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POUR LE SUJET: Comment le théâtre permet-il de persuader et d'émouvoir ?
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Marc-Antoine DÉSAUGIERS (1772-1827) - L'atelier du peintre

Marc-Antoine DÉSAUGIERS (1772-1827) - L'atelier du peintre

ou
Le portrait manqué


Jaloux de donner à ma belle
Un duplicata de mes traits,
Je demande quel est l'Apelle
Le plus connu par ses portraits.
C'est, me répond l'ami Dorlange,
Un artiste nommé Mathieu.
Il prend fort peu...
Mais, ventrebleu !
Quel coloris, quelle grâce, quel feu !
Il vous...

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Marceline DESBORDES-VALMORE (1786-1859) (Recueil : Poésies inédites) - Dernière entrevue

Marceline DESBORDES-VALMORE (1786-1859) (Recueil : Poésies inédites) - Dernière entrevue

Attends, nous allons dire adieu :
Ce mot seul désarmera Dieu.

Les voilà ces feuilles brûlantes
Qu'échangèrent nos mains tremblantes,

Où l'amour répandit par flots
Ses cris, ses flammes, ses sanglots.

Délivrons ces âmes confuses,
Rendons l'air aux pauvres recluses.

Attends, nous allons dire adieu :
Ce mot seul désarmera Dieu.
...

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Marceline DESBORDES-VALMORE (1786-1859) (Recueil : Poésies inédites) - Laisse-nous pleurer

Marceline DESBORDES-VALMORE (1786-1859) (Recueil : Poésies inédites) - Laisse-nous pleurer

Toi qui ris de nos coeurs prompts à se déchirer,
Rends-nous notre ignorance, ou laisse-nous pleurer !
Promets-nous à jamais le soleil, la nuit même,
Oui, la nuit à jamais, promets-la-moi ! Je l'aime,
Avec ses astres blancs, ses flambeaux, ses sommeils,
Son rêve errant toujours et toujours ses réveils,
Et toujours, pour calmer la brûlante insomnie,
D'un monde où rien ne meurt l'éternelle...

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Marceline DESBORDES-VALMORE (1786-1859) (Recueil : Idylles) - Les roses

Marceline DESBORDES-VALMORE (1786-1859) (Recueil : Idylles) - Les roses

L'air était pur, la nuit régnait sans voiles ;
Elle riait du dépit de l'amour :
Il aime l'ombre, et le feu des étoiles,
En scintillant, formait un nouveau jour.

Tout s'y trompait. L'oiseau, dans le bocage,
Prenait minuit pour l'heure des concerts ;
Et les zéphyrs, surpris de ce ramage,
Plus mollement le portaient dans les airs.

Tandis...

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Marceline DESBORDES-VALMORE (1786-1859) (Recueil : Poésies inédites) - Pourquoi ?

Marceline DESBORDES-VALMORE (1786-1859) (Recueil : Poésies inédites) - Pourquoi ?

Quand vous suiviez ma trace,
J'allais avoir quinze ans,
Puis la fleur, puis la grâce,
Puis le feu du printemps.

J'étais blonde et pliante
Comme l'épi mouvant,
Et surtout moins savante
Que le plus jeune enfant.

J'avais ma douce mère,
Me guidant au chemin,
Attentive et sévère
Quand vous cherchiez ma main.

C'est beau la...

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Marceline DESBORDES-VALMORE (1786-1859) (Recueil : Poésies inédites) - Simple histoire

Marceline DESBORDES-VALMORE (1786-1859) (Recueil : Poésies inédites) - Simple histoire

Tu m'as connue au temps des roses,
Quand les colombes sont écloses ;
Tes yeux alors pleins de soleil
Ont brillé sur mon teint vermeil.
Souriant à ma destinée,
Par ta douce force entraînée,
Je ne t'aimai pas à demi,
Mon jeune ami, mon seul ami !

À l'étonnement de nos âmes
Tout jetait des fleurs et des flammes ;
Une...

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Paul DESFORGES-MAILLARD (1699-1772) - La fille du serrurier et son frère

Paul DESFORGES-MAILLARD (1699-1772) - La fille du serrurier et son frère

Fable

Fille d'un pauvre serrurier,
La blanchisseuse Colinette,
Jeune, à la taille fine, et toujours propre et nette,
Sut donner droit au coeur d'un opulent fermier.
Au bout de quelques mois elle alla chez son père,
Couverte de damas, galon sur le soulier,
Et magnifique en tablier.
"Ah ! dit-elle, en voyant son frère,
Mon...

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Antoinette DESHOULIÈRES (1638-1694) - Ballade

Antoinette DESHOULIÈRES (1638-1694) - Ballade

À caution tous amants sont sujets :
Cette maxime en ma tête est écrite.
Point n'ai de foi pour leurs tourments secrets ;
Point auprès d'eux n'ai besoin d'eau bénite,
Dans coeur humain probité plus n'habite
Trop bien encore a-t-on les mêmes dits
Qu'avant qu'astuce au inonde fût venue ;
Mais, pour d'effets, la mode en est perdue :
On n'aime plus comme on aimait jadis.
...

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Léon DIERX (1838-1912) (Recueil : Les amants) - L'amour en fraude

Léon DIERX (1838-1912) (Recueil : Les amants) - L'amour en fraude

J'ai vu passer, l'autre matin,
Un jeune Dieu dans la prairie ;
Sous un costume de féerie
Il sautillait comme un lutin.

Tout perlé d'or et d'émeraude,
Sans arc, sans flèche et sans carquois,
En chantonnant des vers narquois,
Il s'en allait comme en maraude.

Il redonnait, à chaque bond,
L'onde aux ruisseaux, des fleurs aux rives,

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Léon DIERX (1838-1912) (Recueil : Aspirations poétiques) - Lazare

Léon DIERX (1838-1912) (Recueil : Aspirations poétiques) - Lazare

... Et Lazare à la voix de Jésus s'éveilla
Livide, il se dressa d'un bond dans les ténèbres ;
Il sortit, trébuchant dans ses liens funèbres ;
Puis, tout droit devant lui, grave et seul, s'en alla.

Seul et grave, il marcha depuis lors dans la ville,
Comme y cherchant quelqu'un qu'il ne retrouvait pas,
Et se...

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Léon DIERX (1838-1912) (Recueil : Poëmes et poésies) - Salvator rosa

Léon DIERX (1838-1912) (Recueil : Poëmes et poésies) - Salvator rosa

Qu'avais-tu dans l'esprit, maître à la brosse ardente,
Pour que sous ton pinceau la nature en fureur
Semble jeter au ciel une insulte stridente,
Ou frémir dans l'effroi de sa sinistre horreur ?

Pourquoi dédaignais-tu les calmes paysages
Dans la lumière au loin ourlant leurs horizons,
Les lacs d'azur limpide, et sur de frais visages
L'ombre du vert printemps...

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Joachim DU BELLAY (1522-1560) (Recueil : L'Olive) - Au fleuve de Loire

Joachim DU BELLAY (1522-1560) (Recueil : L'Olive) - Au fleuve de Loire

Ô de qui la vive course
Prend sa bienheureuse source,
D'une argentine fontaine,
Qui d'une fuite lointaine,
Te rends au sein fluctueux
De l'Océan monstrueux,
Loire, hausse ton chef ores
Bien haut, et bien haut encores,
Et jette ton oeil divin
Sur ce pays Angevin,
Le plus heureux et fertile,
Qu'autre où ton onde distille.
Bien d'autres Dieux que toi, Père,
Daignent...

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Joachim DU BELLAY (1522-1560) (Recueil : Les Regrets) - Dessous ce grand François, dont le bel astre luit

Joachim DU BELLAY (1522-1560) (Recueil : Les Regrets) - Dessous ce grand François, dont le bel astre luit

Dessous ce grand François, dont le bel astre luit
Au plus beau lieu du ciel, la France fut enceinte
Des lettres et des arts, et d'une troupe sainte
Que depuis sous Henri féconde elle a produit :

Mais elle n'eut plutôt fait montre d'un tel fruit,
Et plutôt ce beau part n'eut...

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Joachim DU BELLAY (1522-1560) (Recueil : Les Regrets) - Scève, je me trouvai comme le fils dAnchise

Joachim DU BELLAY (1522-1560) (Recueil : Les Regrets) - Scève, je me trouvai comme le fils dAnchise

Scève, je me trouvai comme le fils d'Anchise
Entrant dans l'Élysée et sortant des enfers,
Quand après tant de monts de neige tous couverts
Je vis ce beau Lyon, Lyon que tant je prise.

Son étroite longueur, que la Saône divise,
Nourrit mille artisans et peuples tous divers :
Et n'en déplaise...

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Joachim DU BELLAY (1522-1560) (Recueil : Les antiquités de Rome) - Tout effrayé de ce monstre nocturne

Joachim DU BELLAY (1522-1560) (Recueil : Les antiquités de Rome) - Tout effrayé de ce monstre nocturne

Tout effrayé de ce monstre nocturne,
Je vis un corps hideusement nerveux,
A longue barbe, à longs flottants cheveux,
A front ridé et face de Saturne :

Qui s'accoudant sur le ventre d'une urne,
Versait une eau, dont le cours fluctueux
Allait baignant tout ce bord sinueux
Où le Troyen combattit contre Turne.
...

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Joachim DU BELLAY (1522-1560) (Recueil : Les antiquités de Rome) - Une louve je vis sous l'antre d'un rocher

Joachim DU BELLAY (1522-1560) (Recueil : Les antiquités de Rome) - Une louve je vis sous l'antre d'un rocher

Une louve je vis sous l'antre d'un rocher
Allaitant deux bessons : je vis à sa mamelle
Mignardement jouer cette couple jumelle,
Et d'un col allongé la louve les lécher.

Je la vis hors de là sa pâture chercher,
Et courant par les champs, d'une fureur nouvelle
Ensanglanter la dent et la...

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Maurice DU PLESSYS (1864-1924) (Recueil : Les Odes) - Ode triomphale à la gloire des muses romanes

Maurice DU PLESSYS (1864-1924) (Recueil : Les Odes) - Ode triomphale à la gloire des muses romanes

( Io! le Délien est né !
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Louis DUCHOSAL (1862-1901) - La mort de don Quichotte

Louis DUCHOSAL (1862-1901) - La mort de don Quichotte

(extrait)

... Le choeur disait la mort des heures éphémères
Et la fin du voyage épique de Jason
Vers l'île où resplendit l'éternelle toison,
Et la fuite éperdue et sombre des chimères.

Le choeur disait le mal profond, l'esprit rendu,
Le doute moissonnant le blé blanc des pensées,
Les flambeaux consumés, les coupes renversées

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Pierre DUPONT (1821-1870) (Recueil : Chants et chansons) - Les boeufs

Pierre DUPONT (1821-1870) (Recueil : Chants et chansons) - Les boeufs

LES BOEUFS

J'ai deux grands boeufs dans mon étable,
Deux grands boeufs blancs marqués de roux ;
La charrue est en bois d'érable,
L'aiguillon en branche de houx.
C'est par leur soin qu'on voit la plaine
Verte l'hiver, jaune l'été ;
Ils gagnent dans une semaine
Plus d'argent qu'ils n'en ont coûté.
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Gilles DURANT DE LA BERGERIE (1550-1605) - Sonnet

Gilles DURANT DE LA BERGERIE (1550-1605) - Sonnet

Beaux yeux dont la douceur si doucement m'enivre,
Vous produisez des feux qui me vont dévorant :
Beaux yeux, mais ! beaux soleils qui m'allez éclairant,
Vous brûlez, et le ciel me force de vous suivre.

Beaux yeux, dont la clarté du trépas me délivre,
Et du chemin d'erreur où j'allais m'égarant ;
Qui vous voit sans mourir...

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Max ELSKAMP (1862-1931) (Recueil : Huit chansons reverdies) - La nuit

Max ELSKAMP (1862-1931) (Recueil : Huit chansons reverdies) - La nuit

Et maintenant c'est la dernière
Et la voici et toute en noir,
Et maintenant c'est la dernière
Ainsi qu'il fallait la prévoir,

Et c'est un homme au feu du soir
Tandis que le repas s'apprête,
Et c'est un homme au feu du soir
Qui mains croisées, baisse la tête,

Or pour...

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Eudore EVANTUREL (1854-1919) - Au Collège

Eudore EVANTUREL (1854-1919) - Au Collège

Il mourut en avril, à la fin du carême.

C'était un grand garçon, un peu maigre et très blême,
Qui servait à la messe et chantait au salut.
On en eût fait un prêtre, un jour: c'était le but ;
Du moins, on en parlait souvent au réfectoire.
Il conservait le tiers de ses points en histoire,
Et lisait couramment le grec et le...

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Eudore EVANTUREL (1854-1919) - Les Cloches de la Basilique

Eudore EVANTUREL (1854-1919) - Les Cloches de la Basilique

J'écoutais dans la paix du soir,
Sous la pâleur du ciel mystique,
Les sons pieux que laissent choir
Les cloches de la basilique.

Et j'évoquais au loin leur voix,
A la fois grave et triomphale,
Quand elles sonnaient autrefois
Les angélus de cathédrale,

Au temps heureux, trois fois béni,
Où, dès l'aube, souvent ma mère
Me retrouvait au...

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François FABIÉ (1846-1928) (Recueil : Fleurs de genêts) - Le laboureur soldat

François FABIÉ (1846-1928) (Recueil : Fleurs de genêts) - Le laboureur soldat

Laboureur ! - Il n'était, ne voulut jamais être
Que laboureur ; - un beau laboureur, lent et doux
Et fort comme ses boeufs, qui l'aimaient entre tous
Leurs bouviers, et venaient très docilement mettre,
Dès son premier appel, leurs cornes et leurs cous
Sous le dur joug en bois de hêtre...

A vingt ans il dut les quitter,...

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François FABIÉ (1846-1928) (Recueil : Fleurs de genêts) - Voix éteinte

François FABIÉ (1846-1928) (Recueil : Fleurs de genêts) - Voix éteinte

Elle perdit d'abord et par degrés sa voix
Qu'elle avait chaude et grave, émue et pénétrante
Comme la voix du loriot au fond des bois...
En l'écoutant chanter pour ses amis, parfois,
Même quand nul encor ne la savait souffrante,
Je me sentis le coeur traversé du soupçon
Qu'elle leur donnait trop de son âme vibrante,

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