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POUR LE SUJET: Comment le théâtre permet-il de persuader et d'émouvoir ?
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POUR LE SUJET: Les écrivains écrivent-ils seulement pour amuser ?
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Louis BOUILHET (1822-1869) (Recueil : Dernières chansons) - A ma belle lectrice

Louis BOUILHET (1822-1869) (Recueil : Dernières chansons) - A ma belle lectrice

Oh ! Votre voix sonnait brève, lente ou pressée,
Suivant les passions et les rhythmes divers,
Puis, s'échappant soudain légère et cadencée,
Sautait, comme un oiseau, sur les branches du vers !

Moi - j'écoutais - perdu dans de lointains concerts,
Ma pauvre poésie à vos lèvres bercée :
Heureux de voir glisser mon âme et ma pensée
Dans...

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Robert de BONNIÈRES (1850-1905) (Recueil : Contes à la reine) - En ce temps-là vivaient le Roi Charmant

Robert de BONNIÈRES (1850-1905) (Recueil : Contes à la reine) - En ce temps-là vivaient le Roi Charmant

En ce temps-là vivaient le Roi Charmant,
Serpentin-Vert et Florine ma mie,
Et, dans sa tour, pour cent ans endormie,
Dormait encor la Belle-au-Bois-Dormant.

C'était le temps des palais de féerie,
De l'Oiseau bleu, des Pantoufles de vair,
Des vieux récits dans les longs soirs d'hiver :
Moins...

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Charles BORDES (1711-1781) - Le berger respectueux

Charles BORDES (1711-1781) - Le berger respectueux

Chantons les amours de Lubin,
Nuit et jour il soupire en vain :
Hélas ! sans espérance.
Lise, pourtant, l'aime en secret ;
Mais il l'ignore, et n'oserait
Parler de sa, parler de sa,
Parler de sa constance.

Content d'admirer ses attraits,
Il n'ose approcher de trop près,
Tant Lubin est honnête :
Il croit, sans...

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Nicolas BOILEAU (1636-1711) (Recueil : L'art poétique) - Tout doit tendre au bon sens...

Nicolas BOILEAU (1636-1711) (Recueil : L'art poétique) - Tout doit tendre au bon sens...

Tout doit tendre au bon sens : mais, pour y parvenir,
Le chemin est glissant et pénible à tenir ;
Pour peu qu'on s'en écarte, aussitôt l'on se noie.
La raison pour marcher n'a souvent qu'une voie.

Un auteur quelquefois trop plein de son objet
Jamais sans l'épuiser n'abandonne un sujet.
S'il rencontre un palais, il m'en...

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Nicolas BOILEAU (1636-1711) (Recueil : Epîtres) - A M. l'abbé Des Roches

Nicolas BOILEAU (1636-1711) (Recueil : Epîtres) - A M. l'abbé Des Roches

A quoi bon réveiller mes muses endormies,
Pour tracer aux auteurs des règles ennemies ?
Penses-tu qu'aucun d'eux veuille subir mes lois,
Ni suivre une raison qui parle par ma voix ?
O le plaisant docteur, qui, sur les pas d'Horace,
Vient prêcher, diront-ils, la réforme au Parnasse.
Nos écrits sont mauvais ; les siens valent-ils mieux ?
J'entends déjà...

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Flaminio de BIRAGUE (1550-x) - Complainte

Flaminio de BIRAGUE (1550-x) - Complainte

Vous de moi tant aimés, ô déserts solitaires
Où j'ai souvent sans fruit semé mes tristes voix,
Soyez, je vous supplie, encore cette fois
De mes derniers sanglots les loyaux secrétaires.

Et toi, fille de l'air, ô Écho forestière,
Ne réponds plus au son de mes tristes regrets,
Et vous aussi, courriers de mes ennuis secrets,
Zéphirs, n'éventez...

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Flaminio de BIRAGUE (1550-x) - C'était au jour piteux que la troupe sacrée

Flaminio de BIRAGUE (1550-x) - C'était au jour piteux que la troupe sacrée

C'était au jour piteux que la troupe sacrée
Des morts en Jésus-Christ avait trêve et repos,
Gisant sous la froideur du cercueil en dépôt,
Quand de maint Requiem leur âme est honorée.

Lors au dur souvenir de la seconde année
Que mon coeur est défunt, pour s'être vu forclos
D'un oeil en...

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Aloysius BERTRAND (1807-1841) (Recueil : Gaspard de la nuit) - La Tour de Nesle

Aloysius BERTRAND (1807-1841) (Recueil : Gaspard de la nuit) - La Tour de Nesle

- " Valet de trèfle ! " - " Dame de pique ! de gagne ! " -
Et le soudard qui perdait envoya d'un coup de poing sur
la table son enjeu au plancher.

Mais alors messire Hugues, le prévôt, cracha dans le bra-
sier de fer avec la grimace d'un cagou qui a...

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Aloysius BERTRAND (1807-1841) (Recueil : Gaspard de la nuit) - La viole de Gamba

Aloysius BERTRAND (1807-1841) (Recueil : Gaspard de la nuit) - La viole de Gamba

Le maître de chapelle eut à peine interrogé de l'ar-
chetla viole bourdonnante, qu'elle lui répondit par un
gargouillement burlesque de lazzi et de roulades,
comme si elle eût eu au ventre une indigestion de
Comédie Italienne.

C'était d'abord la duègne Barbara qui grondait cet
imbécile de Pierrot d'avoir, le maladroit, laissé

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Aloysius BERTRAND (1807-1841) (Recueil : Gaspard de la nuit) - Le bibliophile

Aloysius BERTRAND (1807-1841) (Recueil : Gaspard de la nuit) - Le bibliophile

Ce n'était pas quelque tableau de l'école flamande, un
David-Téniers, un Breughel d'Enfer, enfumé à n'y pas
voir le diable.

C'était un manuscrit rongé des rats par les bords, d'une
écriture toute enchevêtrée, et d'une encre bleue et rouge.

- " Je soupçonne l'auteur, dit le Bibliophile, d'avoir
écu vers la fin...

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Aloysius BERTRAND (1807-1841) (Recueil : Gaspard de la nuit) - Le fou

Aloysius BERTRAND (1807-1841) (Recueil : Gaspard de la nuit) - Le fou

La lune peignait ses cheveux avec un démêloir d'ébène
qui argentait d'une pluie de vers luisants les collines,
les prés et les bois.

Scarbo, gnome dont les trésors foisonnent, vannait sur
mon toit, au cri de la girouette, ducats et florins qui
sautaient en cadence, les pièces fausses jonchant la rue.

Comme...

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Aloysius BERTRAND (1807-1841) (Recueil : Gaspard de la nuit) - La salamandre

Aloysius BERTRAND (1807-1841) (Recueil : Gaspard de la nuit) - La salamandre

- " Grillon, mon ami, es-tu mort, que tu demeures sourd
au bruit de mon sifflet, et aveugle à la lueur de
l'incendie ? "

Et le grillon, quelque affectueuses que fussent les
paroles de la salamandre, ne répondait point, soit qu'il
dormît d'un magique sommeil, ou bien soit qu'il eût
fantaisie de bouder.

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Aloysius BERTRAND (1807-1841) (Recueil : Gaspard de la nuit) - Départ pour le sabbat

Aloysius BERTRAND (1807-1841) (Recueil : Gaspard de la nuit) - Départ pour le sabbat

Ils étaient là une douzaine qui mangeaient la soupe
à la bière, et chacun d'eux avait pour cuillère l'os
de l'avant-bras d'un mort.

La cheminée était rouge de braise, les chandelles
champignonnaient dans la fumée, et les assiettes
exhalaient une odeur de fosse au printemps.

Et lorsque Maribas riait ou...

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Antoine de BERTIN (1752-1790) - Élégie

Antoine de BERTIN (1752-1790) - Élégie

(fragment)

Ô tristesse ! ô regrets ! ô jours de mon enfance,
Hélas ! un sort plus doux m'était alors promis.
Né dans ces beaux climats et sous les cieux amis
Qu'au sein des mers de l'Inde embrase le tropique,
Elevé dans l'orgueil du luxe asiatique,
La pourpre, le satin, ces cotons précieux
Que lave aux bords du Gange...

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Pierre-Jean de BÉRANGER (1780-1857) - Mon habit

Pierre-Jean de BÉRANGER (1780-1857) - Mon habit

Sois-moi fidèle, ô pauvre habit que j'aime !
Ensemble nous devenons vieux.
Depuis dix ans, je te brosse moi-même,
Et Socrate n'eut pas fait mieux.
Quand le sort à ta mince étoffe
Livrerait de nouveaux combats,
Imite-moi, résiste en philosophe :
Mon vieil ami, ne nous séparons pas.

Je me souviens, car j'ai bonne mémoire,
Du premier jour où je te mis.

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Pierre-Jean de BÉRANGER (1780-1857) - Les souvenirs du peuple

Pierre-Jean de BÉRANGER (1780-1857) - Les souvenirs du peuple

On parlera de sa gloire
Sous le chaume bien longtemps.
L'humble toit, dans cinquante ans,
Ne connaîtra plus d'autre histoire.
Là viendront les villageois
Dire alors à quelque vieille
Par des récits d'autrefois,
Mère, abrégez notre veille.
Bien, dit-on, qu'il nous ait nui,
Le peuple encor le révère,
Oui, le révère.
Parlez-nous de lui,...

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Pierre-Jean de BÉRANGER (1780-1857) - Le roi d'Yvetot

Pierre-Jean de BÉRANGER (1780-1857) - Le roi d'Yvetot

Mai 1813


Il était un roi d'Yvetot
Peu connu dans l'histoire ;
Se levant tard, se couchant tôt,
Dormant fort bien sans gloire,
Et couronné par Jeanneton
D'un simple bonnet de coton,
Dit-on.
Oh ! oh ! oh ! oh ! ah ! ah ! ah ! ah !
Quel bon petit roi...

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Isaac de BENSERADE (1613-1691) - Madame, je vous donne un oiseau pour étrenne

Isaac de BENSERADE (1613-1691) - Madame, je vous donne un oiseau pour étrenne

Sonnet

Madame, je vous donne un oiseau pour étrenne
Duquel on ne saurait estimer la valeur ;
S'il vous vient quelque ennui, maladie ou douleur,
Il vous rendra soudain à votre aise et bien saine.

Il n'est mal d'estomac, colique ni migraine
Qu'il ne puisse guérir, mais sur tout il...

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Rémy BELLEAU (1528-1577) (Recueil : Les Pierres Précieuses) - La pierre aqueuse

Rémy BELLEAU (1528-1577) (Recueil : Les Pierres Précieuses) - La pierre aqueuse

C'était une belle brune
Filant au clair de la lune,
Qui laissa choir son fuseau
Sur le bord d'une fontaine,
Mais courant après sa laine
Plongea la tête dans l'eau,

Et se noya la pauvrette
Car à sa voix trop faiblette
Nul son désastre sentit,
Puis assez loin ses compagnes

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Alphonse BEAUREGARD (1881-1924) (Recueil : Les alternances) - Le val

Alphonse BEAUREGARD (1881-1924) (Recueil : Les alternances) - Le val

Je connais, dans les Apalaches,
Un val séduisant qui se cache
Comme un rêve ingénu ;
Un val aux pentes fantaisistes
Où se promène, dans les schistes,
Un ruisseau bienvenu.

Quand, brusquement, on le découvre
C'est un avenir clair qui s'ouvre,
Un sourire enjôleur
À quoi l'âme n'était pas prête,
On subit le charme, on s'arrête
À l'offre de...

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Alphonse BEAUREGARD (1881-1924) (Recueil : Les alternances) - L'or

Alphonse BEAUREGARD (1881-1924) (Recueil : Les alternances) - L'or

Je suis l'or, simulacre étrange de la vie,
Mode ultime de l'énergie
Que l'homme, prolongeant l'élan primordial,
Conçut pour insuffler une âme subalterne
À la matière qu'il gouverne,
À ses créations de fibre et de métal.

Je circule parmi les rêves
Et ceux que je touche se lèvent
Matérialisés en fantasques moissons
D'oeuvres d'art, de maisons,
De vin clair qui chatoie,

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Alphonse BEAUREGARD (1881-1924) (Recueil : Les forces) - L'éternel féminin

Alphonse BEAUREGARD (1881-1924) (Recueil : Les forces) - L'éternel féminin

La montagne portait sa robe d'or bruni,
Or fragile tombant, feuille à feuille, des branches,
Dans le chemin, parmi la foule du dimanche,
Sur les sentiers ombreux et le gazon terni.

Reposés de leur course à travers l'infini,
Et doux, comme l'émoi d'une âme qui s'épanche,
Les rayons du soleil d'octobre, en nappes blanches
Sur...

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Christofle de BEAUJEU (1550-x) - Une belle lingère, au son de mes soupirs

Christofle de BEAUJEU (1550-x) - Une belle lingère, au son de mes soupirs

Une belle lingère, au son de mes soupirs
Cruelle, allait taillant de linoupe une fraise.
Je mourais de désir, elle était à son aise
De m'ouïr soupirer et avaler mes cris.

Je lui disais ainsi : " Lingère qui m'as pris,
Lingère qui me fais du sein une fournaise,
Éteins ce feu ardent...

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Christofle de BEAUJEU (1550-x) - Tu as beau me baiser, inconstante meurtrière

Christofle de BEAUJEU (1550-x) - Tu as beau me baiser, inconstante meurtrière

Tu as beau me baiser, inconstante meurtrière,
Si j'oublie les mots que j'endure pour toi,
J'en suis si indigné quand je m'en ramentois
Que toujours je voudrais que tu me fusses fière.

Je voudrais que toujours ta rigueur fût entière,
Et que toujours ton feu s'irritât contre moi,
Afin que l'on connût plus clairement...

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Christofle de BEAUJEU (1550-x) - Source de mes pleurs, arrêtez

Christofle de BEAUJEU (1550-x) - Source de mes pleurs, arrêtez

Source de mes pleurs, arrêtez
En ce lieu votre vite course,
Pour ouïr chanter les beautés
D'une qui est devenue Ourse,
Que les Dieux punissant ainsi
Ont mise en ce rocher ici.

Je veux aussi mon mal chanter,
Où toujours plus constant je dure,
Voulant désormais habiter
Auprès de cette roche dure,
Où ma maîtresse...

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