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POUR LE SUJET: Comment le théâtre permet-il de persuader et d'émouvoir ?
TAPEZ LES MOTS-CLES: théâtre persuader ou théâtre émouvoir

POUR LE SUJET: Les écrivains écrivent-ils seulement pour amuser ?
TAPEZ LES MOTS-CLES: écrivains amuser
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FRANCIS PONGE, Le parti pris des choses.

FRANCIS PONGE, Le parti pris des choses. Chaque morceau de viande est une sorte d'usine, moulins et pressoirs à sang. Tubulures , hauts fourneaux, cuves y voisinent avec les mateaux-pilons, les coussins de graissse. la vapeur y jaillit, bouillante. Des feux sombres ou clairs rougeoient. des ruisseaux à ciel ouvert chairrient des scories avec le fiel. Et tout celan refroidit lentement à la nuit, à la mort. Aussitôt, sinon la rouille, du moins d'autres réactions chimiques se produisent, qui dégagent des...

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Marivaux, Le Paysan parvenu (1734 - 1735)

Marivaux, Le Paysan parvenu (1734 - 1735) Je fus de retour à la maison au moment qu'on allait se mettre à table. Malepeste, le succulent petit dîner ! Voilà ce qu'on appelle du potage, sans parler d'un petit plat de rôt d'une finesse, d'une cuisson si parfaite...Il fallait avoir l'âme bien à l'épreuve du plaisir que peuvent donner les bons morceaux, pour ne pas donner dans le péché de friandise en mangeant de ce rôt-là, et...

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Voltaire, De l'horrible danger de la lecture.

Voltaire, De l'horrible danger de la lecture. Nous Joussouf-Chéribi, par la grâce de Dieu mouphti du Saint-Empire ottoman, lumière des lumières, élu entre les élus, à tous les fidèles qui ces présentes verront, sottise et bénédiction. Comme ainsi soit que Saïd-Effendi, ci-devant ambassadeur de la Sublime-Porte vers un petit État nommé Frankrom, situé entre l'Espagne et l'Italie, a rapporté parmi nous le pernicieux usage de l'imprimerie, ayant consulté sur cette nouveauté nos vénérables frères les cadis et...

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UNE MORT INTEMPESTIVE - GUY DE MAUPASSANT, Le Vieux.

UNE MORT INTEMPESTIVE - GUY DE MAUPASSANT, Le Vieux. Maître Chicot, la bouche pleine, prononça : S'il nous véyait, l'pé, ça lui f'rait deuil. C'est li qui les aimait d'son vivant. Un gros paysan jovial déclara : Il n'en mangera pu, à c't'heure. Chacun son tour. Cette réflexion, loin d'attrister les invités, sembla les réjouir. C'était leur tour, à eux, de manger des boules. Mme Chicot, désolée de la dépense, allait sans cesse au cellier chercher du cidre. Les brocs se...

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La Fontaine, « Les Animaux malades de la Peste ».

La Fontaine, « Les Animaux malades de la Peste ». Que représentent, selon vous, les animaux de cette fable ? et quelle critique de la justice fait La Fontaine dans cette oeuvre ? Les Animaux malades de la peste Un mal qui répand la terreur, Mal que le Ciel en sa fureur Inventa pour punir les crimes de la terre, La Peste (puisqu'il faut l'appeler par son nom) Capable d'enrichir en un jour l'Achéron, Faisait aux animaux la guerre. Ils ne mouraient pas tous,...

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CAMUS - La Peste, Recits et nouvelles (La Pléiade - pp. 1426 - 1427)

Un moment après, l'auto s'arrêtait près des grilles du port. La lune s'était levée. Un ciel laiteux projetait partout des ombres pâles. Derrière eux s'étageait la ville et il en venait un souffle chaud et malade qui les poussait vers la mer. Ils montrèrent leurs papiers à un garde qui les examina assez longuement. Ils passèrent et à travers les terre-pleins couverts de tonneaux, parmi les senteurs de vin et de poisson, ils prirent la...

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René Depestre : poème extrait de Minerai noir

Mon avenir sur ton visage est dessiné comme des nervures sur une feuille ta bouche quand tu ris est ciselée dans l'épaisseur d'une flamme la douceur luit dans tes yeux comme une goutte d'eau dans la fourrure d'une vivante zibeline la houle ensemence ton corps et telle une cloche ta frénésie à toute volée résonne à travers mon sang Comme les fleuves abandonnent leurs lits pour le fond de sable de ta beauté comme des...

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AU BAS D'UN PORTRAIT DE MOLIÈRE - HENRI DE REGNIER (1864-1936).

AU BAS D'UN PORTRAIT DE MOLIÈRE Le valet qui friponne et le tuteur qui peste, Le pédant, le marquis, le sot et le barbon, L'apothicaire, le fâcheux, tout lui fut bon, De l'esclave rustique au Jupiter céleste; L'intrigue et l'imbroglio» la gambade et le geste, La mascarade, la seringue et le bâton, Et jusqu'au Turc obèse au turban de coton, Et le sac de Scapin et les rubans d'Alceste. Mais, farce à la chandelle ou haute comédie, De...

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Isidore Ducasse, Comte de Lautréamont

Un jour, avec des yeux vitreux, ma mère me dit: "Lorsque tu seras dans ton lit, que tu entendras les aboiements des chiens dans la campagne, cache-toidans ta couverture, ne tourne pas en dérision ce qu'ils font: ils ont soif insatiable de l'infini, comme toi, comme moi, comme le reste des humains, à la figure pâle et longue. Même, je te permets de te mettre devant la fenêtre pour contempler ce spectacle, qui est assez...

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Montesquieu, Lettres persanes - Lettre CXVII. Usbek au même

Montesquieu, Lettres persanes - Lettre CXVII. Usbek au même Usbek au même. La prohibition du divorce n'est pas la seule cause de la dépopulation des pays chrétiens. Le grand nombre d'eunuques qu'ils ont parmi eux n'en est pas une moins considérable. Je parle des prêtres et des dervis de l'un et de l'autre sexe, qui se vouent à une continence éternelle: c'est chez les chrétiens la vertu par excellence; en quoi je ne les comprends pas, ne...

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Molière, Les Femmes savantes, Acte II, scène 6

Molière, Les Femmes savantes, Acte II, scène 6 CHRYSALE Aussi fais-je. Oui, ma femme avec raison vous chasse, Coquine, et votre crime est indigne de grâce. MARTINE Qu'est-ce donc que j'ai fait ? CHRYSALE Ma foi ! Je ne sais pas. PHILAMINTE Elle est d'humeur encore à n'en faire aucun cas. CHRYSALE A-t-elle, pour donner matière à votre haine, Cassé quelque miroir ou quelque porcelaine ? PHILAMINTE Voudrais-je la chasser, et vous figurez-vous Que pour si peu de chose...

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Balzac, Le Père Goriot.

Balzac, Le Père Goriot. Voilà le carrefour de la vie, jeune homme, choisissez. Vous avez déjà choisi : vous êtes allé chez notre cousine de Bauséant, et vous y avez flairé le luxe. Vous êtes allé chez madame de Restaud, la fille du père Goriot, et vous y avez flairé la Parisienne. Ce jour-là vous êtes revenu avec un mot écrit sur votre front, et que j'ai bien su lire Parvenir ! Parvenir à tout prix....

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Brecht, La vie de Galilée, Acte I, scène 1

Brecht, La vie de Galilée, Acte I, scène 1 ANDREA "Qu'est-ce que c'est ?" GALILEE "Un astrolabe ; l'objet montre comment, d'après les anciens, les astres se déplacent autour de la terre." ANDREA "Et comment ?" GALILEE "Etudions-le. Premièrement, premier point : description." ANDREA "Au milieu, il y a une petite pierre." GALILEE "C'est la terre." ANDREA "Tout autour, toujours l'un par-dessus l'autre, des anneaux." GALILEE "Combien ?'" ANDREA "Huit." GALILEE "Ce sont les sphères de cristal." ANDREA "Sur les anneaux sont fixés des boules…" GALILEE "Les astres." ANDREA "Il...

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Albert Camus, La Peste (épilogue) :

Albert Camus, La Peste (épilogue) : Du port obscur montèrent les premières fusées des réjouissances officielles. La ville les salua par une longue et sourde exclamation. Cottard,* Tarrou,* ceux et celle que Rieux avait aimés et perdus, tous, morts ou coupables, étaient oubliés. Le vieux * avait raison, les hommes étaient toujours les mêmes. Mais c'était leur force et leur innocence et c'est ici que, par-dessus toute douleur, Rieux sentait qu'il les rejoignait. Au milieu...

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Camus, La Peste.

Camus, La Peste. Rieux marchait toujours. À mesure qu'il avançait, la foule grossissait autour de lui, le vacarme s'enflait et il lui semblait que les faubourgs, qu'il voulait atteindre, reculaient d'autant. Peu à peu, il se fondait dans ce grand corps hurlant dont il comprenait de mieux en mieux le cri qui, pour une part au moins, était son cri. Oui, tous avaient souffert ensemble, autant dans leur chair que dans leur crâne, d'une vacance difficile,...

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Albert Camus, La Peste (« La représentation d'Orphée et Eurydice ») :

Albert Camus, La Peste (« La représentation d'Orphée et Eurydice ») : Pendant tout le premier acte, Orphée se plaignit avec facilité, quelques femmes en tunique commentèrent avec grâce son malheur, et l'amour fut chanté en ariettes. La salle réagit avec une chaleur discrète. C'est à peine si on remarqua qu'Orphée introduisait, dans son air du deuxième acte, des tremblements qui n'y figuraient pas, et demandait avec un léger excès de pathétique, au maître des Enfers,...

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Boris Vian, L'Ecume des jours (1946)

Boris Vian, L'Ecume des jours (1946) — Oui, dit Isis. Venez, je vous présente… La moyenne des filles était présentable. L'une d'elles portait une robe en lainage vert amande, avec de gros boutons en céramique dorée, et, dans le dos, un empiècement de forme particulière. — Présentez-moi surtout à celle-là, dit Colin. Isis le secoua pour le faire tenir tranquille. — Voulez-vous être sage, à la fin ? Il en guettait déjà une autre et tirait sur la main de sa...

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Molière, Amphitryon, Acte I, scène 1 (extrait)

Molière, Amphitryon, Acte I, scène 1 (extrait) Sosie. (Peste ! Où prend mon esprit toutes ces gentillesses3 ?) « Que font les révoltés ? Dis-moi, quel est leur sort ? - Ils n'ont pu résister, madame, à notre effort : Nous les avons taillés en pièces, Mis Ptérélas leur chef à mort, Pris Télèbe d'assaut, et déjà dans le port Tout retentit de nos prouesses. - Ah ! Quel succès ! ô dieux ! Qui l'eût pu jamais croire ? Raconte-moi, Sosie, un tel événement. -...

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Clément Marot, « Remède contre la peste »

Clément Marot, « Remède contre la peste » A votre dîner userez De viandes creuses et légères ; Boeuf ni mouton ne mangerez Car se sont trop dures matières. Connils, perdrix, sous les paupières Passerez, aussi perdereaux, Fuyez vieux oiseaux de rivières, Et mangez force faisandeaux, Ne dormez point après dîner, Car le dormir est dangereux Et quand ce viendra au souper, Buvez des vins délicieux ; Puis après, entre deux lincieux Allez reposer vostre tête ; Continuez...

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Zola - Germinal, (La vision rouge de la Révolution)

Zola - Germinal, (La vision rouge de la Révolution) Le roulement de tonnerre approchait, la terre fut ébranlée, et Jeanlin galopa le premier, soufflant dans sa corne. "Prenez vos flacons, la sueur du peuple qui passe!", murmura Négrel, qui, malgré ses convictions républicaines, aimait à plaisanter avec les dames. Mais son mot spirituel fut emporté dans l'ouragan des gestes et des cris. Les femmes avaient paru,...

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Fénélon, Télémaque (La ville de Tyr)

Fénélon, Télémaque (La ville de Tyr) Ce pays est au pied du Liban, dont le sommet fend les nues et va toucher les astres. Une glace éternelle couvre son front ; des fleuves pleins de neige tombent, comme des torrents, des pointes des rochers qui environnent sa tête. Au-dessous on voit une vaste forêt de cèdres antiques, qui paraissent aussi vieux que la terre où ils sont plantés et qui portent leurs branches épaisses jusque vers...

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La Bruyère, Les Caractères ou les moeurs de ce siècle. De la mode.1688. Les curieux

La Bruyère, Les Caractères ou les moeurs de ce siècle. De la mode.1688. Les curieux Un bourgeois aime les bâtiments ; il se fait bâtir un hôtel si beau, si riche et si orné, qu'il est inhabitable. Le maître, honteux de s'y loger, ne pouvant peut-être se résoudre à le louer à un prince ou à un homme d'affaires, se retire au galetas, où il achève sa vie, pendant que l'enfilade et les planchers de rapport...

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Émile Zola, L'Assommoir, chapitre XIII.

Émile Zola, L'Assommoir, chapitre XIII. Non, vrai, ça n'offrait rien de beau, et Gervaise, tremblante, se demandait pourquoi elle était revenue. Dire que, la veille au soir, chez les Boches, on l'accusait d'exagérer le tableau ! Ah bien ! elle n'en avait pas fait la moitié assez ! Maintenant, elle voyait mieux comment Coupeau s'y prenait, elle ne l'oublierait jamais plus, les yeux grands ouverts sur le vide. Pourtant elle saisissait des phrases entre l'interne et...

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BALZAC - Le Père Goriot (1834) (L'initiateur face à l'arriviste : Vautrin et Rastignac)

BALZAC - Le Père Goriot (1834) (L'initiateur face à l'arriviste : Vautrin et Rastignac) A nous deux ! Voici votre compte, jeune homme. Nous avons là-bas, papa, maman, grand'tante, deux soeurs (dix-sept et dix-huit ans), deux petits frères (quinze et dix ans), voilà le contrôle de l'équipage. La tante élève vos soeurs. Le curé vient apprendre le latin aux deux frères. La famille mange plus de bouillie de marrons que de pain blanc, le papa ménage...

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