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POUR LE SUJET: Comment le théâtre permet-il de persuader et d'émouvoir ?
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Marc-Antoine Girard de SAINT-AMANT (1594-1661) - Le Déluge

Marc-Antoine Girard de SAINT-AMANT (1594-1661) - Le Déluge

Là, de pieds et de mains, les hommes noirs de crimes
Des arbres les plus hauts gagnaient les vertes cimes ;
L'effroi désespéré redoublait leurs efforts,
Et l'on voyait pâtir leurs membres et leurs corps.
Ici, l'un au milieu de sa vaine entreprise,
Pour son peu de vigueur contraint à lâcher prise,
Blême, regarde en bas, hurle, ou semble en effet
Hurler, tout prêt à...

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Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Symphonie héroïque) - Bacchante

Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Symphonie héroïque) - Bacchante

J'aime invinciblement. J'aime implacablement.
Je sais qu'il est des coeurs de neige et de rosée ;
Moi, l'amour sous son pied me tient nue et brisée ;
Et je porte mes sens comme un mal infamant.

Ma bouche est détendue, et mes hanches sont mûres ;
Mes seins un peu tombants ont la lourdeur d'un fruit ;
Comme l'impur miroir d'un restaurant...

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Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Au jardin de l'infante) - Chanson violette

Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Au jardin de l'infante) - Chanson violette

Et ce soir-là, je ne sais,
Ma douce, à quoi tu pensais,
Toute triste,
Et voilée en ta pâleur,
Au bord de l'étang couleur
D'améthyste.

Tes yeux ne me voyaient point ;
Ils étaient enfuis loin, loin
De la terre ;
Et je sentais, malgré toi,
Que tu marchais près de moi,
Solitaire.

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Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Le chariot d'or) - Comme un père en ses bras ....

Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Le chariot d'or) - Comme un père en ses bras ....

Comme un père en ses bras tient une enfant bercée
Et doucement la serre, et, loin des curieux,
S'arrête au coin d'un mur pour lui baiser les yeux,
Je te porte couvée au secret de mon âme,
Ô toi que j'élus douce entre toutes les femmes,
Et qui marches, suave, en tes parfums flottants.

Les...

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Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Le chariot d'or) - Devant la mer, un soir ...

Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Le chariot d'or) - Devant la mer, un soir ...

Devant la mer, un soir, un beau soir d'Italie,
Nous rêvions... toi, câline et d'amour amollie,
Tu regardais, bercée au coeur de ton amant,
Le ciel qui s'allumait d'astres splendidement.

Les souffles qui flottaient parlaient de défaillance ;
Là-bas, d'un bal lointain, à travers le silence,
Douces comme un sanglot qu'on exhale à genoux,
Des valses...

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Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Le chariot d'or) - Elégie

Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Le chariot d'or) - Elégie

C'était un soir de grâce et de mansuétude
Où l'amour sur les yeux baise la solitude.
Dans l'ombre, une idéale haleine de printemps
Passait, comme un soupir, sous les manteaux flottants.
De jardins en jardins ici la ville bleue
Au fond du crépuscule expirait en banlieue...
La pluie intermittente et tiède des beaux soirs
Avait légèrement mouillé les pavés noirs.
L'avenue était sombre, odorante,...

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Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Le chariot d'or) - En printemps ...

Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Le chariot d'or) - En printemps ...

En printemps, quand le blond vitrier Ariel
Nettoie à neuf la vitre éclatante du ciel,
Quand aux carrefours noirs qu'éclairent les toilettes
En monceaux odorants croulent les violettes
Et le lilas tremblant, frileux encor d'hier,
Toujours revient en moi le songe absurde et cher
Que mes seize ans ravis aux candeurs des keepsakes
Vivaient dans les grands murs blancs des bibliothèques
Rêveurs...

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Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Au jardin de l'infante) - Ermione

Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Au jardin de l'infante) - Ermione

Le ciel suave était jonché de pâles roses...
Tes yeux tendres au fond de ton large chapeau
Rêvaient : tu flottais toute aux plis d'un grand manteau,
Et ton coeur, qu'inclinaient d'inexprimables choses,

Le ciel suave était jonché de pâles roses...
Se penchait sur mon coeur comme un iris sur l'eau.

Le ciel suave était jonché...

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Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Le chariot d'or) - Hyacinthe

Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Le chariot d'or) - Hyacinthe


Pour la voir aussitôt m'apparaître, fidèle
Je n'ai qu'à prononcer son nom mélodieux,
Comme si quelque instinct miséricordieux
D'avance lui disait l'heure où j'ai besoin d'elle.

Je la trouve toujours, quand mon coeur contristé
S'exile et se replie au fond de ses retraites,
Et pansant à la nuit ses blessures secrètes,
Reprend avec l'orgueil sa native beauté.
...

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Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Le chariot d'or) - Incantation

Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Le chariot d'or) - Incantation

Ô nuit magicienne, ô douce, ô solitaire,
Le paysage avec sa flûte de roseau
T'accueille ; et tes pieds nus posés sur le coteau
Font tressaillir le coeur fatigué de la terre.

Laissant fuir de ses doigts sa guirlande de fleurs,
Voici qu'en tes bras frais s'endort le soir qui rêve.
L'âme, veule au soleil, frissonne, se soulève,
Et tord sa...

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Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Au jardin de l'infante) - Invitation

Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Au jardin de l'infante) - Invitation

Mon coeur est un beau lac solitaire qui tremble,
Hanté d'oiseaux furtifs et de rameaux frôleurs,
Où le vol argenté des sylphes bleus s'assemble
En un soir diaphane où défaillent des fleurs.

La lune y fait rêver ses pâleurs infinies ;
L'aurore en son cristal baigne ses pieds rosés ;
Et sur ses bords, en...

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Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Le chariot d'or) - J'aime l'aube aux pieds nus qui se coiffe de thym

Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Le chariot d'or) - J'aime l'aube aux pieds nus qui se coiffe de thym

J'aime l'aube aux pieds nus qui se coiffe de thym,
Les coteaux violets qu'un pâle rayon dore,
Et la persienne ouverte avec un bruit sonore,
Pour boire le vent frais qui monte du jardin,

La grand'rue au village un dimanche matin,
La vache au bord de l'eau toute rose d'aurore,
La fille...

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Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Au jardin de l'infante) - Les colombes

Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Au jardin de l'infante) - Les colombes

Partout la mer unique étreint l'horizon nu,
L'horizon désastreux où la vieille arche flotte ;
Au pied du mât penchant l'Espérance grelotte,
Croisant ses bras transis sur son coeur ingénu.

Depuis mille et mille ans pareils, le soir venu,
L'Ame assise à la barre, immobile pilote,
Regarde éperdument dans l'ombre qui sanglote
Ses colombes...

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Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Au jardin de l'infante) - Mon âme est une infante

Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Au jardin de l'infante) - Mon âme est une infante

Mon Ame est une infante en robe de parade,
Dont l'exil se reflète, éternel et royal,
Aux grands miroirs déserts d'un vieil Escurial,
Ainsi qu'une galère oubliée en la rade.

Aux pieds de son fauteuil, allongés noblement,
Deux lévriers d'Écosse aux yeux mélancoliques
Chassent, quand il lui plaît, les bêtes symboliques...

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Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Le chariot d'or) - Mon coeur est comme un Hérode ...

Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Le chariot d'or) - Mon coeur est comme un Hérode ...

Mon coeur est comme un Hérode morne et pâle,
Un Salomon somptueux, triste et puissant
Qui suit d'un oeil magnifique et languissant
Les ballets infinis dans les hautes salles.

Rêve sans fin, les plus belles ont passé,
Portant des noms si doux qu'ils font chanter l'âme.
Le roi s'ennuie à voir tourner ses femmes,
Roses...

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Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Au jardin de l'infante) - Musique

Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Au jardin de l'infante) - Musique

Puisqu'il n'est point de mots qui puissent contenir,
Ce soir, mon âme triste en vouloir de se taire,
Qu'un archet pur s'élève et chante, solitaire,
Pour mon rêve jaloux de ne se définir.

O coupe de cristal pleine de souvenir ;
Musique, c'est ton eau seule qui désaltère ;
Et l'âme va d'instinct se fondre...

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Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Au jardin de l'infante) - Orgueil

Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Au jardin de l'infante) - Orgueil

J'ai secoué du rêve avec ma chevelure.
Aux foules où j'allais, un long frisson vivant
Me suivait, comme un bruit de feuilles dans le vent ;
Et ma beauté jetait des feux comme une armure.

Au large devant moi les coeurs fumaient d'amour ;
Froide, je traversais les désirs et les fièvres ;
Tout, drame ou...

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Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Symphonie héroïque) - Symphonie héroïque

Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Symphonie héroïque) - Symphonie héroïque

Nous sommes les Puissants - soldat, rhapsode ou mage,
Nous naissons pour l'orgueil de voir, dompteurs altiers,
Les siècles asservis se coucher à nos pieds ;
Et c'est nous qui forgeons, surhumains ouvriers,
Tour à tour, la vieille âme humaine à notre image.

Nous sommes les Puissants exécrés ou bénis,
Fronts nimbés d'auréole ou brûlés d'anathème.
Le sort nous a marqués...

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Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Le chariot d'or) - Ténèbres

Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Le chariot d'or) - Ténèbres

Les heures de la nuit sont lentes et funèbres.
Frère, ne trembles-tu jamais en écoutant,
Comme un bruit sourd de mer lointaine qu'on entend,
La respiration tragique des ténèbres ?

Les heures de la nuit sont filles de la peur ;
Leur souffle fait mourir l'âme humble des veilleuses,
Cependant que leurs mains froides et violeuses,
S'allongent sous les draps pour...

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Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Le chariot d'or) - Une douceur splendide et sombre

Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Le chariot d'or) - Une douceur splendide et sombre

Une douceur splendide et sombre
Flotte sous le ciel étoilé
On dirait que là-haut, dans l'ombre
Un paradis s'est écroulé.

Et c'est comme l'odeur ardente,
L'odeur fiévreuse dans l'air noir,
D'une chevelure d'amante
Dénouée à travers le soir.

Tout l'espace languit de fièvres.
Du fond des coeurs mystérieux
S'en viennent mourir sur les lèvres

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Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Le chariot d'or) - Une heure sonne au loin ...

Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Le chariot d'or) - Une heure sonne au loin ...

Une heure sonne au loin. - Je ne sais où je vais.
Oh ! J'ai le coeur si plein de toi, si tu savais !
Je te vois, je t'entends. Devant moi solitaire
Une apparition blanche frôle la terre,
Comme une fée au fond des clairières, le soir.
Et cette ombre d'amour si radieuse à voir,
Elle a tes...

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Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Le chariot d'or) - Versailles

Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Le chariot d'or) - Versailles

I

Ô Versailles, par cette après-midi fanée,
Pourquoi ton souvenir m'obsède-t-il ainsi ?
Les ardeurs de l'été s'éloignent, et voici
Que s'incline vers nous la saison surannée.

Je veux revoir au long d'une calme journée
Tes eaux glauques que jonche un feuillage roussi,
Et respirer encore, un soir d'or adouci,
Ta beauté plus...

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Cécile SAUVAGE (1883-1927) (Recueil : Tandis que la terre tourne) - Fuite d'automne

Cécile SAUVAGE (1883-1927) (Recueil : Tandis que la terre tourne) - Fuite d'automne

Sors de ta chrysalide, ô mon âme, voici
L'Automne. Un long baiser du soleil a roussi
Les étangs ; les lointains sont vermeils de feuillage,
Le flexible arc-en-ciel a retenu l'orage
Sur sa voûte où se fond la clarté d'un vitrail ;
La brume des terrains rôde autour du bétail
Et parfois le soleil que...

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Cécile SAUVAGE (1883-1927) (Recueil : Fumées) - Poésie

Cécile SAUVAGE (1883-1927) (Recueil : Fumées) - Poésie

Dans la pelouse endormie
Sous l'azur pâle et rêveur,
Les brises en accalmie
Bercent les bouleaux pleureurs.
En ce silence de rêve
Une voix d'oiseau
Seule et divine s'élève
Des bouleaux.

Au jour bas de l'avenue
Lointaine sous les rameaux
Deux formes sont apparues,
Deux corps enlacés et beaux.
La femme blanche, légère
Dans...

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Cécile SAUVAGE (1883-1927) (Recueil : L'âme en bourgeon) - Tu tettes le lait pur...

Cécile SAUVAGE (1883-1927) (Recueil : L'âme en bourgeon) - Tu tettes le lait pur...

Tu tettes le lait pur de mon âme sereine,
Mon petit nourrisson qui n'as pas vu le jour,
Et sur ses genoux blancs elle, berce la tienne
En lui parlant tout bas de la vie au front lourd.

Voici le lait d'esprit et le lait de tendresse,
Voici le regard d'or qu'on jette...

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