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Léon DIERX (1838-1912) (Recueil : Les lèvres closes) - L'orgueil

Léon DIERX (1838-1912) (Recueil : Les lèvres closes) - L'orgueil

Monts superbes, dressez vos pics inaccessibles
Sur le cirque brumeux où plongent vos flancs verts !
Métaux, dans le regret des chaleurs impossibles,
Durcissez-vous au fond des volcans entr'ouverts !

- Hérisse, amer orgueil, ta muraille rigide
Sur le coeur que des yeux de femme ont perforé !
Désirs inassouvis, sous cette fière égide,
Mornes, endormez-vous dans le sommeil sacré !

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Léon DIERX (1838-1912) (Recueil : Les lèvres closes) - La nuit de juin

Léon DIERX (1838-1912) (Recueil : Les lèvres closes) - La nuit de juin

A J-M De Heredia.

La nuit glisse à pas lents sous les feuillages lourds ;
Sur les nappes d'eau morte aux reflets métalliques,
Ce soir traîne là-bas sa robe de velours ;
Et du riche tapis des fleurs mélancoliques,
Vers les massifs baignés d'une fine vapeur,
Partent de chauds parfums dans l'air pris de torpeur.
Avec l'obsession...

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Léon DIERX (1838-1912) (Recueil : Les lèvres closes) - La prière d'Adam

Léon DIERX (1838-1912) (Recueil : Les lèvres closes) - La prière d'Adam

Songe horrible ! - la foule innombrable des âmes
M'entourait. Immobile et muet, devant nous,
Beau comme un dieu, mais triste et pliant les genoux,
L'ancêtre restait loin des hommes et des femmes.

Et le rayonnement de sa mâle beauté,
Sa force, son orgueil, son remords, tout son être,
Forme du premier rêve où s'admira son maître,
S'illuminait du...

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Léon DIERX (1838-1912) (Recueil : Poëmes et poésies) - La prison

Léon DIERX (1838-1912) (Recueil : Poëmes et poésies) - La prison

Comme les hauts piliers des vieilles cathédrales,
Ô rêves de mon coeur, vous montez ! Et je vois
L'ancien encens encore endormir ses spirales
A l'ombre de vos nefs, ô rêves d'autrefois !

Comme un orgue dompté par des mains magistrales,
Ô ma longue douleur ! Je t'écoute ; et ta voix
Murmure encor l'écho des plaintes et des râles

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Léon DIERX (1838-1912) (Recueil : Poëmes et poésies) - La vision d'Ève

Léon DIERX (1838-1912) (Recueil : Poëmes et poésies) - La vision d'Ève

... Soleil du jardin chaste ! Ève aux longs cheveux d'or !
Toi qui fus le péché, toi qui feras la gloire !
Toi, l'éternel soupir que nous poussons encor !
Ineffable calice où la douleur vient boire !

Ô Femme ! qui, sachant porter un ciel en toi,
À celui qui perdait l'autre ciel, en échange,

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Léon DIERX (1838-1912) (Recueil : Aspirations poétiques) - Lazare

Léon DIERX (1838-1912) (Recueil : Aspirations poétiques) - Lazare

... Et Lazare à la voix de Jésus s'éveilla
Livide, il se dressa d'un bond dans les ténèbres ;
Il sortit, trébuchant dans ses liens funèbres ;
Puis, tout droit devant lui, grave et seul, s'en alla.

Seul et grave, il marcha depuis lors dans la ville,
Comme y cherchant quelqu'un qu'il ne retrouvait pas,
Et se...

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Léon DIERX (1838-1912) (Recueil : Les lèvres closes) - Le mancenillier

Léon DIERX (1838-1912) (Recueil : Les lèvres closes) - Le mancenillier

La jeunesse est un arbre aux larges frondaisons,
Mancenillier vivace aux fruits inaccessibles ;
Notre âme et notre coeur sont les vibrantes cibles
De ces rameaux aigus d'où suintent les poisons.

Ô feuilles, dont la sève est notre sang ! Mirage
Masquant le ciel menteur des jours qui ne sont plus !
Ironiques espoirs qui croissez plus touffus !
Tous...

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Léon DIERX (1838-1912) (Recueil : Les lèvres closes) - Le remous

Léon DIERX (1838-1912) (Recueil : Les lèvres closes) - Le remous

Tout se tait maintenant dans la ville. Les rues
Ne retentissent plus sous les lourds tombereaux.
Le gain du jour compté, victimes et bourreaux
S'endorment en rêvant aux richesses accrues ;
Plus de lampe qui luise à travers les carreaux.

Tous dorment en rêvant aux richesses lointaines.
On n'entend plus tinter le métal des comptoirs ;
Parfois, dans le silence,...

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Léon DIERX (1838-1912) (Recueil : Poëmes et poésies) - Le vieux solitaire

Léon DIERX (1838-1912) (Recueil : Poëmes et poésies) - Le vieux solitaire

Je suis tel qu'un ponton sans vergues et sans mâts,
Aventureux débris des trombes tropicales,
Et qui flotte, roulant des lingots dans ses cales,
Sur une mer sans borne et sous de froids climats.

Les vents sifflaient jadis dans ses raille poulies.
Vaisseau désemparé qui ne gouverne plus,
Il roule, vain jouet du flux et du reflux,
L'ancien explorateur...

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Léon DIERX (1838-1912) (Recueil : Poëmes et poésies) - Les cygnes

Léon DIERX (1838-1912) (Recueil : Poëmes et poésies) - Les cygnes

Sous des massifs touffus, au fond désert du parc,
La colonnade antique arrondissant son arc,
Dans une eau sombre encore à moitié se profile ;
Et la fleur que le pampre ou que le lierre exile
Parfois brille furtive aux creux des chapiteaux.
L'eau sommeille ; une mousse y fait de sourds cristaux.
A peine un coin du ciel en éclaircit la moire,

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Léon DIERX (1838-1912) (Recueil : Les amants) - Les nuages

Léon DIERX (1838-1912) (Recueil : Les amants) - Les nuages

Couché sur le dos, dans le vert gazon,
Je me baigne d'ombre et de quiétude.
Mes yeux ont enfin perdu l'habitude
Du spectacle humain qui clôt la prison
Du vieil horizon.

Là-bas, sur mon front passent les nuages.
Qu'ils sont beaux, mon âme ! et qu'ils sont légers,
Ces lointains amis des calmes bergers !
S'en vont-ils portant de divins messages,

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Léon DIERX (1838-1912) (Recueil : Les lèvres closes) - Les rythmes

Léon DIERX (1838-1912) (Recueil : Les lèvres closes) - Les rythmes

Rythme des robes fascinantes,
Qui vont traînantes,
Balayant les parfums au vent,
Ou qu'au-dessus des jupes blanches
Un pas savant
Balance et gonfle autour des hanches !

Arbres bercés d'un souffle frais
Dans les forêts,
Où, ruisselant des palmes lisses,
Tombent des pleurs cristallisés
Dans les calices
Roses encor de longs baisers !

Soupir des mers impérissable,

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Léon DIERX (1838-1912) (Recueil : Les lèvres closes) - Obsession

Léon DIERX (1838-1912) (Recueil : Les lèvres closes) - Obsession

Beaux yeux, charmeurs savants, flambeaux de notre vie,
Parfum, grâce, front pur, bouche toujours ravie,
Ô vous, tout ce qu'on aime ! ô vous, tout ce qui part !
Non, rien ne meurt de vous pour l'âme inassouvie
Quand vous laissez la nuit refermer son rempart
Sur l'idéal perdu qui va luire autre part.

Beaux yeux, charmeurs savants, clairs flambeaux !...

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Léon DIERX (1838-1912) (Recueil : Les lèvres closes) - Prologue

Léon DIERX (1838-1912) (Recueil : Les lèvres closes) - Prologue

J'ai détourné mes yeux de l'homme et de la vie,
Et mon âme a rôdé sous l'herbe des tombeaux.
J'ai détrompé mon coeur de toute humaine envie,
Et je l'ai dispersé dans les bois par lambeaux.

J'ai voulu vivre sourd aux voix des multitudes,
Comme un aïeul couvert de silence et de nuit,
Et pareil aux sentiers qui vont aux solitudes,

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Léon DIERX (1838-1912) (Recueil : Poëmes et poésies) - Révolte

Léon DIERX (1838-1912) (Recueil : Poëmes et poésies) - Révolte

Car les bois ont aussi leurs jours d'ennui hautain ;
Et, las de tordre au vent leurs grands bras séculaires ;
S'enveloppent alors d'immobiles colères ;
Et leur mépris muet insulte leur destin.

Ni chevreuils, ni ramiers chanteurs, ni sources claires.
La forêt ne veut plus sourire au vieux matin,
Et, refoulant la vie aux plaines du lointain,
Semble arborer l'orgueil...

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Léon DIERX (1838-1912) (Recueil : Les amants) - Saisons brouillées

Léon DIERX (1838-1912) (Recueil : Les amants) - Saisons brouillées

Quand naissent les fleurs au chant des oiseaux
Ton étrange voix gravement résonne,
Et comme aux échos des forêts d'automne
Un pressentiment court jusqu'en mes os.

Quand l'or des moissons mûrit sous la flamme,
Ton lointain sourire à peine tracé
Me pénètre ainsi qu'un brouillard glacé.
L'hiver boréal envahit mon âme.

Quand saignent au...

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Léon DIERX (1838-1912) (Recueil : Poëmes et poésies) - Salvator rosa

Léon DIERX (1838-1912) (Recueil : Poëmes et poésies) - Salvator rosa

Qu'avais-tu dans l'esprit, maître à la brosse ardente,
Pour que sous ton pinceau la nature en fureur
Semble jeter au ciel une insulte stridente,
Ou frémir dans l'effroi de sa sinistre horreur ?

Pourquoi dédaignais-tu les calmes paysages
Dans la lumière au loin ourlant leurs horizons,
Les lacs d'azur limpide, et sur de frais visages
L'ombre du vert printemps...

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Léon DIERX (1838-1912) (Recueil : Les lèvres closes) - Soir d'octobre

Léon DIERX (1838-1912) (Recueil : Les lèvres closes) - Soir d'octobre

A Catulle Mendès.

Un long frisson descend des coteaux aux vallées ;
Des coteaux et des bois, dans la plaine et les champs,
Le frisson de la nuit passe vers les allées.
- Oh ! l'angelus du soir dans les soleils couchants ! -
Sous une haleine froide au loin meurent les chants,
Les rires et les chants dans les...

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Joachim DU BELLAY (1522-1560) - A Vénus

Joachim DU BELLAY (1522-1560) - A Vénus

Ayant après long désir
Pris de ma douce ennemie
Quelques arrhes du plaisir,
Que sa rigueur me dénie,
Je t'offre ces beaux oeillets,
Vénus, je t'offre ces roses,
Dont les boutons vermeillets
Imitent les lèvres closes
Que j'ai baisé par trois fois,
Marchant tout beau dessous l'ombre
De ce buisson que tu vois
Et n'ai su passer...

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François FABIÉ (1846-1928) (Recueil : Fleurs de genêts) - Les genêts

François FABIÉ (1846-1928) (Recueil : Fleurs de genêts) - Les genêts

Les genêts, doucement balancés par la brise,
Sur les vastes plateaux font une boule d'or ;
Et tandis que le pâtre à leur ombre s'endort,
Son troupeau va broutant cette fleur qui le grise ;

Cette fleur qui le fait rêver d'amour, le soir,
Quand il roule du haut des monts vers les étables,
Et...

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Théophile GAUTIER (1811-1872) (Recueil : Emaux et camées) - Premier sourire du printemps

Théophile GAUTIER (1811-1872) (Recueil : Emaux et camées) - Premier sourire du printemps

Tandis qu'à leurs oeuvres perverses
Les hommes courent haletants,
Mars qui rit, malgré les averses,
Prépare en secret le printemps.

Pour les petites pâquerettes,
Sournoisement lorsque tout dort,
Il repasse des collerettes
Et cisèle des boutons d'or.

Dans le verger et dans la vigne,
Il s'en va, furtif perruquier,
Avec une houppe de cygne,
Poudrer...

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Théophile GAUTIER (1811-1872) (Recueil : Espana) - Stances

Théophile GAUTIER (1811-1872) (Recueil : Espana) - Stances

Maintenant, dans la plaine ou bien dans la montagne,
Chêne ou sapin, un arbre est en train de pousser,
En France, en Amérique, en Turquie, en Espagne,
Un arbre sous lequel un jour je puis passer.

Maintenant, sur le seuil d'une pauvre chaumière,
Une femme, du pied agitant un berceau,
Sans se douter qu'elle est la parque filandière,

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Théophile GAUTIER (1811-1872) (Recueil : Emaux et camées) - Vieux de la vieille

Théophile GAUTIER (1811-1872) (Recueil : Emaux et camées) - Vieux de la vieille

15 décembre

Par l'ennui chassé de ma chambre,
J'errais le long du boulevard :
IL faisait un temps de décembre,
Vent froid, fine pluie et brouillard ;

Et là je vis, spectacle étrange,
Échappés du sombre séjour,
Sous la bruine et dans la fange,
Passer des spectres en plein jour.

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Jacques GOHORRY (15xx-1576) - Chanson (3)

Jacques GOHORRY (15xx-1576) - Chanson (3)

Adieu, ville, vous command ;
Il n'est plaisir que des champs.
L'autre hier, trouvai Sylvette,
Son petit troupeau gardant :
Quand je la trouvai seulette,
S'amour allai demandant.
Adieu, ville, vous command ;
Il n'est plaisir que des champs.

"A quoi pensez-vous, bergere
En cette fleur de quinze ans?
La beauté passe légere,
Comme...

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Jean GOUDEZKI (1866-1934) - Invitation

Jean GOUDEZKI (1866-1934) - Invitation

Je t'attends samedi, car Alphonse Allais, car
A l'ombre, à Vaux, l'on gèle. Arrive. Oh ! la campagne !
Allons - bravo ! - longer la rive au lac, en pagne ;
Jette à temps, ça me dit, carafons à l'écart.

Laisse aussi sombrer tes déboires, et dépêche !
L'attrait (puis, sens !) : une omelette au lard nous rit,

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