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Abraham de VERMEIL (1555-1620) (Recueil : Poésies) - Je m'embarque joyeux, et ma voile pompeuse

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Abraham de VERMEIL (1555-1620) (Recueil : Poésies) - Je m'embarque joyeux, et ma voile pompeuse Je m'embarque joyeux, et ma voile pompeuse M'ôte déjà la terre et me donne les mers, Je ne vois que le ciel uni aux sillons pers : C'est le premier état de mon âme amoureuse. Puis je vois s'élever une vapeur confuse, Ombrageant tout le ciel qui se fend en éclairs, Le tonnerre grondant s'anime par les airs C'est le second état dont elle est langoureuse. Le troisième est le flot hideusement frisé, Le mât rompu des vents et le timon brisé, Le navire enfondrant, la perte de courage. Le quatrième est la mort entre les flots salés, Abattus, rebattus, vomis et avalés ; Bref mon amour n'est rien qu'un horrible naufrage.

« Abraham de Vermeil Je m’embarque joyeux et ma voile pompeuse M’ôte déjà la terre et me donne les mers, Je ne vois que le Ciel uni aux sillons pers ; C’est le premier état de mon âme amoureuse. Puis je vois s’élever une vapeur confuse, Ombrageant tout le Ciel qui se fend en éclairs ; Le tonnerre grondant s’anime par les airs, C’est le second état dont elle est langoureuse. Le troisième est le flot hideusement frisé, Le mât rompu des vents et le timon brisé, Le navire enfondrant la perte de courage. Le quatrième est la mort entre les flots salés Abattus, rebattus, vomis et avalés ; Bref mon Amour n’est rien qu’un horrible naufrage. Dans ce sonnet parfaitement régulier, le poète Abraham de Verneuil s’empare de deux topoi récurrents dans la poésie du XVIe siècle : le topos de la narration d’un amour malheureux et celui d’une comparaison avec la mer, symbole baroque de l’impermanence du monde et des êtres.

En dépit du caractère traditionnel du sujet adopté par le poète, nous pouvons admirer une appropriation du thème et de la forme par l’auteur, de sorte que nous n’avons nullement a faire a une énième variation sur le sujet du poète qui se meurt d’amour (dans la tradition Pétrarquiste) mais bien a une création originale.

Ainsi le sonnet de Verneuil peut nous frapper a de multiples égards par la dualité qui le caractérise : il s’agit d’une œuvre qui traite un sujet traditionnel en respectant scrupuleusement la forme poétique du sonnet, mais qui se manifeste par un usage extrêmement audacieux d'images.

De même, il s’agit d’une forme poétique courte, mais qui parvient non seulement à condenser toute l’histoire d’une relation amoureuse, mais aussi a en retracer les différentes étapes.

Enfin, il s’agit d’un poème qui s’empare d’un theme déjà traite par plusieurs poètes fameux du seizième siècle, mais qui se caractérise par son extrême originalité en dépit de toutes les similitudes avec les œuvres d’auteurs tels que Agrippa d’Aubigné ou du Bellay. Etudiant « Je m’embarque joyeux et ma voile pompeuse … » d’Abraham de Verneuil, nous nous demanderons donc dans quelle mesure la dualité (rigueur formelle/déferlement des images ; poésie/récit ; tradition/originalité) est un principe structurant de ce sonnet. I. Un sonnet régulier et audacieux a la fois a.

Parfaite régularité de la forme… L’analyse de la forme du sonnet d’Abraham de Verneuil peut nous frapper sur un point en particulier : il existe une parfaite correspondance entre la forme et le fond du poème.

En effet, nous pouvons noter qu’aux quatre strophes du sonnet correspondent quatre développements concernant l’évolution du sentiment amoureux.

Cette stricte concordance entre la forme du poème et les éléments sémantiques qu’il développe est soulignée par l’emploi d’adjectifs cardinaux au commencement ou a la fin de chaque strophe, c'est-à-dire a une place particulièrement mise en lumière par la prosodie : « C’est le premier état » ; « C’est le second état » ; « Le troisième est… » ; « Le quatrième est… ». Par ailleurs, nous pouvons également remarquer à ce propos que le sonnet en question est parfaitement régulier, dans la mesure où il comprend conformément aux prescriptions de cette forme poétique deux quatrains et un sizain.

Les rimes maniées par Abraham de Verneuil sont des rimes riches.

Quant a la fin du sonnet, elle respecte l’idéal italien du « concetto » ou pointe finale, en se fermant sur une idée forte : celle du « Naufrage » de la relation amoureuse. b.

… Audace des images Mais nous pouvons bel et bien parler d’une dualité de ce poème dans la mesure où il exprime le sentiment amoureux au moyen d’un développement d’images pour le moins audacieuses et novatrices.

En effet, nous pouvons apprécier à ce titre le développement d’une métaphore filée, qui assimile la relation amoureuse à un voyage en mer essuyant une. »

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