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POUR LE SUJET: Comment le théâtre permet-il de persuader et d'émouvoir ?
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POUR LE SUJET: Les écrivains écrivent-ils seulement pour amuser ?
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François COPPÉE (1842-1908) (Recueil : Le Reliquaire) - Le lis

François COPPÉE (1842-1908) (Recueil : Le Reliquaire) - Le lis

Hors du coffret de laque aux clous d'argent, parmi
Les fleurs du tapis jaune aux nuances calmées,
Le riche et lourd collier qu'agrafent deux camées,
Ruisselle et se répand sur la table à demi.

Un oblique rayon l'atteint. L'or a frémi.
L'étincelle s'attache aux perles parsemées,
Et midi darde moins de flèches enflammées
Sur le...

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Jean-Baptiste CLEMENT (1837-1903) - Le temps des cerises

Jean-Baptiste CLEMENT (1837-1903) - Le temps des cerises

Quand nous en serons au temps des cerises,
Et gai rossignol et merle moqueur
Seront tous en fête.
Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux du soleil au coeur.
Quand nous en serons au temps des cerises,
Sifflera bien mieux le merle moqueur.

Mais il est bien court, le temps des cerises,
Où l'on s'en va deux cueillir en...

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Louis BOUILHET (1822-1869) (Recueil : Dernières chansons) - La pluie venue du Mont Ki-Chan

Louis BOUILHET (1822-1869) (Recueil : Dernières chansons) - La pluie venue du Mont Ki-Chan

(Song-Tchi-Ouen)

Le vent avait chassé la pluie aux larges gouttes,
Le soleil s'étalait, radieux, dans les airs,
Et les bois, secouant la fraîcheur de leurs voûtes,
Semblaient, par les vallons, plus touffus et plus verts !

Je montai jusqu'au temple accroché sur l'abîme ;
Un bonze m'accueillit, un bonze aux yeux baissés.
Là,...

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Nicolas BOILEAU (1636-1711) (Recueil : Epîtres) - À mon jardinier

Nicolas BOILEAU (1636-1711) (Recueil : Epîtres) - À mon jardinier

Laborieux valet du plus commode maître
Qui pour te rendre heureux ici-bas pouvait naître,
Antoine, gouverneur de mon jardin d'Auteuil,
Qui diriges chez moi l'if et le chèvrefeuil,
Et sur mes espaliers, industrieux génie,
Sais si bien exercer l'art de La Quintinie ;
Ô ! que de mon esprit triste et mal ordonné,
Ainsi que de ce champ par toi si bien orné.
Ne...

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Nicolas BOILEAU (1636-1711) (Recueil : Satires) - A M. l'abbé Le Vayer

Nicolas BOILEAU (1636-1711) (Recueil : Satires) - A M. l'abbé Le Vayer

D'où vient, cher Le Vayer, que l'homme le moins sage
Croit toujours seul avoir la sagesse en partage,
Et qu'il n'est point de fou, qui, par belles raisons,
Ne loge son voisin aux Petites-Maisons ?
Un pédant enivré de sa vaine science,
Tout hérissé de grec, tout bouffi d'arrogance,
Et qui, de mille auteurs retenus mot pour mot,
Dans sa tête entassés,...

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Aloysius BERTRAND (1807-1841) (Recueil : Gaspard de la nuit) - La ronde sous la cloche

Aloysius BERTRAND (1807-1841) (Recueil : Gaspard de la nuit) - La ronde sous la cloche

Douze magiciens dansaient une ronde sous la grosse cloche
de Saint-Jean. Ils évoquèrent l'orage l'un après l'autre,
et du fond de mon lit je comptai avec épouvante douze
voix qui traversèrent processionnellement les ténèbres.

Aussitôt la lune courut se cacher derrière les nuées,
et une pluie mêlée d'éclairs et de tourbillons fouetta

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Aloysius BERTRAND (1807-1841) (Recueil : Gaspard de la nuit) - Encore un printemps

Aloysius BERTRAND (1807-1841) (Recueil : Gaspard de la nuit) - Encore un printemps

Encore un printemps, - encore une goutte de rosée, qui
se bercera un moment dans mon calice amer, et qui s'en
échappera comme une larme !

Ô ma jeunesse, tes joies ont été glacées par les baisers
du temps, mais tes douleurs ont survécu au temps qu'elles
ont étouffé sur leur sein.

Et vous...

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Aloysius BERTRAND (1807-1841) (Recueil : Gaspard de la nuit) - Harlem

Aloysius BERTRAND (1807-1841) (Recueil : Gaspard de la nuit) - Harlem

Harlem, cette admirable bambochade qui résume l'école
flamande, Harlem peint par Jean-Breughel, Peeter-Neef,
David-Téniers et Paul Rembrandt.

Et le canal où l'eau bleue tremble, et l'église où le
vitrage d'or flamboie, et le stoël* où sèche le linge
au soleil, et les toits, verts de houblon.

Et les cigognes qui battent des ailes...

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Rémy BELLEAU (1528-1577) (Recueil : Les Pierres Précieuses) - La pierre aqueuse

Rémy BELLEAU (1528-1577) (Recueil : Les Pierres Précieuses) - La pierre aqueuse

C'était une belle brune
Filant au clair de la lune,
Qui laissa choir son fuseau
Sur le bord d'une fontaine,
Mais courant après sa laine
Plongea la tête dans l'eau,

Et se noya la pauvrette
Car à sa voix trop faiblette
Nul son désastre sentit,
Puis assez loin ses compagnes

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Nérée BEAUCHEMIN (1850-1931) (Recueil : Patrie intime) - Le vieux parler

Nérée BEAUCHEMIN (1850-1931) (Recueil : Patrie intime) - Le vieux parler

Si je le parle, à coeur de jour,
Au pays, avec les miens, comme
Au grand siècle tout gentilhomme
Le parlait aux abbés de cour,
C'est... Ains seulement par amour.

Ce français vieillot qu'on dédaigne,
Il est natif d'un haut Poitou
Et d'un lointain Paris itou.
Ces termes, que le chaume enseigne,

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Charles BAUDELAIRE (1821-1867) (Recueil : Poèmes divers) - Tous imberbes alors, sur les vieux bancs de chêne

Charles BAUDELAIRE (1821-1867) (Recueil : Poèmes divers) - Tous imberbes alors, sur les vieux bancs de chêne

Tous imberbes alors, sur les vieux bancs de chêne
Plus polis et luisants que des anneaux de chaîne,
Que, jour à jour, la peau des hommes a fourbis,
Nous traînions tristement nos ennuis, accroupis
Et voûtés sous le ciel carré des solitudes,
Où l'enfant boit, dix ans, l'âpre lait des études.

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Charles BAUDELAIRE (1821-1867) (Recueil : Les fleurs du mal) - La servante au grand coeur dont vous étiez jalouse

Charles BAUDELAIRE (1821-1867) (Recueil : Les fleurs du mal) - La servante au grand coeur dont vous étiez jalouse

La servante au grand coeur dont vous étiez jalouse,
Et qui dort son sommeil sous une humble pelouse,
Nous devrions pourtant lui porter quelques fleurs.
Les morts, les pauvres morts, ont de grandes douleurs,
Et quand Octobre souffle, émondeur des vieux arbres,
Son vent mélancolique à l'entour de leurs marbres,
Certe, ils doivent trouver les...

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Jules BARBEY D'AUREVILLY (1807-1889) (Recueil : Poussières) - L'échanson

Jules BARBEY D'AUREVILLY (1807-1889) (Recueil : Poussières) - L'échanson

A Clary.

Tu ne sais pas, Clary, quand, heureuse, ravie,
Tu me tends ton épaule et ton front tour à tour,
Que dans la double coupe où je puise la vie
Il est un autre goût que celui de l'amour...
Ô ma chère Clary, tu ne sais pas sans doute
Qu'il est derrière nous un funèbre Échanson
Dont la main doit...

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Jean-Antoine de BAÏF (1532-1589) (Recueil : Amours de Méline) - Durant l'esté, par le vergier grillé

Jean-Antoine de BAÏF (1532-1589) (Recueil : Amours de Méline) - Durant l'esté, par le vergier grillé

Durant l'esté, par le vergier grillé,
Les tendres fleurs sous la nuit blandissante
Vont redressant leur tresse fanissante,
Qui ja pleuroyt son honneur depouillé.

D'amour ainsi mon esprit travaillé,
Qui ja quittoyt ma vie languissante,
Reprit vigueur par la force puissante
Du restaurant qu'ores tu m'as baillé.
...

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Théodore Agrippa d' AUBIGNÉ (1552-1630) (Recueil : Stances) - Mais quoi ! déjà les Cieux s'accordent à pleurer

Théodore Agrippa d' AUBIGNÉ (1552-1630) (Recueil : Stances) - Mais quoi ! déjà les Cieux s'accordent à pleurer

... Mais quoi ! déjà les Cieux s'accordent à pleurer,
Le soleil s'obscurcit, une amère rosée
Vient de gouttes de fiel la terre énamourer,
D'un crêpe noir la lune en gémit déguisée,
Et tout pour mon amour veut ma mort honorer.

Au plus haut du midi, des étoiles les...

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Félix ARVERS (1806-1850) (Recueil : Mes heures perdues) - Ospitalita

Félix ARVERS (1806-1850) (Recueil : Mes heures perdues) - Ospitalita

Dans des vers immortels que vous savez sans doute,
Dante acceptant d'un prince et le toit et l'appui,
Des chagrins de l'exil abreuvé goutte à goutte,
Nous a montré son coeur tout plein d'un sombre ennui ;
Et combien est amer, pour celui qui le goûte,
Le pain de l'étranger, et tout ce qu'il en coûte
De monter et descendre à l'escalier d'autrui...
Moi,...

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Gaston COUTÉ (1880-1911) - La rose de l'absent

Gaston COUTÉ (1880-1911) - La rose de l'absent

(Légende du Moyen Age)

Le beau chevalier était à la guerre...
Le beau chevalier avait dit adieu
A sa dame aimée, Anne de Beaucaire
Aux yeux plus profonds que le grand ciel bleu.

Le beau chevalier, à genoux près d'elle,
Avait soupiré, lui baisant la main :
" Je suis tout à vous ! soyez-moi fidèle...

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Jacques DELILLE (1738-1813) - Le café

Jacques DELILLE (1738-1813) - Le café

Il est une liqueur, au poëte plus chère,
Qui manquait à Virgile, et qu'adorait Voltaire ;
C'est toi, divin café, dont l'aimable liqueur
Sans altérer la tête épanouit le coeur.
Aussi, quand mon palais est émoussé par l'âge,
Avec plaisir encor je goûte ton breuvage.
Que j'aime à préparer ton nectar précieux !
Nul n'usurpe chez moi ce soin délicieux.
Sur le réchaud brûlant moi seul tournant...

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Claude-Joseph DORAT (1734-1780) (Recueil : Les baisers) - Les baisers comptés

Claude-Joseph DORAT (1734-1780) (Recueil : Les baisers) - Les baisers comptés

Sous ces tilleuls qui nous prêtent leur ombre,
Tu me promis cent baisers l'autre jour ;
Tu me les a donnés, mais sans passer leur nombre,
Eh ! Quel nombre, dis moi, peut suffire à l'amour ?
Lorsque Cérès enrichit la nature,
Sait-elle donc, trop avare Thaïs,
Le compte de tous les épis
Dont elle orne sa chevelure ?
Flore au hasard va...

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Gabriel DU BOIS-HUS (1599-1655) - La Nuit des nuits

Gabriel DU BOIS-HUS (1599-1655) - La Nuit des nuits

(Extraits)

Le jour, ce beau fils du Soleil,
Dont le visage non pareil
Donne le teint aux belles choses,
Prêt d'entrer en la mer, enlumine son bord
De ses dernières roses,
Et ses premiers rayons vont lui marquer le port.

Ce doux créateur des beautés,
Roi des glorieuses clartés,
Qui dessus nous sont répandues,
Nous donnant le...

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Jean-Pierre Claris de FLORIAN (1755-1794) (Recueil : Fables) - Le renard qui prêche

Jean-Pierre Claris de FLORIAN (1755-1794) (Recueil : Fables) - Le renard qui prêche

Un vieux renard cassé, goutteux, apoplectique,
Mais instruit, éloquent, disert,
Et sachant très bien sa logique,
Se mit à prêcher au désert.
Son style était fleuri, sa morale excellente.
Il prouvait en trois points que la simplicité,
Les bonnes moeurs, la probité,
Donnent à peu de frais cette félicité
Qu'un monde imposteur nous présente
Et nous fait payer cher sans la...

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Jean-Pierre Claris de FLORIAN (1755-1794) (Recueil : Fables) - Le rossignol et le paon

Jean-Pierre Claris de FLORIAN (1755-1794) (Recueil : Fables) - Le rossignol et le paon

L'aimable et tendre Philomèle,
Voyant commencer les beaux jours,
Racontait à l'écho fidèle
Et ses malheurs et ses amours.
Le plus beau paon du voisinage,
Maître et sultan de ce canton,
Elevant la tête et le ton,
Vint interrompre son ramage :
C'est bien à toi, chantre ennuyeux,
Avec un si triste plumage,
Et ce long bec, et ces gros...

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Jean-Pierre Claris de FLORIAN (1755-1794) (Recueil : Fables) - Le voyage

Jean-Pierre Claris de FLORIAN (1755-1794) (Recueil : Fables) - Le voyage

Partir avant le jour, à tâtons, sans voir goutte,
Sans songer seulement à demander sa route ;
Aller de chute en chute, et, se traînant ainsi,
Faire un tiers du chemin jusqu'à près de midi ;
Voir sur sa tête alors s'amasser les nuages,
Dans un sable mouvant précipiter ses pas,
Courir, en essuyant orages sur orages,...

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Bernard Le Bovier de FONTENELLE (1657-1757) - Sur ma vieillesse

Bernard Le Bovier de FONTENELLE (1657-1757) - Sur ma vieillesse


Il fallait n'être vieux qu'à Sparte
Disent les anciens écrits.
Ô dieux ! combien je m'en écarte,
Moi qui suis si vieux dans Paris !
Ô Sparte ! Sparte, hélas, qu'êtes-vous devenue ?
Vous saviez tout le prix d'une tête chenue.
Plus dans la canicule on était bien fourré,
Plus l'oreille était dure,...

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Anatole FRANCE (1844-1924) (Recueil : Idylles et légendes) - La part de Madeleine

Anatole FRANCE (1844-1924) (Recueil : Idylles et légendes) - La part de Madeleine

L'ombre versait au flanc des monts sa paix bénie,
Le chemin était bleu, le feuillage était noir,
Et les palmiers tremblaient d'amour au vent du soir.
L'enfant de Magdala, la fleur de Béthanie,

Gémissait dans la pourpre et l'azur des coussins.
Le grand épervier d'or des femmes étrangères
Agrafait sur son front les étoffes légères ;...

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