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POUR LE SUJET: Comment le théâtre permet-il de persuader et d'émouvoir ?
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POUR LE SUJET: Les écrivains écrivent-ils seulement pour amuser ?
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Anna de NOAILLES (1876-1933) (Recueil : Le coeur innombrable) - A la nuit

Anna de NOAILLES (1876-1933) (Recueil : Le coeur innombrable) - A la nuit

Nuits où meurent l'azur, les bruits et les contours,
Où les vives clartés s'éteignent une à une,
Ô nuit, urne profonde où les cendres du jour
Descendent mollement et dansent à la lune,

Jardin d'épais ombrage, abri des corps déments,
Grand coeur en qui tout rêve et tout désir pénètre
Pour le repos charnel...

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Germain NOUVEAU (1851-1920) (Recueil : Poésies d'Humilis) - Les mains

Germain NOUVEAU (1851-1920) (Recueil : Poésies d'Humilis) - Les mains

Aimez vos mains afin qu'un jour vos mains soient belles,
Il n'est pas de parfum trop précieux pour elles,
Soignez-les. Taillez bien les ongles douloureux,
Il n'est pas d'instruments trop délicats pour eux.

C'est Dieu qui fit les mains fécondes en merveilles ;
Elles ont pris leur neige au lys des Séraphins,
Au jardin de la chair ce...

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Odilon-Jean PÉRIER (1901-1928) (Recueil : Le citadin) - Je ne chanterai pas très haut ni très longtemps

Odilon-Jean PÉRIER (1901-1928) (Recueil : Le citadin) - Je ne chanterai pas très haut ni très longtemps

Je ne chanterai pas très haut ni très longtemps.
C'est à mon plaisir seul, à vous que je m'attends
Égalité du coeur, honnête poésie.
Je n'ai rien de meilleur que cette humeur unie,
J'éprouve la couleur le grain de mon papier
Et l'incertain trésor que j'y viens gaspiller.

Toute...

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Maurice ROLLINAT (1846-1903) (Recueil : Paysages et paysans) - Le bon fou

Maurice ROLLINAT (1846-1903) (Recueil : Paysages et paysans) - Le bon fou

Il n'a que sa chemise écrue et sa culotte
Pour tout costume. Il porte un bonnet de coton.
Tel il rôde, faisant mouliner son bâton.
Promenant l'ébahi de son regard qui flotte.

Barbu, gras et rougeaud, il montre ses dents blanches,
Son poitrail tout velu comme celui des loups,
Les muscles de ses bras, les noeuds...

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Pierre de RONSARD (1524-1585) (Recueil : Premier livre des Amours) - Dans le serein de sa jumelle flamme

Pierre de RONSARD (1524-1585) (Recueil : Premier livre des Amours) - Dans le serein de sa jumelle flamme

Dans le serein de sa jumelle flamme
Je vis Amour, qui son arc débandait,
Et sur mon coeur le brandon épandait,
Qui des plus froids les moelles enflamme.

Puis çà puis là près les yeux de ma dame
Entre cent fleurs un rets d'or me tendait,
Qui tout crépu blondement descendait
A flots...

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Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Le chariot d'or) - Matin sur le port

Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Le chariot d'or) - Matin sur le port

Le soleil, par degrés, de la brume émergeant,
Dore la vieille tour et le haut des mâtures ;
Et, jetant son filet sur les vagues obscures,
Fait scintiller la mer dans ses mailles d'argent.

Voici surgir, touchés par un rayon lointain,
Des portiques de marbre et des architectures ;
Et le vent épicé fait rêver d'aventures
Dans la...

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Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Le chariot d'or) - Paysages

Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Le chariot d'or) - Paysages

L'air est trois fois léger. Sous le ciel trois fois pur,
Le vieux bourg qui s'effrite en ses noires murailles
Ce clair matin d'hiver sourit sous ses pierrailles
À ses monts familiers qui rêvent dans l'azur...

Une dalle encastrée, en son latin obscur,
Parle après deux mille ans d'antiques funérailles.
César passait ici pour gagner ses batailles,
Un oiseau du printemps...

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Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Le chariot d'or) - Soir

Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Le chariot d'or) - Soir

L'angélique échanson des couchants violets
Penchant l'urne du rêve emplit l'or vieux des coupes.
Des blancheurs d'ailes vers le ciel volent par troupes
Le noir des jardins s'ouvre aux mystères seulets.

La nuit vient. Des pêcheurs chargés de lourds filets
Passent ; de jeunes voix vont s'éloignant, en groupes,
Et l'étang de saphyr, où dorment les chaloupes,
Met son manteau de...

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Sabine SICAUD (1913-1928) (Recueil : Douleur, je vous déteste) - Jours de fièvre

Sabine SICAUD (1913-1928) (Recueil : Douleur, je vous déteste) - Jours de fièvre

Ce que je veux ? Une carafe d'eau glacée.
Rien de plus. Nuit et jour, cette eau, dans ma pensée,
Ruisselle doucement comme d'une fontaine.
Elle est blanche, elle est bleue à force d'être fraîche.
Elle vient de la source ou d'une cruche pleine.
Elle a cet argent flou qui duvête les pêches
Et l'étincellement...

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Charles-Timoléon de SIGOGNE (1560-1611) - Stances

Charles-Timoléon de SIGOGNE (1560-1611) - Stances

Cheveux de couleur de bécasse,
Frisés de fort mauvaise grâce,
Pantaines* de diables errants,
Je ne veux rien de votre tresse,
Que six couples et une laisse,
Pour conduire mes chiens courants.

Beau teint de couleur de châtagne
Tributaire du roi d'Espagne,
Tu m'eusses peut-être attrapé,
Sans que ta peau, jaune et lissée,
Semble une levrette...

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Jean de SPONDE (1557-1595) - Sur sa fièvre

Jean de SPONDE (1557-1595) - Sur sa fièvre

Que faites-vous dedans mes os,
Petites vapeurs enflammées,
Dont les pétillantes fumées
M'étouffent sans fin le repos ?

Vous me portez de veine en veine
Les cuisants tisons de vos feux,
Et parmi vos détours confus
Je perds le cours de mon haleine.

Mes yeux, crevés de vos ennuis,
Sont bandés de tant...

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Charles VAN LERBERGHE (1861-1907) (Recueil : La chanson d'Eve) - Un silence se fit dans le déclin du jour

Charles VAN LERBERGHE (1861-1907) (Recueil : La chanson d'Eve) - Un silence se fit dans le déclin du jour

Un silence se fit dans le déclin du jour.
Une plainte expira, puis un soupir d'amour.
Puis une pomme chut, une autre encore, et d'autres,
Dans l'herbe haute et chaude et l'ombre d'émeraude.

Le soleil descendit de rameaux en rameaux ;
On entendit chanter un invisible oiseau.

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Émile VERHAEREN (1855-1916) (Recueil : Les visages de la vie) - L'attente

Émile VERHAEREN (1855-1916) (Recueil : Les visages de la vie) - L'attente

Et c'est au long de ces pays de sépulture,
En ces marais, qui sont bourbeux depuis mille ans,
Que j'amarre, ce soir, mon désir d'aventure,
Comme un brusque voilier fragile et violent.

J'ai délaissé, là-bas, les quais lointains,
D'où s'exaltait et naviguait, dans les matins,
Inassouvie,
Avec le vieux butin du monde en...

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Émile VERHAEREN (1855-1916) - Les pêcheurs à cheval

Émile VERHAEREN (1855-1916) - Les pêcheurs à cheval

Vagues d'argent et beau ciel clair
Le flot sur les grèves se vide.
Les cinq pêcheurs équestres de Coxyde
Pèchent nonchalamment, sur le bord de la mer.

Dans les lueurs et dans les moires
Des vagues pâles, passent,
Allant, venant,
Leurs silhouettes noires
Les chevaux vieux, les chevaux las,
Parfois lèvent la tête, et regardent là-bas,
L'espace ...

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Émile VERHAEREN (1855-1916) (Recueil : Les villages illusoires) - Les pêcheurs

Émile VERHAEREN (1855-1916) (Recueil : Les villages illusoires) - Les pêcheurs

Le site est floconneux de brume
Qui s'épaissit en bourrelets,
Autour des seuils et des volets,
Et, sur les berges, fume.

Le fleuve traîne, pestilentiel,
Les charognes que le courant rapporte;
Et la lune semble une morte
Qu'on enfouit au bout du ciel.

Seules, en des barques, quelques lumières
Illuminent et grandissent les dos
Obstinément courbés, sur...

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Émile VERHAEREN (1855-1916) (Recueil : Les bords de la route) - Parabole

Émile VERHAEREN (1855-1916) (Recueil : Les bords de la route) - Parabole

Parmi l'étang d'or sombre
Et les nénuphars blancs,
Un vol passant de hérons lents
Laisse tomber des ombres.

Elles s'ouvrent et se ferment sur l'eau
Toutes grandes, comme des mantes ;
Et le passage des oiseaux, là-haut,
S'indéfinise, ailes ramantes.

Un pêcheur grave et théorique
Tend vers elles son...

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Émile VERHAEREN (1855-1916) (Recueil : Toute la Flandre) - Un toit, là-bas

Émile VERHAEREN (1855-1916) (Recueil : Toute la Flandre) - Un toit, là-bas

Oh ! la maison perdue, au fond du vieil hiver,
Dans les dunes de Flandre et les vents de la mer.

Une lampe de cuivre éclaire un coin de chambre ;
Et c'est le soir, et c'est la nuit, et c'est novembre.

Dès quatre heures, on a fermé les lourds volets ;
Le mur est quadrillé...

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Émile VERHAEREN (1855-1916) (Recueil : Toute la Flandre) - Un village

Émile VERHAEREN (1855-1916) (Recueil : Toute la Flandre) - Un village

Des murs crépis, de pauvres toits,
Un pont, un chemin de halage,
Et le moulin qui fait sa croix
De haut en bas, sur le village.

Les appentis et les maisons
S'échouent, ainsi que choses mortes.
Le filet dort : et les poissons
Sèchent, pendus au seuil des portes.

Un chien...

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Théophile de VIAU (1590-1626) - Satire première

Théophile de VIAU (1590-1626) - Satire première

Qui que tu sois, de grâce écoute ma satire,
Si quelque humeur joyeuse autre part ne t'attire ;
Aime ma hardiesse et ne t'offense point
De mes vers, dont l'aigreur utilement te point.
Toi que les éléments ont fait d'air et de boue,
Ordinaire sujet où le malheur se joue,
Sache que ton filet que le destin ourdit
Est...

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Alfred de VIGNY (1797-1863) (Recueil : Poèmes antiques et modernes) - La Frégate La Sérieuse

Alfred de VIGNY (1797-1863) (Recueil : Poèmes antiques et modernes) - La Frégate La Sérieuse

I

Qu'elle était belle, ma Frégate,
Lorsqu'elle voguait dans le vent !
Elle avait, au soleil levant,
Toutes les couleurs de l'agate ;
Ses voiles luisaient le matin
Comme des ballons de satin ;
Sa quille mince, longue et plate,
Portait deux bandes d'écarlate
Sur vingt-quatre canons cachés ;
Ses mâts, en arrière penchés,
Paraissaient à...

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François VILLON (1431-x) (Recueil : Poésies diverses) - Le débat du cœur et du corps de Villon

François VILLON (1431-x) (Recueil : Poésies diverses) - Le débat du cœur et du corps de Villon

Qu'est ce que j'oi ? - Ce suis-je ! - Qui ? - Ton coeur
Qui ne tient mais qu'à un petit filet :
Force n'ai plus, substance ne liqueur,
Quand je te vois retrait ainsi seulet
Com pauvre chien tapi en reculet.
- Pour quoi est-ce ? - Pour ta folle plaisance.
- Que t'en chaut-il...

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Henri WARNERY (1859-1902) (Recueil : Sur l'Alpe) - Tableau du soir

Henri WARNERY (1859-1902) (Recueil : Sur l'Alpe) - Tableau du soir

... Le soir descend. Sur la neige des frissons roses
Courent, qui la font palpiter comme une chair ;
Et les toits des chalets, par leurs trappes mi-closes,
Laissent un filet bleu monter dans le ciel clair. [...]...

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Balzac, Le Père Goriot, incipit - Cette salle, entièrement boisée, fut jadis peinte...

Balzac, Le Père Goriot, incipit - Cette salle, entièrement boisée, fut jadis peinte... Cette salle, entièrement boisée, fut jadis peinte en une couleur indistincte aujourd'hui, qui forme un fond sur lequel la crasse a imprimé ses couches de manière à y dessiner des figures bizarres. Elle est plaquée de buffets gluants sur lesquels sont des carafes échancrées, ternies, des ronds de moiré métallique, des piles d'assiettes en porcelaine épaisse, à bords bleus, fabriquées à Tournai. Dans...

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Rabelais, Pantagruel, chapitre XXXII

Rabelais, Pantagruel, chapitre XXXII Mais, ô dieux et déesses, que vis-je là ? Que Jupiter m'abatte de sa triple foudre si je mens. J'y cheminais comme l'on fait à Sainte-Sophie à Constantinople, et j'y vis des rochers grands comme les monts des Danois (je crois que c'étaient ses dents) et de grands prés, d'imposantes et de grosses villes, non moins grandes que Lyon ou Poitiers. Le premier idividu que j'y recontrai, ce fut un bonhomme qui plantait...

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Ponge, Le Parti pris des choses, « la pluie »

Ponge, Le Parti pris des choses, « la pluie » La pluie, dans la cour où je la regarde tomber, descend à des allures très diverses. Au centre c'est un fin rideau (ou réseau) discontinu, une chute implacable mais relativement lente de gouttes probablement assez légères, une précipitation sempiternelle sans vigueur, une fraction intense du météore pur. A peu de distance des murs de droite et de gauche tombent avec plus de bruit des gouttes...

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