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POUR LE SUJET: Comment le théâtre permet-il de persuader et d'émouvoir ?
TAPEZ LES MOTS-CLES: théâtre persuader ou théâtre émouvoir

POUR LE SUJET: Les écrivains écrivent-ils seulement pour amuser ?
TAPEZ LES MOTS-CLES: écrivains amuser
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Camus, La Peste.

Camus, La Peste. Rieux marchait toujours. À mesure qu'il avançait, la foule grossissait autour de lui, le vacarme s'enflait et il lui semblait que les faubourgs, qu'il voulait atteindre, reculaient d'autant. Peu à peu, il se fondait dans ce grand corps hurlant dont il comprenait de mieux en mieux le cri qui, pour une part au moins, était son cri. Oui, tous avaient souffert ensemble, autant dans leur chair que dans leur crâne, d'une vacance difficile,...

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Albert Camus, Le Mythe de Sisyphe

Albert Camus, Le Mythe de Sisyphe Il arrive que les décors s'écroulent. Lever, tramway, quatre heures de bureau ou d'usine, repas, sommeil et lundi mardi mercredi jeudi vendredi et samedi sur le même rythme, cette route se suit aisément la plupart du temps. Un jour seulement, le "pourquoi" s'élève et tout commence dans cette lassitude teintée d'étonnement. "Commence", ceci c'est important. La lassitude est à la fin des actes d'une vie machinale, mais elle inaugure en...

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Flaubert, L'éducation sentimentale.

Flaubert, L'éducation sentimentale. Mme Arnoux s'était avancée dans l'antichambre; Dittmer et Hussonnet la saluaient, elle leur tendit la main; elle la tendit également à Frédéric; et il éprouva comme une pénétration à tous les atomes de sa peau. Il quitta ses amis ; il avait besoin d'être seul. Son coeur débordait. Pourquoi cette main offerte? Était-ce un geste irréfléchi ou un encouragement? « Allons donc! je suis fou! » Qu'importait d'ailleurs, puisqu'il pouvait maintenant la fréquenter...

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Julien Gracq, Lettrines 2

Julien Gracq, Lettrines 2 Villages d'Amérique : lotissements gazonnés, ombreux et verdoyants, où le bornage remplace la clôture; maisonnettes de bois éparses sous les branches et posées sur le sol précairement. Rien n'est enraciné : c'est une maquette de « village fleuri » comme on en voit dans les vitrines des agences; si on soufflait dessus, tout s'envolerait, il ne resterait que les arbres, plus vieux que les murs qu'ils ont fournis. Petites églises blanches et...

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Eugène Ionesco, La Leçon.

Eugène Ionesco, La Leçon. LE PROFESSEUR - Toute langue, Mademoiselle, sachez-le, souvenez-vous-en jusqu'à l'heure de votre mort... L'ELEVE - Oh ! Oui, Monsieur, jusqu'à l'heure de ma mort... Oui, Monsieur... LE PROFESSEUR - ...et ceci est encore un principe fondamental, toute langue n'est en somme qu'un langage, ce qui implique nécessairement qu'elle se compose de sons, ou... L'ELEVE - Phonèmes... LE PROFESSEUR - J'allais vous le dire. N'étalez donc pas votre savoir. Ecoutez, plutôt. L'ELEVE - Bien, Monsieur. Oui, Monsieur. LE PROFESSEUR...

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Laclos, Les Liaisons dangereuses, Lettre LVI

Laclos, Les Liaisons dangereuses, Lettre LVI De la Présidente Tourvel au Vicomte de Valmont 5 septembre 17**. A quoi vous servirait, Monsieur, la réponse que vous me demandez ? Croire à vos sentiments ; ne serait-ce pas une raison de plus pour les craindre ? et sans attaquer ni défendre leur sincérité, ne me suffit-il pas, ne doit-il pas vous suffire à vous-même, de savoir que je ne veux ni ne dois y répondre ? Supposé que vous m'aimiez...

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Montesquieu, Lettres persanes - Lettre 11

Montesquieu, Lettres persanes - Lettre 11 USBEK A MIRZA. A Ispahan. Tu renonces à ta raison pour essayer la mienne; tu descends jusqu'à me consulter; tu me crois capable de t'instruire. Mon cher Mirza, il y a une chose qui me flatte encore plus que la bonne opinion que tu as conçue de moi: c'est ton amitié, qui me la procure. Pour remplir ce que tu me prescris, je n'ai...

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Gabriel-Joseph de Guilleragues, Lettres portugaises, Lettre I.

Gabriel-Joseph de Guilleragues, Lettres portugaises, Lettre I. Hélas ! votre dernière lettre le réduisit en un étrange état : il eut des mouvements si sensibles qu'il fit, ce semble, des efforts pour se séparer de moi, et pour vous aller trouver : Je fus si accablée de toutes ces émotions violentes, que je demeurai plus de trois heures abandonnée de tous mes sens : je me défendis de revenir à une vie que je dois...

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Gabriel-Joseph de Guilleragues, Lettres portugaises, Lettre II.

Gabriel-Joseph de Guilleragues, Lettres portugaises, Lettre II. Ah ! vous allez vous rendre malheureux ; je vous conjure de profiter de l'état où je suis, et qu'au moins ce que je souffre pour vous, ne vous soit pas inutile ? Vous me fîtes, il y a cinq ou six mois, une fâcheuse confidence, et vous m'avouâtes de trop bonne foi que vous aviez aimé une Dame en votre Pays : si elle vous empêche de revenir,...

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Voltaire, Dialogue du chapon et de la poularde (1763)

Voltaire, Dialogue du chapon et de la poularde (1763) LE CHAPON. C'est leur coutume; ils nous mettent en prison pendant quelques jours, nous font avaler une pâtée dont ils ont le secret, nous crèvent les yeux pour que nous n'ayons point de distraction; enfin, le jour de la fête étant venu, ils nous arrachent les plumes, nous coupent la gorge, et nous font rôtir. On nous apporte devant eux dans une large pièce d'argent; chacun dit de...

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Alfred De Musset, On ne badine pas avec l'amour, Acte I, scène 1

Alfred De Musset, On ne badine pas avec l'amour, Acte I, scène 1 Le choeur. Doucement bercé sur sa mule fringante, messer Blazius s'avance dans les bluets fleuris, vêtu de neuf, l'écritoire au côté. Comme un poupon sur l'oreiller, il se ballotte sur son ventre rebondi, et, les yeux à demi fermés, il marmotte un Pater noster dans son triple menton. Salut, maître Blazius, vous arrivez au temps de la vendange, pareil à une amphore antique. Maître...

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Thomas More, L'Utopie, Livre second, Des arts et métiers

Thomas More, L'Utopie, Livre second, Des arts et métiers Chacun est libre d'occuper à sa guise les heures comprises entre le travail, le sommeil et le repas - non pour les gâcher dans les excès de la paresse, mais afin que tous, libérés de leur métier, puissent s'adonner à quelque bonne occupation de leur choix. la plupart consacrent les heures de loisirs à l'étude. Chaque jour en effet des leçons accessibles à tous ont lieu avant...

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Victor Hugo, Le Dernier jour d'un condamné.

Victor Hugo, Le Dernier jour d'un condamné. III Condamné à mort ! Eh bien, pourquoi non ? Les hommes, je me rappelle l'avoir lu dans je ne sais quel livre où il n'y avait que cela de bon, les hommes sont tous condamnés à mort avec des sursis indéfinis. Qu'y a-t-il donc de si changé à ma situation ? ...

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Victor Hugo, Le Dernier jour d'un condamné.

Victor Hugo, Le Dernier jour d'un condamné. V À peine arrivé, des mains de fer s'emparèrent de moi. On multiplia les précautions ; point de couteau, point de fourchette pour mes repas, la camisole de force, une espèce de sac de toile à voilure, emprisonna mes bras ; on répondait de ma vie. Je m'étais pourvu en cassation. On pouvait avoir pour six ou sept...

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Victor Hugo, Le Dernier jour d'un condamné.

Victor Hugo, Le Dernier jour d'un condamné. VII Que ce que j'écris ici puisse être un jour utile à d'autres, que cela arrête le juge prêt à juger, que cela sauve des malheureux, innocents ou coupables, de l'agonie à laquelle je suis condamné, pourquoi ? à quoi bon ? qu'importe ? Quand ma tête aura été coupée, qu'est-ce que cela me fait qu'on en coupe...

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Victor Hugo, Le Dernier jour d'un condamné.

Victor Hugo, Le Dernier jour d'un condamné. IX Je viens de faire mon testament. À quoi bon ? Je suis condamné aux frais, et tout ce que j'ai y suffira à peine. La guillotine, c'est fort cher. Je laisse une mère, je laisse une femme, je laisse un enfant. Une...

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Victor Hugo, Le Dernier jour d'un condamné, XIV

Victor Hugo, Le Dernier jour d'un condamné, XIV Quand je revins à moi, il était nuit. J'étais couché dans un grabat ; une lanterne qui vacillait au plafond me fit voir d'autres grabats alignés des deux côtés du mien. Je compris qu'on m'avait transporté à l'infirmerie. Je restai quelques instants éveillé, mais sans pensée et sans souvenir, tout entier au...

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Molière, Le Misanthrope, Acte IV Scène III (Passion et Jalousie).

Molière, Le Misanthrope, Acte IV Scène III (Passion et Jalousie). Alceste 1371. Ciel ! rien de plus cruel peut-il être inventé ? 1372. Et jamais coeur fut-il de la sorte traité ? 1373. Quoi ? d'un juste courroux je suis ému contre elle, 1374. C'est moi qui me viens plaindre, et c'est moi qu'on querelle ! 1375. On pousse ma douleur et mes soupçons à bout, 1376. On me laisse tout croire, on fait gloire de tout ; 1377. Et cependant mon coeur...

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Molière, Le Misanthrope, Extrait de l'acte V, scène 4

Molière, Le Misanthrope, Extrait de l'acte V, scène 4 Alceste. Oui, je veux bien, perfide, oublier vos forfaits ; j'en saurai, dans mon âme, excuser tous les traits, et me les couvrirai du nom d' une foiblesse où le vice du temps porte votre jeunesse, pourvu que votre coeur veuille donner les mains au dessein que j'ai fait de fuir tous les humains, et que dans mon désert, où j'ai fait voeu de vivre, vous soyez, sans tarder, résolue à me suivre : c'est par...

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Laclos, Les Liaisons dangereuses, lettre CV

Laclos, Les Liaisons dangereuses, lettre CV LA MARQUISE DE MERTEUIL A CECILE VOLANGES Hé bien! Petite, vous voilà donc bien fâchée, bien honteuse, et ce M. de Valmont est un méchant homme, n'est-ce pas? Comment! il ose vous traiter comme la femme qu'il aimerait le mieux! Il vous apprend ce que vous mouriez d'envie de savoir! En vérité, ces procédés-là sont impardonnables. Et vous, de votre côté, vous voulez garder votre sagesse pour votre Amant...

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Laclos, Les Liaisons dangereuses, lettre CXXXVII

Laclos, Les Liaisons dangereuses, lettre CXXXVII LE VICOMTE DE VALMONT A LA PRESIDENTE DE TOURVEL On vient seulement, Madame, de me rendre votre Lettre; j'ai frémi en la lisant, et elle me laisse à peine la force d'y répondre. Quelle affreuse idée avez-vous donc de moi! Ah! sans doute, j'ai des torts; et tels que je ne me les pardonnerai de ma vie, quand même vous les couvririez de votre indulgence. Mais que ceux que...

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Laclos, Les Liaisons dangereuses, lettre CLII

Laclos, Les Liaisons dangereuses, lettre CLII LA MARQUISE DE MERTEUIL AU VICOMTE DE VALMONT Prenez donc garde, Vicomte, et ménagez davantage mon extrême timidité! Comment voulez-vous que je supporte l'idée accablante d'encourir votre indignation, et surtout que je ne succombe pas à la crainte de votre vengeance? d'autant que, comme vous savez, si vous me faisiez une noirceur, il me serait impossible de vous la rendre. J'aurais beau parler, votre existence n'en serait ni moins...

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Émile Zola, L'Assommoir, chapitre VIII. (Les camaros)

Émile Zola, L'Assommoir, chapitre VIII. (Les camaros) Lorsque vint l'heure du déjeuner, Coupeau eut une idée, il tapa des pieds, en criant : "Faut aller prendre Bec-Salé. Je sais où il travaille... Nous l'emmènerons manger des pieds à la poulette chez la mère Louis." L'idée fut acclamée. Oui, Bec-Salé, dit Boit-sans-Soif, devait avoir besoin de manger des pieds à la poulette. Ils partirent. Les rues étaient jaunes, une petite pluie tombait ; mais ils avaient...

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Michel Tournier, La goutte d'or.

Michel Tournier, La goutte d'or. Tu peux la regarder, tiens, cette photo ! C'est sans doute la seule photo existant à Tabelbala. Il y avait bien celle de Mustapha qui était allé en voyage de noces à Alger. Il s'était fait photographier avec sa femme. Mais je crois bien que la photo a disparu. C'est peut-être la belle-mère qui l'a brûlée. Les vieux n'aiment pas trop les photos ici. Ils croient qu'une photo, ça porte malheur....

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Molière, Amphitryon, Acte I, scène 1

Molière, Amphitryon, Acte I, scène 1 Sosie. (…) Je dois aux yeux d'Alcmène un portrait1 militaire Du grand combat qui met nos ennemis à bas ; Mais comment diantre le faire, Si je ne m' y trouvai pas ? N'importe, parlons-en et d'estoc et de taille, Comme oculaire témoin : Combien de gens font-ils des récits de bataille Dont ils se sont tenus loin ? Pour jouer mon rôle sans peine, Je le veux un peu repasser. Voici la chambre où j'entre en courrier2 que l'on mène, Et...

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