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H. 2 La Méditerranée médiévale espace d’échanges et de conflits à la croisée de trois civilisations

Publié le 19/01/2023

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« H.

2 La Méditerranée médiévale : espace d’échanges et de conflits à la croisée de trois civilisations. Nous avons vu qu’avec l’empire romain tout le bassin méditerranéen avait connu une certaine unité, partagé une culture latine commune.

Mais avec la chute de Rome (476) cet espace se divise et va évoluer différemment tout au long du Moyen Âge. I Trois grandes civilisations en Méditerranée . Carte p.

75 Du XIème au XVe siècle, trois grands ensembles dominent le bassin méditerranéen. 1) L’empire byzantin, riche mais en déclin. Après la chute de Rome, l’empire romain d’Orient (héritier la culture gréco-latine) subsiste avec Constantinople (Byzance) comme capitale.

L’empereur (le basileus) est à la fois chef politique et un chef religieux, il est le représentant de Dieu sur terre (un être un peu surnaturel). Document : « Devant l’empereur se trouvait un arbre de bronze recouvert d’or dont les branches étaient garnies d’oiseaux de bronze, qui imitaient les cris des vrais oiseaux.

Le trône impérial était fabriqué de telle façon qu’il paraissait d’abord très bas, puis plus haut et à un autre moment complètement en l’air.

Des lions dorés, de bois ou de bronze, semblaient le garder ; ils frappaient le sol de leur queue tandis qu’un rugissement sortait de leur bouche ouverte où ils roulaient la langue.

J’approchai de l’empereur et j’accomplis trois fois la proskynèse1.

» Liutprand de Crémone, Œuvre, traduite et éditée par Françoise Bougard, CNRS éditions, 2015. 1 Proskynèse : prosternation face contre terre. 1) Cette scène a eu lieu au Xème siècle, comment l’expliquez-vous ? 2) Qu’est-ce que cela nous apprend sur l’empereur ? Les Byzantins sont chrétiens mais en 1054, le patriarche (évêque) Constantinople se fâche avec le pape et ils s’excommunient l’un l’autre c’est le schisme.

Tout en gardant les mêmes croyances, les chrétiens d’Orient (orthodoxes) et les chrétiens d’Occident (catholiques) vont peu à peu évoluer séparément (leurs rites sont aujourd’hui très différents). À partir du XIe siècle cet empire (pourtant riche) recule face aux Normands en Italie et aux Turcs à l’est (cf.

carte p.

75).

Ils achètent l’appui de la puissante Venise (et de sa flotte) mais en 1204, ils sont trahis par les Vénitiens et Constantinople est pillée par les chevaliers d’Occident venus faire la croisade. Ce qui aggrave le schisme. 1 2) La montée en puissance de l’Occident chrétien. Après la chute de l’empire romain d’Occident, les Germains que les Romains considéraient comme des barbares fondent des royaumes qui eux-mêmes se divisent peu à peu en seigneuries.

Ce sont des territoires dominés par un seigneur qui y construit son château qui protège et impose son pouvoir aux paysans grâce à ses chevaliers. Ce système s’appelle la féodalité et repose sur des liens entre suzerains et vassaux. Le roi est normalement au sommet de cette hiérarchie.

Les seigneurs sont très souvent en guerre les uns contre les autres.

Les chevaliers sont des combattants. Cet Occident chrétien est moins raffiné et brillant que l’Orient chrétien ou le monde musulman mais il connaît à partir du XIe siècle une croissance économique et démographique (augmentation de la population). On défriche de nouvelles terres, des progrès agricoles sont réalisés (charrue, outils en fer), les villes grandissent, les foires (grands marchés) se développent. L’Eglise tient une place centrale dans cette société.

Le pape cherche à affirmer son autorité.

En 1095, il encourage les chevaliers à partir en croisade plutôt que de se battre entre eux. Quest.

1 p.

83 3) L’islam : une civilisation brillante mais divisée. 2 C’est en Arabie qu’est née cette religion au VIIème siècle, le prophète Muhammad aurait reçu de Dieu un message écrit dans le Coran.

Au nom du djihad (guerre sainte), le prophète puis les califes qui lui ont succédé ont conquis de vastes territoires et diffusé très largement l’islam (carte p.

75). C’est justement au sujet du choix d’un successeur du prophète (califes) que l’islam s’est divisé entre sunnites (majoritaires) et chiites.

L’éclatement de l’islam s’est poursuivi avec l’apparition de califats rivaux (carte p.

77) certains ne sont pas arabes comme les Seldjoukides turcs qui gagnent de l’influence. C’est au Moyen Âge une civilisation brillante avec de grands intellectuels comme Averroès et de très grandes villes parmi les plus peuplées du monde (le Caire, Cordoue Bagdad). En terre d’Islam, les païens étaient obligés de se convertir mais les chrétiens et les juifs pouvaient conserver leur religion et étaient protégés par le statut de dhimmis. Document : Le statut des chrétiens et des juifs en terre d’Islam Nous [les chrétiens] ne construirons plus ni couvents ni églises.

Nous ne réparerons point ceux de ces édifices qui tomberaient en ruine.

Nous ne manifesterons pas publiquement notre culte et ne le prêcherons pas.

Nous n’empêcherons aucun de nos parents d’embrasser l’islam, si telle est sa volonté. Nous serons pleins de respect envers les musulmans.

Nous nous lèverons de nos sièges lorsqu’ils voudront s’asseoir. Nous ne monterons point sur des selles.

Nous ne détiendrons aucune espèce d’arme et n’en porterons point sur nous.

Nous nous tondrons le devant de la tête.

Nous nous habillerons toujours de la même manière, en quelque endroit que nous soyons ; nous nous serrerons la taille avec une ceinture spéciale. Telles sont les conditions auxquelles nous avons souscrit et en échange desquelles nous recevons la sauvegarde. Anne Comnène, Alexiade, 1148. • Pourquoi peut-on ici parler de tolérance et quelles en sont les limites ? Les chrétiens et les juifs reçoivent une protection des.... »

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