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POUR LE SUJET: Comment le théâtre permet-il de persuader et d'émouvoir ?
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Georges RODENBACH (1855-1898) (Recueil : Le règne du silence) - Les chambres, dans le soir

Georges RODENBACH (1855-1898) (Recueil : Le règne du silence) - Les chambres, dans le soir

Les chambres, dans le soir, meurent réellement :
Les persiennes sont des paupières se fermant
Sur les yeux des carreaux pâles où tout se brouille ;
Chaque fauteuil est un prêtre qui s'agenouille

Pour l'entrée en surplis d'une extrême-onction ;
La pendule dévide avec monotonie
Les instants brefs de son rosaire d'agonie ;
Et la glace...

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Pierre de RONSARD (1524-1585) (Recueil : Derniers vers) - Stances

Pierre de RONSARD (1524-1585) (Recueil : Derniers vers) - Stances

J'ay varié ma vie en devidant la trame
Que Clothon me filoit entre malade et sain,
Maintenant la santé se logeoit en mon sein,
Tantost la maladie extreme fleau de l'ame.

La goutte ja vieillard me bourrela les veines,
Les muscles et les nerfs, execrable douleur,
Montrant en cent façons par cent diverses peines
Que l'homme n'est sinon le subject...

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Edmond ROSTAND (1868-1918) (Recueil : Les musardises) - Le Petit Chat

Edmond ROSTAND (1868-1918) (Recueil : Les musardises) - Le Petit Chat

C'est un petit chat noir effronté comme un page,
Je le laisse jouer sur ma table souvent.
Quelquefois il s'assied sans faire de tapage,
On dirait un joli presse-papier vivant.

Rien en lui, pas un poil de son velours ne bouge ;
Longtemps, il reste là, noir sur un feuillet blanc,
A ces minets tirant leur langue de drap rouge,

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Marc-Antoine Girard de SAINT-AMANT (1594-1661) - Les visions

Marc-Antoine Girard de SAINT-AMANT (1594-1661) - Les visions

(extraits)

Le coeur plein d'amertume et l'âme ensevelie
Dans la plus sombre humeur de la mélancolie,
Damon, je te décris mes travaux intestins,
Où tu verras l'effort des plus cruels destins
Qui troublèrent jamais un pauvre misérable,
À qui le seul trépas doit être désirable.
Un grand chien maigre et noir, se traînant lentement,
Accompagné d'horreur...

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Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Au jardin de l'infante) - Extrême-Orient

Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Au jardin de l'infante) - Extrême-Orient

I

Le fleuve au vent du soir fait chanter ses roseaux.
Seul je m'en suis allé. - J'ai dénoué l'amarre,
Puis je me suis couché dans ma jonque bizarre,
Sans bruit, de peur de faire envoler les oiseaux.

Et nous sommes partis, tous deux, au fil de l'eau,
Sans savoir où, très lentement. - O...

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Maurice SCÈVE (1501-1564) (Recueil : Délie) - En tel suspens ou de non ou d'oui

Maurice SCÈVE (1501-1564) (Recueil : Délie) - En tel suspens ou de non ou d'oui

En tel suspens ou de non ou d'oui,
Je veux soudain et plus soudain je n'ose.
L'un me rend triste, et l'autre réjoui
Dépendant tout de liberté enclose.
Mais si je vois n'y pouvoir autre chose,
Je recourrai à mon aveugle juge.
Réfrénez donc, mes yeux, votre déluge :
Car ce mien feu, malgré...

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Victor SEGALEN (1878-1919) (Recueil : Stèles) - Les cinq relations

Victor SEGALEN (1878-1919) (Recueil : Stèles) - Les cinq relations

Du Père à son fils, l'affection. Du Prince au sujet, la justice.
Du frère cadet à l'aîné, la subordination. D'un ami à son ami,
toute la confiance, l'abandon, la similitude.

*

Mais pour elle, - de moi vers elle, - oserai-je dire et observer !

Elle, qui retentit plus que tout ami en...

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Victor SEGALEN (1878-1919) (Recueil : Stèles) - Pour lui complaire

Victor SEGALEN (1878-1919) (Recueil : Stèles) - Pour lui complaire

A lui complaire j'ai vécu ma vie. Touchant au bout extrême de
mes forces, je cherche encore à imaginer quoi pour lui complaire :

Elle aime à déchirer la soie : je lui donnerai cent pieds de
tissu sonore. Mais ce cri n'est plus assez neuf.

Elle aime à voir couler le vin et des gens...

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Victor SEGALEN (1878-1919) (Recueil : Stèles) - Retombée

Victor SEGALEN (1878-1919) (Recueil : Stèles) - Retombée

Je frappe les dalles. J'en éprouve la solidité. J'en écoute la sonorité.
Je me sens ferme et satisfait.

J'embrasse les colonnes. Je mesure leur jet, la portée, le nombre et
la plantation. je me sens clos et satisfait.

Me renversant, cou tendu, nuque douloureuse, je marche du regard
sur le parvis inverse et je sens mes épaules riches...

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Jean de SPONDE (1557-1595) - Stances de la mort

Jean de SPONDE (1557-1595) - Stances de la mort

Mes yeux, ne lancez plus votre pointe éblouie
Sur les brillants rayons de la flammeuse vie,
Cillez-vous, couvrez-vous de ténèbres, mes yeux :
Non pas pour étouffer vos vigueurs coutumières,
Car je vous ferai voir de plus vives lumières,
Mais sortant de la nuit vous n'en verrez que mieux.

Je m'ennuie, de vivre, et mes tendres années,

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Jean de SPONDE (1557-1595) - Sur sa fièvre

Jean de SPONDE (1557-1595) - Sur sa fièvre

Que faites-vous dedans mes os,
Petites vapeurs enflammées,
Dont les pétillantes fumées
M'étouffent sans fin le repos ?

Vous me portez de veine en veine
Les cuisants tisons de vos feux,
Et parmi vos détours confus
Je perds le cours de mon haleine.

Mes yeux, crevés de vos ennuis,
Sont bandés de tant...

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Marie STUART, reine d'Ecosse (1542-1587) - Romance

Marie STUART, reine d'Ecosse (1542-1587) - Romance

En mon triste et doux chant
D'un ton fort lamentable
Je jette un oeil tranchant
De perte incomparable
Et en soupirs cuisants
Passe mes meilleurs ans.

Fut-il un tel malheur
De dure destinée
Ni si triste douleur
De dame fortunée
Qui, mon coeur et mon oeil
Mis en bière ou cercueil.

Qui, en mon doux printemps
Et fleur de ma...

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Paul-Jean TOULET (1867-1920) (Recueil : Contrerimes) - Enfin, puisque c'est Sa demeure

Paul-Jean TOULET (1867-1920) (Recueil : Contrerimes) - Enfin, puisque c'est Sa demeure

- " Enfin, puisque c'est Sa demeure,
Le bon Dieu, où est-Y ? "
- " Chut, me dit-elle : Il est sorti,
On ne sait à quelle heure. "

" Et de nous tous le plus calé
Je dis : Satan lui-même,
Ne sait en ce désordre extrême
Où diable Il est allé. "...

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Pontus de TYARD (1521-1605) (Recueil : Douze fables de fleuves) - Épigramme de la fontaine de Narcisse

Pontus de TYARD (1521-1605) (Recueil : Douze fables de fleuves) - Épigramme de la fontaine de Narcisse

Narcisse aime sa soeur, sa chère soeur jumelle,
Sa soeur aussi pour lui brûle d'ardeur extrême ;
L'un en l'autre se sent être un second soi-même :
Ce qu'elle veut pour lui, il veut aussi pour elle.

De semblable beauté est cette couple belle,
Et semblable est le feu qui fait...

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Honoré d' URFÉ (1567-1625) (Recueil : L'Astrée) - Chanson

Honoré d' URFÉ (1567-1625) (Recueil : L'Astrée) - Chanson

Dessus les bords d'une fontaine
D'humide mousse revêtus,
Dont l'onde à maints replis tortus
S'allait égarant dans la plaine,
Un berger se mirant en l'eau
Chantait ces vers au chalumeau :
Cessez un jour, cessez, la belle,
Avant ma mort d'être cruelle.

Se peut-il qu'un si grand supplice
Que pour vous je souffre en aimant,...

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Émile VERHAEREN (1855-1916) (Recueil : Les visages de la vie) - La clémence

Émile VERHAEREN (1855-1916) (Recueil : Les visages de la vie) - La clémence

C'était un doux pays illuminé de plaines
Où circulaient de longs troupeaux
Dont on voyait les laines
Blanchir les prés et se mirer dans l'eau ;
C'étaient des champs de fleurs à l'infini :
Un fleuve y sinuait de chaumière en chaumière ;
Son cours faisait, au loin, un geste de lumière ;
C'étaient des lacs,...

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Paul VERLAINE (1844-1896) (Recueil : Jadis et naguère) - A Albert Mérat

Paul VERLAINE (1844-1896) (Recueil : Jadis et naguère) - A Albert Mérat

Et nous voilà très doux à la bêtise humaine,
Lui pardonnant vraiment et même un peu touchés
De sa candeur extrême et des torts très légers,
Dans le fond, qu'elle assume et du train qu'elle mène.

Pauvres gens que les gens ! Mourir pour Célimène,
Epouser Angélique ou venir de nuit chez
Agnès et la briser, et tous les...

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Paul VERLAINE (1844-1896) (Recueil : Fêtes galantes) - A la promenade

Paul VERLAINE (1844-1896) (Recueil : Fêtes galantes) - A la promenade

Le ciel si pâle et les arbres si grêles
Semblent sourire à nos costumes clairs
Qui vont flottant légers avec des airs
De nonchalance et des mouvements d'ailes.

Et le vent doux ride l'humble bassin,
Et la lueur du soleil qu'atténue
L'ombre des bas tilleuls de l'avenue
Nous parvient bleue et mourante à dessein.

Trompeurs exquis et...

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Paul VERLAINE (1844-1896) (Recueil : Odes en son honneur) - Je ne suis pas jaloux de ton passé, chérie

Paul VERLAINE (1844-1896) (Recueil : Odes en son honneur) - Je ne suis pas jaloux de ton passé, chérie

Je ne suis pas jaloux de ton passé, chérie,
Et même je t'en aime et t'en admire mieux.
Il montre ton grand coeur et la gloire inflétrie
D'un amour tendre et fort autant qu'impétueux.

Car tu n'eus peur ni de la mort ni de la vie,
Et, jusqu'à cet automne...

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Paul VERLAINE (1844-1896) (Recueil : Chansons pour elle) - Je suis plus pauvre que jamais

Paul VERLAINE (1844-1896) (Recueil : Chansons pour elle) - Je suis plus pauvre que jamais

Je suis plus pauvre que jamais
Et que personne ;
Mais j'ai ton cou gras, tes bras frais,
Ta façon bonne
De faire l'amour, et le tour
Leste et frivole
Et la caresse, nuit et jour,
De ta parole.

Je suis riche de tes beaux yeux,
De ta poitrine,
Nid follement voluptueux,
Couche ivoirine
Où mon...

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Abraham de VERMEIL (1555-1620) (Recueil : Poésies) - Ce n'est pas le trépas, c'est un très doux sommeil

Abraham de VERMEIL (1555-1620) (Recueil : Poésies) - Ce n'est pas le trépas, c'est un très doux sommeil

Ce n'est pas le trépas, c'est un très doux sommeil
Qui bannit peu à peu l'éclair de ma paupière,
Adieu ; je vais jouir d'une douce lumière,
Attendant que ce corps s'anime de réveil.

Ami, ne pleure plus, ton amour non pareil
Recevra sa couronne au bout de la...

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Jules VERNE (1828-1905) - Hésitation

Jules VERNE (1828-1905) - Hésitation

A une jeune personne à la noble tournure, aux yeux grands et noirs.


Celle que j'aime a de grands yeux
Sous de brunes prunelles ;
Celle que j'aime sous les cieux
Est la belle des belles.
Elle dore, embellit mes jours,
Oh ! si j'étais à même,
Mon Dieu, je voudrais voir toujours
Celle que j'aime.

Celle que j'aime...

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Béroalde de VERVILLE (1556-1626) - De mon sang exhalé toute l'humeur périe

Béroalde de VERVILLE (1556-1626) - De mon sang exhalé toute l'humeur périe

De mon sang exhalé toute l'humeur périe
Me laisse desséché, et l'esprit de mon coeur
Éteint par trop d'ennui, me pousse en ma douleur
Aux extrêmes effets de la mélancolie.

Ha ! presque hors de moi forcenant de furie,
Tué, brisé, rompu, accablé de malheur,
J'ai souci, j'ai dépit, j'ai crainte, j'ai horreur,...

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Théophile de VIAU (1590-1626) - Cruelle, à quel propos prolonges-tu ma peine

Théophile de VIAU (1590-1626) - Cruelle, à quel propos prolonges-tu ma peine

Élégie

Cruelle, à quel propos prolonges-tu ma peine ?
Qui t'a sollicitée à renouer ma chaîne,
Quel démon ennemi de mes contentements
Me vient remettre encore en tes enchantements ?
Mon mal allait finir, et déjà ma pensée
Ne gardait plus de toi qu'une Image effacée,
Ma fièvre n'avait plus que ce...

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François Scalion de VIRBLUNEAU (15xx-15xx) (Recueil : Les loyalles et pudiques amours) - Ha ! main qui doucement me déchirez le coeur

François Scalion de VIRBLUNEAU (15xx-15xx) (Recueil : Les loyalles et pudiques amours) - Ha ! main qui doucement me déchirez le coeur

Ha ! main qui doucement me déchirez le coeur,
Et qui tenez ma main en l'amoureux cordage,
Main où nature veut montrer son bel ouvrage,
Et où le ciel versa sa bénigne faveur,

Las ! au lieu de ce gant qui reçoit tant d'honneur
Que...

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