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Appréciez ce mot de M. de Malézieu à La Bruyère dont il venait de lire "Les Caractères": "Voilà de quoi vous attirer beaucoup de lecteurs et beaucoup d'ennemis".

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La malignité publique y trouva son compte. On crut voir partout les originaux. On les désigna du doigt : Fontenelle (Cydias), M. de Harlay (votre fils est bègue), le maréchal de Villeroy (Ménippe), le comte d'Aubigné (Théodecte), l'abbé de Choisy (Théodote), le marquis de Daneau (Pamphile), M. de Brancas (Ménalque), Fléchier (Théodule), Santeul (Diphile et Théodas), Benserade (Théobalde). II. Beaucoup d'ennemis. Beaucoup, en effet, se sentaient atteints. 1. Dans leur personne.

« La Bruyère hésita beaucoup à publier son ouvrage et quand il s'y décida, en 1688, il le fit paraître, sans nom d'auteur, sous le couvert de Théophraste : Les Caractères de Théophraste, traduits du grec, avec les caractères ou les moeurs de ce siècle.

Était-ce timidité ? C'est plutôt qu'il avait conscience de sa hardiesse.

Il savait qu' « il s'engageait dans une navigation périlleuse, comme dit Morillot, et il était bien aise de faire flotter à son mât le pavillon grec comme sauvegarde...

M.

de Malézieu lui avait dit.... I.

Beaucoup de lecteurs. 1.

Un ouvrage sur les moeurs a toujours des chances d'être bien accueilli en France.

Vrai surtout au XVIIe siècle, amoureux de psychologie.

Sans être puissant ni original, le livre est plein de remarques fines et ingénieuses.

Le style était vraiment nouveau.

On admira d'abord, comme dit le protestant Basnage dans une gazette de Hollande, « la vivacité de l'expression », la force de l'observation morale, la noble intrépidité, la liberté vigoureuse de pensée.... 2.

Il y eut aussi un petit succès de scandale ou au moins de curiosité.

C'était le tableau de toutes les classes de la société, décrites sans complaisance par quelqu'un qui savait voir.

Les plaies étaient bien mises à jour : les P.

T.

S., les abbés de cour, les libertins, les hypocrites, les courtisans, les grands.

La satire plaît toujours à ceux qu'elle venge ou qu'elle console.

Bientôt les clefs circulèrent.

La malignité publique y trouva son compte.

On crut voir partout les originaux.

On les désigna du doigt : Fontenelle (Cydias), M.

de Harlay (votre fils est bègue), le maréchal de Villeroy (Ménippe), le comte d'Aubigné (Théodecte), l'abbé de Choisy (Théodote), le marquis de Daneau (Pamphile), M.

de Brancas (Ménalque), Fléchier (Théodule), Santeul (Diphile et Théodas), Benserade (Théobalde). II.

Beaucoup d'ennemis. Beaucoup, en effet, se sentaient atteints. 1.

Dans leur personne.

Ceux qui se reconnaissaient ou qu'on reconnaissait. 2.

Dans leur caste.

Les grands, les courtisans ne pouvaient pardonner à La Bruyère la hardiesse de sa satire.

Et nul n'était épargné, les bourgeois, les financiers, les gens d'église.

Qu'était-ce que cet homme de rien qui se faisait le censeur de plus grands ou plus riches que lui, qui ne veut voir de bien nulle part, et qui déchire tous les masques.

La Bruyère pouvait passer pour un révolutionnaire ou du moins un esprit subversifs Et la satire était d'autant plus cinglante qu'elle n'était pas générale, mais concrète et précise.

Impossible de s'y tromper. Et c'est parce qu'il avait beaucoup d'ennemis qu'il eut tant de mal à entrer à l'Académie.

Il avait contre lui les Modernes et surtout Fontenelle, Le Mercure Galant....

Il ne fut reçu qu'après deux ans de candidature et son discours en 1693 donna encore lieu à des incidents.. »

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