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POUR LE SUJET: Comment le théâtre permet-il de persuader et d'émouvoir ?
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Jean BERTAUT (1552-1611) - Complainte sur la mort du feu Roy

Jean BERTAUT (1552-1611) - Complainte sur la mort du feu Roy

... Helas, il me souvient que quand son pasle corps
Fut mis à reposer en la couche des morts
J'entray dedans la chambre où le plomb qui l'enserre
Gisoit sans nulle pompe estendu contre terre,
Pendant que l'artizan à cet oeuvre empesché,
De maint ais resonnant l'un à l'autre attaché,
Formoit la triste chambre où la...

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Rémy BELLEAU (1528-1577) (Recueil : Les Pierres Précieuses) - La pierre du coq

Rémy BELLEAU (1528-1577) (Recueil : Les Pierres Précieuses) - La pierre du coq

A la France.

Oyseau qui de garde fidelle
Dessillé fais la sentinelle
Sous le silence de la nuit,
Réveillant d'une voix hardie
La troupe de somme engourdie
Et de paresse, à ton haut bruit.

Oyseau à la creste pourprée
Compagnon de l'Aube dorée,
Trompete des feux du Soleil,
Qui te perches à...

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Charles BAUDELAIRE (1821-1867) (Recueil : Les fleurs du mal) - Une martyre

Charles BAUDELAIRE (1821-1867) (Recueil : Les fleurs du mal) - Une martyre

DESSIN D'UN MAITRE INCONNU

Au milieu des flacons, des étoffes lamées
Et des meubles voluptueux,
Des marbres, des tableaux, des robes parfumées
Qui traînent à plis somptueux,

Dans une chambre tiède où, comme en une serre,
L'air est dangereux et fatal,
Où des bouquets mourants dans leurs cercueils de verre
Exhalent leur soupir...

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Charles BAUDELAIRE (1821-1867) (Recueil : Les fleurs du mal) - Sonnet d'automne

Charles BAUDELAIRE (1821-1867) (Recueil : Les fleurs du mal) - Sonnet d'automne

Ils me disent, tes yeux, clairs comme le cristal :
" Pour toi, bizarre amant, quel est donc mon mérite ? "
- Sois charmante et tais-toi ! Mon coeur, que tout irrite,
Excepté la candeur de l'antique animal,

Ne veut pas te montrer son secret infernal,
Berceuse dont la main aux longs sommeils m'invite,
Ni sa noire légende...

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Charles BAUDELAIRE (1821-1867) (Recueil : Les fleurs du mal) - Les métamorphoses du vampire

Charles BAUDELAIRE (1821-1867) (Recueil : Les fleurs du mal) - Les métamorphoses du vampire

La femme cependant, de sa bouche de fraise,
En se tordant ainsi qu'un serpent sur la braise,
Et pétrissant ses seins sur le fer de son busc,
Laissait couler ces mots tout imprégnés de musc :
" Moi, j'ai la lèvre humide, et je sais la science
De perdre au fond d'un lit l'antique conscience.
Je sèche tous les pleurs...

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Charles BAUDELAIRE (1821-1867) (Recueil : Les fleurs du mal) - Le rêve d'un curieux

Charles BAUDELAIRE (1821-1867) (Recueil : Les fleurs du mal) - Le rêve d'un curieux

Connais-tu, comme moi, la douleur savoureuse,
Et de toi fais-tu dire : " Oh ! l'homme singulier ! "
- J'allais mourir. C'était dans mon âme amoureuse,
Désir mêlé d'horreur, un mal particulier ;

Angoisse et vif espoir, sans humeur factieuse.
Plus allait se vidant le fatal sablier,
Plus ma torture était âpre et délicieuse ;
Tout...

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Charles BAUDELAIRE (1821-1867) (Recueil : Les fleurs du mal) - Le mauvais moine

Charles BAUDELAIRE (1821-1867) (Recueil : Les fleurs du mal) - Le mauvais moine

Les cloîtres anciens sur leurs grandes murailles
Etalaient en tableaux la sainte Vérité,
Dont l'effet, réchauffant les pieuses entrailles,
Tempérait la froideur de leur austérité.

En ces temps où du Christ florissaient les semailles,
Plus d'un illustre moine, aujourd'hui peu cité,
Prenant pour atelier le champ des funérailles,
Glorifiait la Mort avec simplicité.

- Mon...

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Charles BAUDELAIRE (1821-1867) (Recueil : Les fleurs du mal) - La servante au grand coeur dont vous étiez jalouse

Charles BAUDELAIRE (1821-1867) (Recueil : Les fleurs du mal) - La servante au grand coeur dont vous étiez jalouse

La servante au grand coeur dont vous étiez jalouse,
Et qui dort son sommeil sous une humble pelouse,
Nous devrions pourtant lui porter quelques fleurs.
Les morts, les pauvres morts, ont de grandes douleurs,
Et quand Octobre souffle, émondeur des vieux arbres,
Son vent mélancolique à l'entour de leurs marbres,
Certe, ils doivent trouver les...

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Charles BAUDELAIRE (1821-1867) (Recueil : Les fleurs du mal) - La Béatrice

Charles BAUDELAIRE (1821-1867) (Recueil : Les fleurs du mal) - La Béatrice

Dans des terrains cendreux, calcinés, sans verdure,
Comme je me plaignais un jour à la nature,
Et que de ma pensée, en vaguant au hasard,
J'aiguisais lentement sur mon coeur le poignard,
Je vis en plein midi descendre sur ma tête
Un nuage funèbre et gros d'une tempête,
Qui portait un troupeau de démons vicieux,
Semblables à des nains cruels et curieux.

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Charles BAUDELAIRE (1821-1867) (Recueil : Les fleurs du mal) - Je t'adore à l'égal de la voûte nocturne

Charles BAUDELAIRE (1821-1867) (Recueil : Les fleurs du mal) - Je t'adore à l'égal de la voûte nocturne

Je t'adore à l'égal de la voûte nocturne,
Ô vase de tristesse, ô grande taciturne,
Et t'aime d'autant plus, belle, que tu me fuis,
Et que tu me parais, ornement de mes nuits,
Plus ironiquement accumuler les lieues
Qui séparent mes bras des immensités bleues.

Je m'avance à l'attaque,...

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Charles BAUDELAIRE (1821-1867) (Recueil : Les fleurs du mal) - De profundis clamavi

Charles BAUDELAIRE (1821-1867) (Recueil : Les fleurs du mal) - De profundis clamavi

J'implore ta pitié, Toi, l'unique que j'aime,
Du fond du gouffre obscur où mon coeur est tombé.
C'est un univers morne à l'horizon plombé,
Où nagent dans la nuit l'horreur et le blasphème ;

Un soleil sans chaleur plane au-dessus six mois,
Et les six autres mois la nuit couvre la terre ;

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Charles BAUDELAIRE (1821-1867) (Recueil : Les fleurs du mal) - Confession

Charles BAUDELAIRE (1821-1867) (Recueil : Les fleurs du mal) - Confession

Une fois, une seule, aimable et douce femme,
A mon bras votre bras poli
S'appuya (sur le fond ténébreux de mon âme
Ce souvenir n'est point pâli) ;

Il était tard ; ainsi qu'une médaille neuve
La pleine lune s'étalait,
Et la solennité de la nuit, comme un fleuve,
Sur Paris dormant ruisselait.

Et le long des...

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Charles BAUDELAIRE (1821-1867) (Recueil : Les fleurs du mal) - Chant d'automne

Charles BAUDELAIRE (1821-1867) (Recueil : Les fleurs du mal) - Chant d'automne

I

Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres ;
Adieu, vive clarté de nos étés trop courts !
J'entends déjà tomber avec des chocs funèbres
Le bois retentissant sur le pavé des cours.

Tout l'hiver va rentrer dans mon être : colère,
Haine, frissons, horreur, labeur dur et forcé,
Et, comme le soleil...

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Charles BAUDELAIRE (1821-1867) (Recueil : Les fleurs du mal) - Avec ses vêtements ondoyants et nacrés

Charles BAUDELAIRE (1821-1867) (Recueil : Les fleurs du mal) - Avec ses vêtements ondoyants et nacrés

Avec ses vêtements ondoyants et nacrés,
Même quand elle marche on croirait qu'elle danse,
Comme ces longs serpents que les jongleurs sacrés
Au bout de leurs bâtons agitent en cadence.

Comme le sable morne et l'azur des déserts,
Insensibles tous deux à l'humaine souffrance,
Comme les longs réseaux de la...

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Auguste BARBIER (1805-1882) (Recueil : Iambes et Poèmes) - Le spleen

Auguste BARBIER (1805-1882) (Recueil : Iambes et Poèmes) - Le spleen

" C'est moi ; - moi qui, du fond des siècles et des âges,
Fis blanchir le sourcil et la barbe des sages ;
La terre à peine ouverte au soleil souriant,
C'est moi qui, sous le froc des vieux rois d'Orient,
Avec la tête basse et la face pensive,
Du haut de la terrasse et de la tour massive,
Jetai cette clameur...

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Jules BARBEY D'AUREVILLY (1807-1889) (Recueil : Poussières) - La haine du soleil

Jules BARBEY D'AUREVILLY (1807-1889) (Recueil : Poussières) - La haine du soleil

A Mademoiselle Louise Read.

Un soir, j'étais debout, auprès d'une fenêtre...
Contre la vitre en feu j'avais mon front songeur,
Et je voyais, là-bas, lentement disparaître
Un soleil embrumé qui mourait sans splendeur !
C'était un vieux soleil des derniers soirs d'automne,
Globe d'un rouge épais, de chaleur épuisé,
Qui ne faisait baisser le...

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Théodore de BANVILLE (1823-1891) (Recueil : Les cariatides) - Rondeau : A Ismène

Théodore de BANVILLE (1823-1891) (Recueil : Les cariatides) - Rondeau : A Ismène

Oui, pour le moins, laissez-moi, jeune Ismène,
Pleurer tout bas ; si jamais, inhumaine,
J'osais vous peindre avec de vrais accents
Le feu caché qu'en mes veines je sens,
Vous gémiriez, cruelle, de ma peine.

Par ce récit, l'aventure est certaine,
Je changerais en amour votre haine,
Votre froideur en désirs bien pressants,
Oui, pour le moins.
...

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Théodore de BANVILLE (1823-1891) (Recueil : Trente-six ballades joyeuses) - Ballade sur les hôtes mystérieux de la forêt

Théodore de BANVILLE (1823-1891) (Recueil : Trente-six ballades joyeuses) - Ballade sur les hôtes mystérieux de la forêt

Il chante encor, l'essaim railleur des fées,
Bien protégé par l'épine et le houx
Que le zéphyr caresse par bouffées.
Diane aussi, l'épouvante des loups,
Au fond des bois cache son coeur jaloux.
Son culte vit dans plus d'une chaumière.
Quand les taillis sont baignés de lumière,
A l'heure calme où la lune paraît,
Échevelée à...

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Jean AUVRAY (1590-1630) - Ma belle un jour dessus son lit j'approche

Jean AUVRAY (1590-1630) - Ma belle un jour dessus son lit j'approche

Ma belle un jour dessus son lit j'approche
Qui me baisant là sous moi frétillait
Et de ses bras mon col entortillait
Comme un Lierre une penchante Roche.

Au fort de l'aise et la pâmoison proche
Il me sembla que son oeil se fermait,
Qu'elle était froide et qu'elle s'endormait
Dont...

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Théodore Agrippa d' AUBIGNÉ (1552-1630) (Recueil : L'hiver) - Prière du soir

Théodore Agrippa d' AUBIGNÉ (1552-1630) (Recueil : L'hiver) - Prière du soir

Dans l'épais des ombres funèbres,
Parmi l'obscure nuit, image de la mort,
Astre de nos esprits, sois l'étoile du Nord,
Flambeau de nos ténèbres.

Délivre-nous des vains mensonges
Et des illusions des faibles en la foi :
Que le corps dorme en paix, que l'esprit veille à toi,
Pour ne veiller à songes.

Le corps repose...

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Théodore Agrippa d' AUBIGNÉ (1552-1630) (Recueil : Stances) - J'ouvre mon estomac, une tombe sanglante

Théodore Agrippa d' AUBIGNÉ (1552-1630) (Recueil : Stances) - J'ouvre mon estomac, une tombe sanglante

J'ouvre mon estomac, une tombe sanglante
De maux ensevelis. Pour Dieu, tourne tes yeux,
Diane, et vois au fond mon coeur parti en deux,
Et mes poumons gravés d'une ardeur violente,

Vois mon sang écumeux tout noirci par la flamme,
Mes os secs de langueurs en pitoyable point
Mais considère aussi ce que tu ne vois...

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Théodore Agrippa d' AUBIGNÉ (1552-1630) (Recueil : L'Hécatombe à Diane) - Auprès de ce beau teint, le lys en noir se change

Théodore Agrippa d' AUBIGNÉ (1552-1630) (Recueil : L'Hécatombe à Diane) - Auprès de ce beau teint, le lys en noir se change

Auprès de ce beau teint, le lys en noir se change,
Le lait est basané auprès de ce beau teint,
Du cygne la blancheur auprès de vous s'éteint
Et celle du papier où est votre louange.

Le sucre est blanc, et lorsqu'en la bouche on le...

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Octave CRÉMAZIE (1827-1879) - Les Morts

Octave CRÉMAZIE (1827-1879) - Les Morts

O morts ! dans vos tombeaux vous dormez solitaires,
Et vous ne portez plus le fardeau des misères
Du monde où nous vivons.
Pour vous le ciel n'a plus d'étoiles ni d'orages,
Le printemps, de parfums, l'horizon, de nuages,
Le soleil, de rayons.

Immobiles et froids dans la fosse profonde,
Vous ne demandez pas si les échos du monde
Sont tristes ou joyeux ;

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Pierre de CROIX (1539-1614) (Recueil : Le Miroir de l'Amour divin) - Des astres tournoyans la danse coustumiere

Pierre de CROIX (1539-1614) (Recueil : Le Miroir de l'Amour divin) - Des astres tournoyans la danse coustumiere

Des astres tournoyans la danse coustumiere
Cessera d'embrasser du monde la rondeur,
Phebus ira la nuict, et sa nuitale Soeur
De son char brillonnant guidera la carriere.

La flame sans chaleur, l'air privé de lumiere,
Sans fermeté la terre, et l'onde sans froideur,
De leur estre perdront l'efficace vigueur,

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Charles CROS (1842-1888) (Recueil : Le collier de griffes) - Maussaderie

Charles CROS (1842-1888) (Recueil : Le collier de griffes) - Maussaderie

A notre époque froide, on ne fait plus l'amour.
Loin des bois endormeurs et loin des femmes nues
Les pauvres vont, cherchant ces sommes inconnues
Que cachent les banquiers, inquiets nuit et jour.

C'était bien bon l'odeur des pains sortant du four,
C'était bien beau, dans l'ouest, l'éclat doré des nues,
Quand les brumes d'automne étaient déjà venues,
Alors qu'on...

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