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A propos des personnages du théâtre de Corneille, un cri¬tique écrit : « Ils ne seraient pas des héros s'ils ne devaient à chaque instant lutter contre eux-mêmes... Dans toutes les circonstances critiques, ils laissent percer leur sensibilité. » Vous vous attacherez à mettre en valeur cette sensibilité des héros et des héroïnes des grandes tragédies cornéliennes ?

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Faites votre devoir et laissez faire aux Dieux. C'est avec émotion qu'il salue le retour de son fils vainqueur. Et lorsqu'il s'agit de défendre devant le Roi ce fils meurtrier de sa soeur, c'est dans son coeur de père plus encore que dans son coeur de patriote qu'il trouvera les accents capables d'arracher la clémence royale. Curiace révèle devant Horace sa tristesse mortelle lorsqu'il vient d'apprendre que ses deux frères et lui sont choisis comme champions d'Albe et adversaires des trois Horace. Il souligne douloureusement le tragique d'une situation pénible entre toutes - cette inhumanité d'un combat contre un être qui demeure, en dépit des hasards de la guerre, aussi cher à son coeur. Je vous connais encore, et c'est ce qui me tue. Horace lui-même trahit son émotion sous ses airs de défi. Devant Curiace il évoque, non sans un tremblement dans la voix, le rude combat intérieur dont il faut triompher pour se décider à porter les armes, sans arrière-pensée et même avec ivresse, contre un ami et un parent naguère si cher à son coeur. Il se laisse un instant attendrir par les larmes de sa femme et de sa soeur, et ne se sent pas la force de supporter leur présence pendant le combat. III.

« Le théâtre de Corneille est d'un bout à l'autre une apologie de la volonté et c'est là le côté de son oeuvre que les critiques ont le plus coin plaisamment mis en lumière.

Mais leur volonté ne s'exerce pas sans effort : sans cesse ils se trouvent engagés dans une lutte douloureuse contre eux-mêmes.

« Dans toutes les circonstances critiques, ils laissent percer leur sensibilité.» I.

Les personnages du Cid sont sensibles Don Diègue ne dissimule pas ses inquiétudes quand il attend l'issue du duel qui oppose son fils et le Comte.

Rodrigue exhale en des plaintes touchantes le désarroi de son coeur au moment où son père vient de le mettre en face d'un devoir cruel : se battre contre le père de sa fiancée.

Quand il revoit son père après le duel, il reste plongé dans une douloureuse tristesse ; puis il fait part de ses intentions de chercher la mort pour mettre fin à ses peines ; Chimène, lors même qu'elle requiert devant le Roi contre le meurtrier de son père, laisse percer l'affection qu'elle garde comme malgré elle à Rodrigue.

Quand elle confie à Elvire son intention d'obtenir justice du meurtrier, elle lui avoue aussi qu'une fois son devoir accompli il ne lui restera plus qu'à mourir : Le poursuivre, le perdre, et mourir après lui. Lorsqu'elle croit Rodrigue tué des mains de Don Sanche elle avoue au Roi son amour.

Plus encore, Rodrigue et Chimène dans leurs tête-à-tête montrent leur sensibilité profonde : Rodrigue dit à Chimène sa décision de mourir pour elle.

Chimène trahit comme malgré elle la profondeur pudique de ses sentiments : « Va, je ne te hais point.

» II.

Les principaux personnages d'Horace sont sensibles Le vieil Horace, au moment où ses fils vont partir pour le combat, ne peut maîtriser son émotion.

Il ne peut trouver les mots qu'il faut pour leur insuffler le courage et dans son désarroi ne peut que s'en remettre à la sagesse divine : Pour vous encourager ma voix manque de termes. Moi-même en vous quittant j'ai les larmes aux yeux.

Faites votre devoir et laissez faire aux Dieux. C'est avec émotion qu'il salue le retour de son fils vainqueur.

Et lorsqu'il s'agit de défendre devant le Roi ce fils meurtrier de sa soeur, c'est dans son coeur de père plus encore que dans son coeur de patriote qu'il trouvera les accents capables d'arracher la clémence royale.

Curiace révèle devant Horace sa tristesse mortelle lorsqu'il vient d'apprendre que ses deux frères et lui sont choisis comme champions d'Albe et adversaires des trois Horace.

Il souligne douloureusement le tragique d'une situation pénible entre toutes — cette inhumanité d'un combat contre un être qui demeure, en dépit des hasards de la guerre, aussi cher à son coeur. Je vous connais encore, et c'est ce qui me tue. Horace lui-même trahit son émotion sous ses airs de défi.

Devant Curiace il évoque, non sans un tremblement dans la voix, le rude combat intérieur dont il faut triompher pour se décider à porter les armes, sans arrière-pensée et même avec ivresse, contre un ami et un parent naguère si cher à son coeur.

Il se laisse un instant attendrir par les larmes de sa femme et de sa soeur, et ne se sent pas la force de supporter leur présence pendant le combat. III.

Les principaux personnages de Polyeucte sont sensibles Polyeucte se complaît à évoquer devant son ami Néarque les charmes de sa lune de miel et la douceur du temps de ses fiançailles.

Il sourit avec attendrissement de l'inanité des inquiétudes de Pauline qui sur la foi d'un songe craint pour les jours de son mari.

Même au moment de partir pour le temple pour y briser les idoles, au moment d'encourir par là le châtiment suprême et de briser son bonheur terrestre, il glorifie encore les mérites de Pauline, si chère à son coeur amoureux.

Dans la brutalité même avec laquelle il repousse les prières de sa femme qui veut obtenir de lui une abjuration, on sent le sursaut d'une âme aimante qui se cabre pour ne pas faiblir.

Et bientôt il avoue sa tendresse. Je vous aime...

Beaucoup moins que mon Dieu, mais bien plus que moi-même. Au moment de partir au supplice il demande à Pauline de ne l'oublier jamais. Chère Pauline, adieu, conservez ma mémoire. Pauline est sensible elle aussi.

Elle a éprouvé pour Sévère un sentiment tendre et elle évoque devant Stratonice avec une douce mélancolie le souvenir du héros qu'elle croit mort pour elle.

Lorsque Sévère revient, elle soupire avec lui sur le passé qui les unissait, sur le présent qui les sépare.

Son affecion pour Polyeucte se trahit dès le début de la pièce par ce pressentiment qu'elle a des menaces éparses autour de lui par ces exigences qu'elle formule dans le menu détail de la' vie quotidienne.

Cette affection s'affirme à mesure que Polyeucte semble davantage se détacher d'elle : Je ne te parlais point de l'état déplorable Où ta mort va laisser ta femme inconsolable et ne rêve plus que de s'unir avec lui dans la mort. Conclusion Ainsi les Personnages du théâtre de Corneille, ceux du Cid, ceux d'Horace, ceux de Polyeucte se révèlent à nous comme des êtres sensibles.

C'est cette sensibilité qui nous émeut ; c'est elle qui donne du prix à chacun de leurs efforts en nous faisant prendre conscience de ce qui leur en coûte.

Par là enfin ces pièces sont vraiment dramatiques au sens propre du mot en nous faisant assister, a travers les obstacles qu'ils surmontent, à ces ascensions joyeuses, douloureuses et entraînantes que l'idéalisme cornélien fait accomplir à la nature humaine.. »

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