agit d'un rapport frontal, immédiat, n'impliquant pas le détour de l'imagination (contrairement au rapport public/ livre) et imposant une vision réelle, avec des personnages représentés en chair et en os, au public. Le sujet invite donc à mesurer l'efficacité de ces deux « techniques » servant à créer l'illusion scénique. Problématique : Comment peut-on créer l'illusion théâtrale? Une illusion de réel totale est-elle finalement possible au théâtre ? I) La mise en abyme et le rapport frontal scène-public font partie des moyens de l'illusion scénique… - La mise en abyme présentant sur scène une situation identique à celle qui se passe au même moment dans le lieu théâtral ( à savoir, des spectateurs assistant à un spectacle) est un moyen de présenter le théâtre comme un reflet de la réalité.

La mise en abyme est un procédé provoquant un effet de miroir, une mimesis : le spectateur peut donc, grâce à elle tomber dans l'illusion scénique en pensant que les personnages sur scène figurent un loisir réel et courant dans la vie quotidienne, celui de se rendre au théâtre.

La mise en abyme a pour effet de rendre son cadre plus vraisemblable et de présenter le théâtre comme un reflet du monde. Ex : · Le célèbre exemple de la scène 2 de l'acte III d'Hamlet de Shakespeare.

Une troupe de comédiens est sur le point de jouer une pièce dans laquelle un duc assassine le roi, ce qui rappelle étrangement le meurtre "réel" du père d'Hamlet, lui-même roi, et assassiné par son frère Claudius. Cette mise en abyme montre bien le lien et l'effet de miroir et de mimesis entre des évènements réels et des évènements représentés sur uns scène. · L'illusion comique de Corneille, pièce fondée entièrement sur une mise en abyme et illustrant le précepte baroque du « théatrum mundi ». - Le rapport immédiat entre le public et ce qui est représenté sur la scène participe aussi de la création de l'illusion théâtrale.

Contrairement au processus de réception d'une pièce de théâtre comme livre, le public ne se représente pas, par le biais de son imagination, la scène, lors d'une représentation théâtrale.

Le metteur en scène a déjà fait ce travail de l'imagination et a transposé matériellement et réellement (les comédiens sont de vraies personnes, les accessoires utilisés sont aussi tirés du réel) les mots du texte théâtral. Ex : La conception participative du public au théâtre selon Artaud dans Le Théâtre et son double , visant à réduire l'espace entre scène et salle et à accentuer le rapport frontal entre public et représentation.

Cf.

citation extraite d'un article paru dans la revue "Comedia" du 19 avril 1924 : Il faudrait changer la conformation de la salle et que la scène fût déplaçable suivant les besoins de l'action.

Il faudrait également que le côté strictement spectacle du spectacle fût supprimé.

On viendrait là non plus tellement pour voir, mais pour participer.

Le public doit avoir la sensation qu'il pourrait sans opération très savante faire ce que les acteurs font. II) …Mais apparaissent souvent comme des moyens inefficaces voire contreproductifs… - La mise en abyme au théâtre dénonce plus souvent l'illusion scénique qu'elle ne la crée.

Lorsqu'elle est mise en abyme de l'énonciation théâtrale, elle agit comme un révélateur pour le public, en lui montrant que tout ce qu'il voit sur scène n'est qu'illusion, n'est que toc et faux de théâtre.

C'est pourquoi souvent, la mise en abyme est utilisé pour empêcher les spectateurs de basculer dans l'illusion scénique en leur rappelant qu'il ne sont que spectateurs ( et non voyeurs épiant une scène réelle volée) et que ce qu'ils voient est faux, que les personnages ne sont que des comédiens et non des personnes réelles.

Le spectateur est donc pris au piège de sa propre illusion : il est pris la main dans le sac. Ex : La pièce Haute Surveillance de Genet, joue de cette mise en abyme de l'énonciation théâtrale à la faveur de certaines répliques montrant que les personnages ne font que jouer, qu'ils ne sont pas de véritables. »

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