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POUR LE SUJET: Comment le théâtre permet-il de persuader et d'émouvoir ?
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Charles-Hubert MILLEVOYE (1782-1816) - Les J'ai vu

Charles-Hubert MILLEVOYE (1782-1816) - Les J'ai vu

de la promenade de Longchamp

J'ai vu cette brillante fête,
Fête des grâces, des amours,
Que trois mois d'avance on apprête,
Et dont on s'occupe trois jours.
J'ai vu la beauté sous les armes,
Rassemblant tous ses traits vainqueurs,
Doubler le pouvoir de ses charmes
Pour venir assiéger les coeurs.
J'ai vu la toilette nouvelle,...

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Robert de MONTESQUIOU (1855-1921) (Recueil : Les perles rouges) - Sous les villosités violettes

Robert de MONTESQUIOU (1855-1921) (Recueil : Les perles rouges) - Sous les villosités violettes

Sous les villosités violettes des tartres
Les blancs Olympiens ont pris des tons caducs.
Et, des arbres sans sève, et des plantes sans sucs
L'automne qui descend les vêt comme de martres.

L'ombre et la vétusté les rouillent de leurs dartres,
Ces dieux à qui les rois voulaient des airs de ducs ;

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Jean MORÉAS (1856-1910) (Recueil : Les Syrtes) - Conte d'amour (VII)

Jean MORÉAS (1856-1910) (Recueil : Les Syrtes) - Conte d'amour (VII)

Hiver : la bise se lamente,
La neige couvre le verger.
Dans nos coeurs aussi, pauvre amante,
Il va neiger, il va neiger.

Hier : c'était les soleils jaunes.
Hier, c'était encor l'été.
C'était l'eau courant sous les aulnes
Dans le val de maïs planté.

Hier, c'était les blancs, les roses
Lis, les lis d'or érubescent -

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Jean MORÉAS (1856-1910) (Recueil : Les Syrtes) - Hautes sierras aux gorges nues

Jean MORÉAS (1856-1910) (Recueil : Les Syrtes) - Hautes sierras aux gorges nues

Hautes sierras aux gorges nues,
Lacs d'émeraude, lacs glacés,
Isards sur les crêtes dressés,
Aigles qui planez par les nues ;

Sapins sombres aux larges troncs,
Fondrières de l'Entécade
Où chante la fraîche cascade
Derrière les rhododendrons ;

Et vous, talus plantés d'yeuses,
Irai-je encor par les sentiers
Mêlant les rouges églantiers
A la pâleur...

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Alfred de MUSSET (1810-1857) (Recueil : Poésies nouvelles) - La nuit d'octobre

Alfred de MUSSET (1810-1857) (Recueil : Poésies nouvelles) - La nuit d'octobre

LE POÈTE

Le mal dont j'ai souffert s'est enfui comme un rêve.
Je n'en puis comparer le lointain souvenir
Qu'à ces brouillards légers que l'aurore soulève,
Et qu'avec la rosée on voit s'évanouir.

LA MUSE

Qu'aviez-vous donc, ô mon poète !
Et quelle est la peine secrète
Qui de moi...

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Alfred de MUSSET (1810-1857) (Recueil : Poésies nouvelles) - Lucie

Alfred de MUSSET (1810-1857) (Recueil : Poésies nouvelles) - Lucie

Élégie

Mes chers amis, quand je mourrai,
Plantez un saule au cimetière.
J'aime son feuillage éploré ;
La pâleur m'en est douce et chère,
Et son ombre sera légère
À la terre où je dormirai.

Un soir, nous étions seuls, j'étais assis près d'elle ;
Elle penchait la tête, et sur son...

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Alfred de MUSSET (1810-1857) (Recueil : Poésies nouvelles) - Sur trois marches de marbre rose

Alfred de MUSSET (1810-1857) (Recueil : Poésies nouvelles) - Sur trois marches de marbre rose

Depuis qu'Adam, ce cruel homme,
A perdu son fameux jardin,
Où sa femme, autour d'une pomme,
Gambadait sans vertugadin,
Je ne crois pas que sur la terre
Il soit un lieu d'arbres planté
Plus célébré, plus visité,
Mieux fait, plus joli, mieux hanté,
Mieux exercé dans l'art de plaire,
Plus examiné, plus vanté,

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Alfred de MUSSET (1810-1857) (Recueil : Poésies posthumes) - Une promenade au Jardin des Plantes

Alfred de MUSSET (1810-1857) (Recueil : Poésies posthumes) - Une promenade au Jardin des Plantes

Sonnet

Sous ces arbres chéris, où j'allais à mon tour
Pour cueillir, en passant, seul, un brin de verveine,
Sous ces arbres charmants où votre fraîche haleine
Disputait au printemps tous les parfums du jour ;

Des enfants étaient là qui jouaient alentour ;
Et moi, pensant à vous,...

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Marguerite de NAVARRE (1492-1549) - Autres pensées faites un mois après la mort du roi

Marguerite de NAVARRE (1492-1549) - Autres pensées faites un mois après la mort du roi

Las ! tant malheureuse je suis,
Que mon malheur dire ne puis,
Sinon qu'il est sans espérance :
Désespoir est déjà à l'huis
Pour me jeter au fond du puits
Où n'a d'en saillir apparence.

Tant de larmes jettent mes yeux
Qu'ils ne voient terre ni cieux,
Telle est de...

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Emile NELLIGAN (1879-1941) (Recueil : Motifs poétiques) - La réponse du crucifix

Emile NELLIGAN (1879-1941) (Recueil : Motifs poétiques) - La réponse du crucifix

En expirant sur l'arbre affreux du Golgotha,
De quel regret ton âme, ô Christ, fut-elle pleine ?
Etait-ce de laisser Marie et Madeleine
Et les autres, au roc où la Croix se planta ?

Quand le funèbre choeur sous Toi se lamenta,
Et que les clous crispaient tes mains ; quand, par la plaine,
Ton âme eut dispersé la...

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Gérard de NERVAL (1808-1855) (Recueil : Odelettes) - Les papillons

Gérard de NERVAL (1808-1855) (Recueil : Odelettes) - Les papillons

I

De toutes les belles choses
Qui nous manquent en hiver,
Qu'aimez-vous mieux ? - Moi, les roses ;
- Moi, l'aspect d'un beau pré vert ;
- Moi, la moisson blondissante,
Chevelure des sillons ;
- Moi, le rossignol qui chante ;
- Et moi, les beaux papillons !

Le papillon, fleur sans...

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Anna de NOAILLES (1876-1933) (Recueil : Le coeur innombrable) - Bittô

Anna de NOAILLES (1876-1933) (Recueil : Le coeur innombrable) - Bittô

Le bourdonnant été, doré comme du miel,
Parfumé de citrons, de résine et de menthe,
Balance au vent sucré son rêve sensuel
Et baigne son visage au clair de l'eau dormante.

Les pesants papillons ont alangui les fleurs,
Le cytise odorant et la belle mélisse
Infusent doucement dans la grande chaleur,
Le soleil joue...

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Anna de NOAILLES (1876-1933) (Recueil : Le coeur innombrable) - L'inquiet désir

Anna de NOAILLES (1876-1933) (Recueil : Le coeur innombrable) - L'inquiet désir

Voici l'été encor, la chaleur, la clarté,
La renaissance simple et paisible des plantes,
Les matins vifs, les tièdes nuits, les journées lentes,
La joie et le tourment dans l'âme rapportés.

- Voici le temps de rêve et de douce folie
Où le coeur, que l'odeur du jour vient enivrer,
Se livre au tendre...

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Anna de NOAILLES (1876-1933) (Recueil : Le coeur innombrable) - Le verger

Anna de NOAILLES (1876-1933) (Recueil : Le coeur innombrable) - Le verger

Dans le jardin, sucré d'oeillets et d'aromates,
Lorsque l'aube a mouillé le serpolet touffu,
Et que les lourds frelons, suspendus aux tomates,
Chancellent, de rosée et de sève pourvus,

Je viendrai, sous l'azur et la brume flottante,
Ivre du temps vivace et du jour retrouvé,
Mon coeur se dressera comme le coq qui chante...

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Anna de NOAILLES (1876-1933) (Recueil : Le coeur innombrable) - Les saisons et l'amour

Anna de NOAILLES (1876-1933) (Recueil : Le coeur innombrable) - Les saisons et l'amour

Le gazon soleilleux est plein
De campanules violettes,
Le jour las et brûlé halette
Et pend aux ailes des moulins.

La nature, comme une abeille,
Est lourde de miel et d'odeur,
Le vent se berce dans les fleurs
Et tout l'été luisant sommeille.

- Ô gaieté claire du...

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Germain NOUVEAU (1851-1920) (Recueil : Valentines) - Le verre

Germain NOUVEAU (1851-1920) (Recueil : Valentines) - Le verre

Madame, on m'a dit l'autre jour
Que j'imitais... qui donc ? devine ;
Que j'imitais Musset : le tour
N'en est pas nouveau, j'imagine.

Musset a répondu pour nous :
" C'est imiter quelqu'un, que diantre !
Écrit-il, que planter des choux
En terre... ou des enfants... en ventre. "

Et craquez, corsets de satin !
Quant à moi,...

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Germain NOUVEAU (1851-1920) (Recueil : Autres vers) - Saintes femmes

Germain NOUVEAU (1851-1920) (Recueil : Autres vers) - Saintes femmes

Quelle étoile nous vit donc naître, nous qui sommes
Les voleuses de vos coeurs charmants, Enfants-rois ?
C'est nous qui vous faisons la cour, ô jeunes hommes,
Et vos légèretés nous sont d'atroces croix.

En nous rien des yeux verts de l'amante fatale
Par sa jupe épandue en mare de sang noir.
Rien des beautés faisant...

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Clovis Hesteau de NUYSEMENT (1550-16xx) - Afin qu'à l'avenir on t'adore, ô Déesse

Clovis Hesteau de NUYSEMENT (1550-16xx) - Afin qu'à l'avenir on t'adore, ô Déesse

Afin qu'à l'avenir on t'adore, ô Déesse,
Je plante en ton honneur ce laurier immortel,
Je te sacre ce temple où j'offre à ton autel
Les armes dont Amour a dompté ma jeunesse.

Ceux qui t'invoqueront pour vierge chasseresse
Et qui t'honoreront de maint voeu solennel
Ne puissent du trépas sentir le dard...

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Théophile Dondey dit Philothée O'NEDDY (1811-1875) (Recueil : Feu et flamme) - Nuit quatrième

Théophile Dondey dit Philothée O'NEDDY (1811-1875) (Recueil : Feu et flamme) - Nuit quatrième

Nécropolis

Sur la terre on est mal : sous la terre on est bien.
(PETRUS BOREL)


I

Voici ce qu'un jeune squelette
Me dit les bras croisés, debout, dans son linceul,
Bien avant l'aube violette,
Dans le grand cimetière où je passais tout seul :
...

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Marc de PAPILLON DE LASPHRISE (1555-1599) (Recueil : L'Amour passionnée de Noémie) - Ô belle Noémie, approche, embrasse-moi

Marc de PAPILLON DE LASPHRISE (1555-1599) (Recueil : L'Amour passionnée de Noémie) - Ô belle Noémie, approche, embrasse-moi

Ô belle Noémie, approche, embrasse-moi,
Et ne m'allègue plus ma sainte ardeur éprise,
Disant que je m'en aille à Théophile exquise
A qui j'offris mes voeux premièrement qu'à toi.

Je me fâche vraiment de ce double renvoi
Qui fraude les loyers de ma brave entreprise :
Le grand Prince use...

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Etienne PASQUIER (1529-1615) - Vers mesurés rimés

Etienne PASQUIER (1529-1615) - Vers mesurés rimés

Si de bien servir la fin est le guerdon,
Plus ne veux mon coeur retenir devers moy,
Ains à tousjourmais je le veux dessous toy
Mettre à l'abandon.
Hors la liberté de ma folle raison,
Tout ce grand pourpris que je voy de mes yeux
Fluctuer ça bas à la danse des Cieux,
N'est qu'une prison.
Veux-je l'or du fonds de la terre puiser,
Veux-je près...

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Jean PASSERAT (1534-1602) - Sur un mai

Jean PASSERAT (1534-1602) - Sur un mai

Ce mai que j'ai planté, belle pour qui j'endure
Et qui trop m'avez fait endurer sans raison,
Quelque chose a de vous : je fais comparaison
De votre beauté jeune à sa belle verdure.
Le chêne est un dur arbre, et vous êtes bien dure :
Vous n'êtes moins que bois sourde à mon oraison :
Le mai sert de parer l'amoureuse saison :

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Odilon-Jean PÉRIER (1901-1928) (Recueil : Notre mère la ville) - Découverte de l'évidence

Odilon-Jean PÉRIER (1901-1928) (Recueil : Notre mère la ville) - Découverte de l'évidence

La vie est simple. Je dis
Que nous ignorons sa grâce,
Masque transparent, visage
Ridicule, tu souris.

Toi, frère des champs, merci :
La vie est à ton image.
Parle donc, pour être un sage.
Soyons plus forts que l'ennui.

J'enferme les vieilles Muses,
Car ces filles ont des...

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Odilon-Jean PÉRIER (1901-1928) (Recueil : Notre mère la ville) - Guérison

Odilon-Jean PÉRIER (1901-1928) (Recueil : Notre mère la ville) - Guérison

Le gazon nourri des vertes banlieues,
Ma forêt d'amour aux chemins vernis,
Sont tout pénétrés d'une pâte bleue
- D'un azur solide où planter des nids.

Fuyons les pays que leur gloire encombre
(Quel désert superbe on ferait ici)
Nous irons au bois fouler le décombre
De tout ce laurier cher à mes amis

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Odilon-Jean PÉRIER (1901-1928) (Recueil : Le citadin) - Je ne chanterai pas très haut ni très longtemps

Odilon-Jean PÉRIER (1901-1928) (Recueil : Le citadin) - Je ne chanterai pas très haut ni très longtemps

Je ne chanterai pas très haut ni très longtemps.
C'est à mon plaisir seul, à vous que je m'attends
Égalité du coeur, honnête poésie.
Je n'ai rien de meilleur que cette humeur unie,
J'éprouve la couleur le grain de mon papier
Et l'incertain trésor que j'y viens gaspiller.

Toute...

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