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POUR LE SUJET: Comment le théâtre permet-il de persuader et d'émouvoir ?
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POUR LE SUJET: Les écrivains écrivent-ils seulement pour amuser ?
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Nicolas BOILEAU (1636-1711) (Recueil : Epîtres) - A M. Racine

Nicolas BOILEAU (1636-1711) (Recueil : Epîtres) - A M. Racine

Que tu sais bien, Racine, à l'aide d'un acteur,
Emouvoir, étonner, ravir un spectateur !
Jamais Iphigénie en Aulide immolée
N'a coûté tant de pleurs à la Grèce assemblée,
Que dans l'heureux spectacle à nos yeux étalé
En a fait sous son nom verser la Champmeslé.
Ne crois pas toutefois, par tes savants ouvrages,
Entraînant tous les coeurs, gagner tous les suffrages.
Sitôt que...

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Nicolas BOILEAU (1636-1711) (Recueil : Satires) - A M. l'abbé Le Vayer

Nicolas BOILEAU (1636-1711) (Recueil : Satires) - A M. l'abbé Le Vayer

D'où vient, cher Le Vayer, que l'homme le moins sage
Croit toujours seul avoir la sagesse en partage,
Et qu'il n'est point de fou, qui, par belles raisons,
Ne loge son voisin aux Petites-Maisons ?
Un pédant enivré de sa vaine science,
Tout hérissé de grec, tout bouffi d'arrogance,
Et qui, de mille auteurs retenus mot pour mot,
Dans sa tête entassés,...

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Nicolas BOILEAU (1636-1711) (Recueil : Satires) - A M. de Molière

Nicolas BOILEAU (1636-1711) (Recueil : Satires) - A M. de Molière

Rare et fameux esprit, dont la fertile veine
Ignore en écrivant le travail et la peine ;
Pour qui tient Apollon tous ses trésors ouverts,
Et qui sais à quel coin se marquent les bons vers :
Dans les combats d'esprit savant maître d'escrime,
Enseigne-moi, Molière, où tu trouves la rime.
On dirait quand tu veux, qu'elle te vient chercher :
Jamais au...

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Nicolas BOILEAU (1636-1711) (Recueil : Epîtres) - A M. Arnauld

Nicolas BOILEAU (1636-1711) (Recueil : Epîtres) - A M. Arnauld

Oui, sans peine, au travers des sophismes de Claude,
Arnauld, des novateurs tu découvres la fraude,
Et romps de leurs erreurs les filets captieux :
ais que sert que ta main leur dessille les yeux,
Si toujours dans leur âme une pudeur rebelle,
Près d'embrasser l'Eglise, au prêche les rappelle ?
Non, ne crois pas que Claude, habile à se tromper,
Soit insensible aux...

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Flaminio de BIRAGUE (1550-x) - Vous rochers orgueilleux, et vous forêts fidèles

Flaminio de BIRAGUE (1550-x) - Vous rochers orgueilleux, et vous forêts fidèles

Vous rochers orgueilleux, et vous forêts fidèles
Que je fais retentir de mes chants languissants,
Antres qui répondez à mes tristes accents,
Quand vous oyez le son de mes plaintes mortelles,

Vous monts démesurés, et vous campagnes belles,
Vous ombrages secrets, vous beaux prés verdissants,
Vous déserts écartés, vous tertres verdissants,
Qui êtes sûrs témoins de mes amours...

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Flaminio de BIRAGUE (1550-x) - Par le milieu des déserts écartés

Flaminio de BIRAGUE (1550-x) - Par le milieu des déserts écartés

Par le milieu des déserts écartés,
Dans la frayeur des antres plus sauvages,
Et sur le bord des plus lointains rivages,
Je fuis les lieux des hommes habités,

Et regrettant tes divines beautés,
Seul à l'écart, j'écoute les ramages
Des oiselets qui en mille langages
Chantent d'amour les saintes déités.

Mais las, maîtresse,...

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Flaminio de BIRAGUE (1550-x) - Désespéré, chétif, du repos de ma vie

Flaminio de BIRAGUE (1550-x) - Désespéré, chétif, du repos de ma vie

Désespéré, chétif, du repos de ma vie,
Je chemine à grands pas au sentier douloureux
De l'Orque épouvantable, où le sort rigoureux
Avait dès le berceau ma jeunesse asservie.

Là l'horreur de la nuit sombrement obscurcie,
Et l'effroi pâlissant de l'Achéron ombreux,
Avec tous les tourments des Enfers ténébreux,
Puissent combler mon...

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Flaminio de BIRAGUE (1550-x) - Complainte

Flaminio de BIRAGUE (1550-x) - Complainte

Vous de moi tant aimés, ô déserts solitaires
Où j'ai souvent sans fruit semé mes tristes voix,
Soyez, je vous supplie, encore cette fois
De mes derniers sanglots les loyaux secrétaires.

Et toi, fille de l'air, ô Écho forestière,
Ne réponds plus au son de mes tristes regrets,
Et vous aussi, courriers de mes ennuis secrets,
Zéphirs, n'éventez...

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Flaminio de BIRAGUE (1550-x) - C'était au jour piteux que la troupe sacrée

Flaminio de BIRAGUE (1550-x) - C'était au jour piteux que la troupe sacrée

C'était au jour piteux que la troupe sacrée
Des morts en Jésus-Christ avait trêve et repos,
Gisant sous la froideur du cercueil en dépôt,
Quand de maint Requiem leur âme est honorée.

Lors au dur souvenir de la seconde année
Que mon coeur est défunt, pour s'être vu forclos
D'un oeil en...

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Aloysius BERTRAND (1807-1841) (Recueil : Gaspard de la nuit) - Ma chaumière

Aloysius BERTRAND (1807-1841) (Recueil : Gaspard de la nuit) - Ma chaumière

Ma chaumière aurait, l'été, la feuillée des bois pour
parasol, et l'automne, pour jardin, au bord de la fenêtre,
quelque mousse qui enchâsse les perles de la pluie, et
quelque giroflée qui fleure l'amande.

Mais l'hiver, - quel plaisir, quand le matin aurait secoué
ses bouquets de givre sur mes vitres gelées, d'apercevoir
bien loin,...

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Aloysius BERTRAND (1807-1841) (Recueil : Gaspard de la nuit) - La viole de Gamba

Aloysius BERTRAND (1807-1841) (Recueil : Gaspard de la nuit) - La viole de Gamba

Le maître de chapelle eut à peine interrogé de l'ar-
chetla viole bourdonnante, qu'elle lui répondit par un
gargouillement burlesque de lazzi et de roulades,
comme si elle eût eu au ventre une indigestion de
Comédie Italienne.

C'était d'abord la duègne Barbara qui grondait cet
imbécile de Pierrot d'avoir, le maladroit, laissé

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Aloysius BERTRAND (1807-1841) (Recueil : Gaspard de la nuit) - La salamandre

Aloysius BERTRAND (1807-1841) (Recueil : Gaspard de la nuit) - La salamandre

- " Grillon, mon ami, es-tu mort, que tu demeures sourd
au bruit de mon sifflet, et aveugle à la lueur de
l'incendie ? "

Et le grillon, quelque affectueuses que fussent les
paroles de la salamandre, ne répondait point, soit qu'il
dormît d'un magique sommeil, ou bien soit qu'il eût
fantaisie de bouder.

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Jean BERTAUT (1552-1611) - Elégie (2)

Jean BERTAUT (1552-1611) - Elégie (2)

... Ah ! fille sans amour, ou du moins sans constance,
Pourquoy paissant mon coeur d'une vaine espérance,
Me juras-tu jamais que mon feu te plaisoit,
Et qu'un mesme desir ta poitrine embrasoit ?
Pourquoy soufflant l'ardeur de ma flamme insensée
M'asseuras-tu jamais que j'estois ta pensée :
Et que ta seule amour bruslant trop vivement
Ne nous permettoit point d'aymer également ?
Si tu ne...

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Jean BERTAUT (1552-1611) - Complainte sur la mort du feu Roy

Jean BERTAUT (1552-1611) - Complainte sur la mort du feu Roy

... Helas, il me souvient que quand son pasle corps
Fut mis à reposer en la couche des morts
J'entray dedans la chambre où le plomb qui l'enserre
Gisoit sans nulle pompe estendu contre terre,
Pendant que l'artizan à cet oeuvre empesché,
De maint ais resonnant l'un à l'autre attaché,
Formoit la triste chambre où la...

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Alphonse BEAUREGARD (1881-1924) (Recueil : Les forces) - Le passé

Alphonse BEAUREGARD (1881-1924) (Recueil : Les forces) - Le passé

Telle qu'une vapeur s'épaississant toujours,
La nuit grave s'étend sur les îles boisées ;
Les plus belles au loin, déjà semblent rasées
Et les rives n'ont plus que de fuyants contours.

A mes pieds, le vent d'est chassant l'onde à rebours,
Courbe les joncs comme autant d'âmes angoissées.
- Veux-tu que nous allions reposer nos pensées
Dans...

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Alphonse BEAUREGARD (1881-1924) (Recueil : Les forces) - L'éternel féminin

Alphonse BEAUREGARD (1881-1924) (Recueil : Les forces) - L'éternel féminin

La montagne portait sa robe d'or bruni,
Or fragile tombant, feuille à feuille, des branches,
Dans le chemin, parmi la foule du dimanche,
Sur les sentiers ombreux et le gazon terni.

Reposés de leur course à travers l'infini,
Et doux, comme l'émoi d'une âme qui s'épanche,
Les rayons du soleil d'octobre, en nappes blanches
Sur...

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Alphonse BEAUREGARD (1881-1924) (Recueil : Les forces) - L'invitation

Alphonse BEAUREGARD (1881-1924) (Recueil : Les forces) - L'invitation

Le rythme séducteur nous appelle ; venez
Lui répondre en mes bras, jeune fille inconnue.
Valsons légèrement de tous côtés cernés,
Et qu'en nous la clameur des besoins s'atténue.

Pendant que nous serons ensemble, je ne veux
Ni sonder vos secrets, ni dévoiler mon âme,
Mais simplement pencher mon front sur vos cheveux,
Tourner dans un remous de...

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Alphonse BEAUREGARD (1881-1924) (Recueil : Les alternances) - Gratitude

Alphonse BEAUREGARD (1881-1924) (Recueil : Les alternances) - Gratitude

J'ai dit à la forêt haute et pleine d'orgueil :
" Tuer, seul me déride ;
J'irai dans tes abris dépister le chevreuil
Et le lièvre timide. "

Lors la forêt m'offrit, pour mon repos du soir,
Un lit d'herbe et de mousse
Où la lune envoyait, entre les rameaux noirs,
Une lumière douce.

Je sommeillais lorsque des grenouilles...

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Eustorg de BEAULIEU (1505-1552) - A la louange de la forest

Eustorg de BEAULIEU (1505-1552) - A la louange de la forest

En la Forest a mainte chose.
En la Forest on se repose.
En la Forest faict beau chasser,
Beau Chanter, beau le temps passer,
Beau composer en Ryme et prose.

Toutz motz joyeux on y propose.
On y Rid, on Raille, on Marmose,
Et s'il pleut on vient s'adresser
En la Forest.
...

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Christofle de BEAUJEU (1550-x) - Vous qui sans corps, Démons, errez en France

Christofle de BEAUJEU (1550-x) - Vous qui sans corps, Démons, errez en France

Vous qui sans corps, Démons, errez en France,
Laissez ici reposer doucement
Vos membres froids, et chez vous maintenant
Courez pour voir le deuil de votre absence.

Allez-y donc, invisibles, je pense
Que vous verrez celui-ci, son enfant,
L'autre sa femme, en un noir vêtement,
Offrir à Dieu pour votre délivrance...

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Fanny de BEAUHARNAIS (1738-1813) - Romance faite à Ermenonville

Fanny de BEAUHARNAIS (1738-1813) - Romance faite à Ermenonville

sur la tombe de J.-J. Rousseau

Voici donc le séjour paisible,
Où des mortels
Le plus tendre et le plus sensible
A des autels !
C'est ici qu'un sage repose
Tranquillement.
Ah ! parons au moins d'une rose
Son monument.

Approchez, mères désolées,
De ce tombeau :
Pour vous, de tous les mausolées
C'est...

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Nérée BEAUCHEMIN (1850-1931) (Recueil : Les floraisons matutinales) - Québec

Nérée BEAUCHEMIN (1850-1931) (Recueil : Les floraisons matutinales) - Québec

Comme un factionnaire immobile au port d'arme,
Dans ces murs où l'on croit ouïr se prolonger
Le grave écho lointain d'un qui vive d'alarme,
À ses gloires Québec semble encore songer.

L'humble paix pastorale a replié son aile
Sur l'âpre terre où gît le sombre camp des morts :
Du bugle ensanglanté, la plaine solennelle
N'entend...

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Nérée BEAUCHEMIN (1850-1931) (Recueil : Les floraisons matutinales) - Le dernier gîte

Nérée BEAUCHEMIN (1850-1931) (Recueil : Les floraisons matutinales) - Le dernier gîte

Je te reviens, ô paroisse natale.
Patrie intime où mon coeur est resté ;
Avant d'entrer dans la nuit glaciale,
Je viens frapper à ton seuil enchanté.

Pays d'amour, en vain j'ai fait la route
Pour saluer encore ton ciel bleu,
Mon oeil se mouille et ma chair tremble toute,
Je viens te dire...

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Nérée BEAUCHEMIN (1850-1931) (Recueil : Les floraisons matutinales) - A celle que j'aime

Nérée BEAUCHEMIN (1850-1931) (Recueil : Les floraisons matutinales) - A celle que j'aime

Dans ta mémoire immortelle,
Comme dans le reposoir
D'une divine chapelle,
Pour celui qui t'est fidèle,
Garde l'amour et l'espoir.

Garde l'amour qui m'enivre,
L'amour qui nous fait rêver ;
Garde l'espoir qui fait vivre ;
Garde la foi qui délivre,
La foi qui nous doit sauver.

L'espoir, c'est...

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Charles BAUDELAIRE (1821-1867) (Recueil : Les fleurs du mal) - Une martyre

Charles BAUDELAIRE (1821-1867) (Recueil : Les fleurs du mal) - Une martyre

DESSIN D'UN MAITRE INCONNU

Au milieu des flacons, des étoffes lamées
Et des meubles voluptueux,
Des marbres, des tableaux, des robes parfumées
Qui traînent à plis somptueux,

Dans une chambre tiède où, comme en une serre,
L'air est dangereux et fatal,
Où des bouquets mourants dans leurs cercueils de verre
Exhalent leur soupir...

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