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POUR LE SUJET: Comment le théâtre permet-il de persuader et d'émouvoir ?
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POUR LE SUJET: Les écrivains écrivent-ils seulement pour amuser ?
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Pierre-Jean de BÉRANGER (1780-1857) - Mon habit

Pierre-Jean de BÉRANGER (1780-1857) - Mon habit

Sois-moi fidèle, ô pauvre habit que j'aime !
Ensemble nous devenons vieux.
Depuis dix ans, je te brosse moi-même,
Et Socrate n'eut pas fait mieux.
Quand le sort à ta mince étoffe
Livrerait de nouveaux combats,
Imite-moi, résiste en philosophe :
Mon vieil ami, ne nous séparons pas.

Je me souviens, car j'ai bonne mémoire,
Du premier jour où je te mis.

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Pierre-Jean de BÉRANGER (1780-1857) - Les souvenirs du peuple

Pierre-Jean de BÉRANGER (1780-1857) - Les souvenirs du peuple

On parlera de sa gloire
Sous le chaume bien longtemps.
L'humble toit, dans cinquante ans,
Ne connaîtra plus d'autre histoire.
Là viendront les villageois
Dire alors à quelque vieille
Par des récits d'autrefois,
Mère, abrégez notre veille.
Bien, dit-on, qu'il nous ait nui,
Le peuple encor le révère,
Oui, le révère.
Parlez-nous de lui,...

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Alphonse BEAUREGARD (1881-1924) (Recueil : Les alternances) - Paysage aimé

Alphonse BEAUREGARD (1881-1924) (Recueil : Les alternances) - Paysage aimé

Hanté de souvenirs, l'âme pleine d'images,
Je viens à ta beauté, seul, en pèlerinage,
Pays qui me fus bon.
De gradin en gradin, de pensée en pensée
J'ai gravi le sommet de l'arête dressée
Sur ton vaste horizon.

Et te voici, baignant dans l'or fauve d'octobre,
Pays de mon souhait, vallée aux lignes sobres
Où dort le...

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Alphonse BEAUREGARD (1881-1924) (Recueil : Les forces) - Les joncs

Alphonse BEAUREGARD (1881-1924) (Recueil : Les forces) - Les joncs

Les joncs frémissent à peine
Sous le doux vent échappé
Des champs de trèfle coupé
Dans les lointains escarpés.
Calmes sous la pure haleine,
Les joncs frémissent à peine.

Les joncs penchent mollement
Leur tige au-dessus de l'onde
Qui chante, la vagabonde,
Les pleurs et le deuil du monde.
Quel morne gazouillement
Berce...

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Alphonse BEAUREGARD (1881-1924) (Recueil : Les alternances) - Maison abandonnée

Alphonse BEAUREGARD (1881-1924) (Recueil : Les alternances) - Maison abandonnée

Audacieusement sise à cette hauteur,
Cette maison proprette et d'une vigne ornée
Est au milieu d'un tel déploiement de splendeur
Que l'on devrait, il semble, y trouver le bonheur.
Pourtant elle est abandonnée.

Abandonnée, avec ces champs verts alentour !
Vide, quand on peut voir de toutes ses fenêtres
Des coteaux, des vallons et des coteaux toujours...

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Alphonse BEAUREGARD (1881-1924) (Recueil : Les alternances) - Le lac

Alphonse BEAUREGARD (1881-1924) (Recueil : Les alternances) - Le lac

Aux pieds de trois coteaux habillés de sapins
Gît un lac profond, clair et sage,
Où maintes fois je suis descendu, le matin,
Aspirer la paix qu'il dégage.

Rond et luxuriant, à son centre, un îlot
Ressemble au chaton d'une bague ;
Les arbres alentour, penchés au bord de l'eau,
Y dessinent des formes vagues.

Libre de...

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Alphonse BEAUREGARD (1881-1924) (Recueil : Les alternances) - L'or

Alphonse BEAUREGARD (1881-1924) (Recueil : Les alternances) - L'or

Je suis l'or, simulacre étrange de la vie,
Mode ultime de l'énergie
Que l'homme, prolongeant l'élan primordial,
Conçut pour insuffler une âme subalterne
À la matière qu'il gouverne,
À ses créations de fibre et de métal.

Je circule parmi les rêves
Et ceux que je touche se lèvent
Matérialisés en fantasques moissons
D'oeuvres d'art, de maisons,
De vin clair qui chatoie,

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Alphonse BEAUREGARD (1881-1924) (Recueil : Les alternances) - Blancheur

Alphonse BEAUREGARD (1881-1924) (Recueil : Les alternances) - Blancheur

C'est la neige tourbillonnante
Qui voltige dans l'air, mousseline vivante,
La neige qui s'arma, dans l'extase du froid,
D'une beauté trop loin de la vie et traîtresse.
La neige pleine de caresses,
Si douce au pas quand elle choit.

Ceux-là dont le sang bout dans les veines, les forts,
Devant la blancheur qui s'amasse
Songent aux glissements rapides sur la...

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Christofle de BEAUJEU (1550-x) - Je ne suis plus celui qui sous l'ombre plaisante

Christofle de BEAUJEU (1550-x) - Je ne suis plus celui qui sous l'ombre plaisante

Je ne suis plus celui qui sous l'ombre plaisante
D'un beau rang de sapins, tout seul se promenait,
Un luth dessous son bras, qui doucement sonnait,
Me délivrant d'ennui, et de douleur cuisante :

Mais je suis bien celui qui non tant se contente
A plaidasser ici, heureux qui ne connaît
Procureurs ni procès, ains qui...

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Nérée BEAUCHEMIN (1850-1931) (Recueil : Les floraisons matutinales) - Rayons d'octobre (II)

Nérée BEAUCHEMIN (1850-1931) (Recueil : Les floraisons matutinales) - Rayons d'octobre (II)

À peine les faucheurs ont engrangé les gerbes
Que déjà les chevaux à l'araire attelés
Sillonnent à travers les chardons et les herbes
La friche où juin fera rouler la mer des blés.

Fécondité des champs ! cette glèbe qui fume,
Ce riche et fauve humus, recèle en ses lambeaux
La sève qui nourrit et...

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Nérée BEAUCHEMIN (1850-1931) (Recueil : Les floraisons matutinales) - Rayons d'octobre (I)

Nérée BEAUCHEMIN (1850-1931) (Recueil : Les floraisons matutinales) - Rayons d'octobre (I)

Octobre glorieux sourit à la nature.
On dirait que l'été ranime les buissons.
Un vent frais, que l'odeur des bois fanés sature,
Sur l'herbe et sur les eaux fait courir ses frissons.

Le nuage a semé les horizons moroses,
De ses flocons d'argent. Sur la marge des prés,
Les derniers fruits d'automne, aux reflets verts et...

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Nérée BEAUCHEMIN (1850-1931) (Recueil : Patrie intime) - Le fleuve

Nérée BEAUCHEMIN (1850-1931) (Recueil : Patrie intime) - Le fleuve

Depuis l'âge orageux des aurores premières
Où tout un ciel pleuvait sur un monde naissant,
Suivi d'un infini cortège de rivières,
Au large, à plein chenal, en triomphe, il descend.

Superbe, délivré des ténèbres sauvages
Et des enchantements des noirs Esprits du mal,
Il proclame aux nouveaux soleils de ses rivages,
Son noble nom de saint,...

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Nérée BEAUCHEMIN (1850-1931) (Recueil : Patrie intime) - Crépuscule rustique

Nérée BEAUCHEMIN (1850-1931) (Recueil : Patrie intime) - Crépuscule rustique

La profondeur du ciel occidental s'est teinte
D'un jaune paille mûre et feuillage rouillé,
Et, tant que la lueur claire n'est pas éteinte,
Le regard qui se lève est tout émerveillé.

Les nuances d'or clair semblent toutes nouvelles.
Le champ céleste ondule et se creuse en sillons,
Comme un chaume, où reluit le safran des javelles...

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Charles BAUDELAIRE (1821-1867) (Recueil : Les fleurs du mal) - Le mauvais moine

Charles BAUDELAIRE (1821-1867) (Recueil : Les fleurs du mal) - Le mauvais moine

Les cloîtres anciens sur leurs grandes murailles
Etalaient en tableaux la sainte Vérité,
Dont l'effet, réchauffant les pieuses entrailles,
Tempérait la froideur de leur austérité.

En ces temps où du Christ florissaient les semailles,
Plus d'un illustre moine, aujourd'hui peu cité,
Prenant pour atelier le champ des funérailles,
Glorifiait la Mort avec simplicité.

- Mon...

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Charles BAUDELAIRE (1821-1867) (Recueil : Les fleurs du mal) - La rançon

Charles BAUDELAIRE (1821-1867) (Recueil : Les fleurs du mal) - La rançon

L'homme a, pour payer sa rançon,
Deux champs au tuf profond et riche,
Qu'il faut qu'il remue et défriche
Avec le fer de la raison ;

Pour obtenir la moindre rose,
Pour extorquer quelques épis,
Des pleurs salés de son front gris
Sans cesse il faut qu'il les arrose.

L'un est l'Art, et l'autre l'Amour.
-...

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Charles BAUDELAIRE (1821-1867) (Recueil : Les fleurs du mal) - L'invitation au voyage

Charles BAUDELAIRE (1821-1867) (Recueil : Les fleurs du mal) - L'invitation au voyage

Mon enfant, ma soeur,
Songe à la douceur
D'aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et...

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Charles BAUDELAIRE (1821-1867) (Recueil : Les fleurs du mal) - Élévation

Charles BAUDELAIRE (1821-1867) (Recueil : Les fleurs du mal) - Élévation

Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
Par delà le soleil, par delà les éthers,
Par delà les confins des sphères étoilées,

Mon esprit, tu te meus avec agilité,
Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l'onde,
Tu sillonnes gaiement l'immensité profonde
Avec une indicible et mâle volupté.

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Charles BAUDELAIRE (1821-1867) (Recueil : Les fleurs du mal) - Châtiment de l'orgueil

Charles BAUDELAIRE (1821-1867) (Recueil : Les fleurs du mal) - Châtiment de l'orgueil

En ces temps merveilleux où la Théologie
Fleurit avec le plus de sève et d'énergie
On raconte qu'un jour un docteur des plus grands,
- Après avoir forcé les coeurs indifférents ;
Les avoir remués dans leurs profondeurs noires ;
Après avoir franchi vers les célestes gloires
Des chemins singuliers à lui-même inconnus,
Où les purs Esprits seuls peut-être étaient venus,...

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Henry BATAILLE (1872-1922) - Le beau voyage

Henry BATAILLE (1872-1922) - Le beau voyage

Les trains rêvent dans la rosée, au fond des gares...
Ils rêvent des heures, puis grincent et démarrent...
J'aime ces trains mouillés qui passent dans les champs,
Ces longs convois de marchandises bruissant,
Qui pour la pluie ont mis leurs lourds manteaux de bâches,
Ou qui forment la nuit entière dans les garages...
Et les trains de bestiaux où beuglent...

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Auguste BARBIER (1805-1882) (Recueil : Iambes et Poèmes) - Le spleen

Auguste BARBIER (1805-1882) (Recueil : Iambes et Poèmes) - Le spleen

" C'est moi ; - moi qui, du fond des siècles et des âges,
Fis blanchir le sourcil et la barbe des sages ;
La terre à peine ouverte au soleil souriant,
C'est moi qui, sous le froc des vieux rois d'Orient,
Avec la tête basse et la face pensive,
Du haut de la terrasse et de la tour massive,
Jetai cette clameur...

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Auguste BARBIER (1805-1882) (Recueil : Iambes et Poèmes) - L'idole

Auguste BARBIER (1805-1882) (Recueil : Iambes et Poèmes) - L'idole

Ô Corse à cheveux plats ! que ta France était belle
Au grand soleil de messidor !
C'était une cavale indomptable et rebelle,
Sans frein d'acier ni rênes d'or ;
Une jument sauvage à la croupe rustique,
Fumante encor du sang des rois,
Mais fière, et d'un pied fort heurtant le sol antique,
Libre pour la première fois.
Jamais aucune main n'avait passé...

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Jules BARBEY D'AUREVILLY (1807-1889) (Recueil : Poussières) - Oh ! pourquoi voyager ?

Jules BARBEY D'AUREVILLY (1807-1889) (Recueil : Poussières) - Oh ! pourquoi voyager ?

Oh ! pourquoi voyager ? as-tu dit. C'est que l'âme
Se prend de longs ennuis et partout et toujours ;
C'est qu'il est un désir, ardent comme une flamme,
Qui, nos amours éteints, survit à nos amours !
C'est qu'on est mal ici ! - Comme les hirondelles,
Un vague instinct d'aller nous dévore à mourir ;
C'est qu'à nos coeurs,...

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Théodore de BANVILLE (1823-1891) (Recueil : Les stalactites) - Viens. Sur tes cheveux noirs...

Théodore de BANVILLE (1823-1891) (Recueil : Les stalactites) - Viens. Sur tes cheveux noirs...

Viens. Sur tes cheveux noirs jette un chapeau de paille.
Avant l'heure du bruit, l'heure où chacun travaille,
Allons voir le matin se lever sur les monts
Et cueillir par les prés les fleurs que nous aimons.
Sur les bords de la source aux moires assouplies,
Les nénufars dorés penchent des fleurs pâlies,
Il reste dans les champs et dans...

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Théodore de BANVILLE (1823-1891) (Recueil : Odes funambulesques) - Réalisme

Théodore de BANVILLE (1823-1891) (Recueil : Odes funambulesques) - Réalisme

Grâces, ô vous que suit des yeux dans la nuit brune
Le pâtre qui vous voit, par les rayons de lune,
Bondir sur le tapis folâtre des gazons,
Dans votre vêtement de toutes les saisons !
Et toi qui fais pâmer les fleurs quand tu respires,
Fleur de neige, ô Cypris ! toi, mère des sourires,
Dont le costume ancien, même après fructidor,
Se...

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Théodore de BANVILLE (1823-1891) (Recueil : Odes funambulesques) - Mascarades

Théodore de BANVILLE (1823-1891) (Recueil : Odes funambulesques) - Mascarades

Le Carnaval s'amuse!
Viens le chanter, ma Muse,
En suivant au hasard
Le bon Ronsard !

Et d'abord, sur ta nuque,
En dépit de l'eunuque,
Fais flotter tes cheveux
Libres de noeuds !

Chante ton dithyrambe
En laissant voir ta jambe
Et ton sein arrosé
D'un feu...

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