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POUR LE SUJET: Comment le théâtre permet-il de persuader et d'émouvoir ?
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Mellin de SAINT-GELAIS (1487-1558) - Sonnet de deux masques en Rugier et Marphise

Mellin de SAINT-GELAIS (1487-1558) - Sonnet de deux masques en Rugier et Marphise

en un faict d'armes 1550 à Blois


Ceulx qui au ciel furent pieça receuz
Par vertu vive et gestes heroicques,
Voyant renaistre au monde euvres antiques
Et voeuz divins en coeurs mortelz conceuz,

Ont pensé n'estre amoindris ny deceuz
Si, honnorant les spectacles publiques
Du Regnateur des...

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Mellin de SAINT-GELAIS (1487-1558) - Voyant ces monts de veue ainsi loingtaine

Mellin de SAINT-GELAIS (1487-1558) - Voyant ces monts de veue ainsi loingtaine

Voyant ces monts de veue ainsi lointaine
Je les compare à mon long desplaisir.
Haut est leur chef, et hault est mon desir,
Leur pied est ferme et ma foy est certaine.

D'eux mainct ruisseau coule et mainte fontaine,
De mes deux yeulx sortent pleurs à loisir ;
De forts souspirs ne...

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Charles SAINTE-BEUVE (1804-1869) (Recueil : Romances) - Épilogue

Charles SAINTE-BEUVE (1804-1869) (Recueil : Romances) - Épilogue

J'ai fait le tour des choses de la vie ;
J'ai bien erré dans le monde de l'art ;
Cherchant le beau, j'ai poussé le hasard:
Dans mes efforts la grâce s'est enfuie !

A bien des coeurs où la joie est ravie,
J'ai demandé du bonheur, mais trop tard !
A maint orage, éclos sous un regard,
J'ai dit :...

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Jean de SPONDE (1557-1595) - Stances

Jean de SPONDE (1557-1595) - Stances

Tel estoit ce bel Astre à son entrée au monde,
Et deslors qu'il sortoit de son tendre berceau,
Clair au poinct qu'on le veit autant que le flambeau
Qui luît le jour dessus, et la nuict dessous l'onde.

Ce feu sur le poignant de sa premiere Aurore
Nous embasmoit les champs du nectar de ses pleurs,
Et les champs...

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Jean de SPONDE (1557-1595) - Sur sa fièvre

Jean de SPONDE (1557-1595) - Sur sa fièvre

Que faites-vous dedans mes os,
Petites vapeurs enflammées,
Dont les pétillantes fumées
M'étouffent sans fin le repos ?

Vous me portez de veine en veine
Les cuisants tisons de vos feux,
Et parmi vos détours confus
Je perds le cours de mon haleine.

Mes yeux, crevés de vos ennuis,
Sont bandés de tant...

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René-François SULLY PRUDHOMME (1839-1907) (Recueil : Les épreuves) - Joies sans causes

René-François SULLY PRUDHOMME (1839-1907) (Recueil : Les épreuves) - Joies sans causes

On connaît toujours trop les causes de sa peine,
Mais on cherche parfois celles de son plaisir ;
Je m'éveille parfois l'âme toute sereine,
Sous un charme étranger que je ne peux saisir.

Un ciel rose envahit mon être et ma demeure,
J'aime tout l'univers, et, sans savoir pourquoi,
Je rayonne. Cela ne dure...

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René-François SULLY PRUDHOMME (1839-1907) (Recueil : Les vaines tendresses) - L'étoile au coeur

René-François SULLY PRUDHOMME (1839-1907) (Recueil : Les vaines tendresses) - L'étoile au coeur

Par les nuits sublimes d'été,
Sous leur dôme d'or et d'opale,
Je demande à l'immensité
Où sourit la forme idéale.

Plein d'une angoisse de banni,
A travers la flore innombrable
Des campagnes de l'infini,
Je poursuis ce lis adorable...

S'il brille au firmament profond,
Ce n'est pas pour moi qu'il y brille :
J'ai beau...

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René-François SULLY PRUDHOMME (1839-1907) (Recueil : Les solitudes) - La vieillesse

René-François SULLY PRUDHOMME (1839-1907) (Recueil : Les solitudes) - La vieillesse

Viennent les ans ! J'aspire à cet âge sauveur
Où mon sang coulera plus sage dans mes veines,
Où, les plaisirs pour moi n'ayant plus de saveur,
Je vivrai doucement avec mes vieilles peines.

Quand l'amour, désormais affranchi du baiser,
Ne me brûlera plus de sa fièvre mauvaise
Et n'aura plus en moi d'avenir à briser,
Que je m'en donnerai...

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René-François SULLY PRUDHOMME (1839-1907) (Recueil : Epaves) - Le coucher du soleil

René-François SULLY PRUDHOMME (1839-1907) (Recueil : Epaves) - Le coucher du soleil

Si j'ose comparer le déclin de ma vie
A ton coucher sublime, ô Soleil ! je t'envie.
Ta gloire peut sombrer, le retour en est sûr :
Elle renaît immense avec l'immense azur.
De ton sanglant linceul tout le ciel se colore,
Et le regard funèbre où luit ton dernier feu,
Ce regard sombre et doux, dont...

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René-François SULLY PRUDHOMME (1839-1907) (Recueil : Epaves) - Le pardon

René-François SULLY PRUDHOMME (1839-1907) (Recueil : Epaves) - Le pardon

Pour peu que votre image en mon âme renaisse,
Je sens bien que c'est vous que j'aime encor le mieux.
Vous avez désolé l'aube de ma jeunesse,
Je veux pourtant mourir sans oublier vos yeux,

Ni votre voix surtout, sonore et caressante,
Qui pénétrait mon coeur entre toutes les voix,
Et longtemps ma poitrine en restait frémissante
Comme un luth solitaire...

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René-François SULLY PRUDHOMME (1839-1907) (Recueil : Les solitudes) - Mars

René-François SULLY PRUDHOMME (1839-1907) (Recueil : Les solitudes) - Mars

En mars, quand s'achève l'hiver,
Que la campagne renaissante
Ressemble à la convalescente
Dont le premier sourire est cher ;

Quand l'azur, tout frileux encore,
Est de neige éparse mêlé,
Et que midi, frais et voilé,
Revêt une blancheur d'aurore ;

Quand l'air doux dissout la torpeur
Des eaux qui se changeaient en marbres ;
Quand la feuille...

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René-François SULLY PRUDHOMME (1839-1907) (Recueil : Les solitudes) - Première solitude

René-François SULLY PRUDHOMME (1839-1907) (Recueil : Les solitudes) - Première solitude

On voit dans les sombres écoles
Des petits qui pleurent toujours ;
Les autres font leurs cabrioles,
Eux, ils restent au fond des cours.

Leurs blouses sont très bien tirées,
Leurs pantalons en bon état,
Leurs chaussures toujours cirées ;
Ils ont l'air sage et délicat.

Les forts les appellent des filles,
Et les malins des innocents...

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René-François SULLY PRUDHOMME (1839-1907) (Recueil : Stances et poèmes) - Renaissance

René-François SULLY PRUDHOMME (1839-1907) (Recueil : Stances et poèmes) - Renaissance

Je voudrais, les prunelles closes,
Oublier, renaître, et jouir
De la nouveauté, fleur des choses,
Que l'àge fait évanouir.

Je resaluerais la lumière,
Mais je déplierais lentement
Mon âme vierge et ma paupière
Pour savourer l'étonnement ;

Et je devinerais moi-même
Les secrets que nous apprenons ;
J'irais seul aux êtres que j'aime

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Édith THOMAS (1850-x) - Les oeillets rouges

Édith THOMAS (1850-x) - Les oeillets rouges

Dans ces temps-là, les nuits, on s'assemblait dans l'ombre,
Indignés, secouant le joug sinistre et noir
De l'homme de Décembre, et l'on frissonnait, sombre
Comme la bête à l'abattoir.

L'Empire s'achevait. Il tuait à son aise,
Dans son antre où le seuil avait l'odeur du sang.
Il régnait, mais dans l'air soufflait la Marseillaise.
Rouge était le...

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Honoré d' URFÉ (1567-1625) (Recueil : L'Astrée) - Sonnet d'Alcippe

Honoré d' URFÉ (1567-1625) (Recueil : L'Astrée) - Sonnet d'Alcippe

Sur la constance de son amitié

Amarillis toute pleine de grâce
Allait ces bords de ces fleurs dépouillant,
Mais sous la main qui les allait cueillant,
D'autres soudain renaissaient en leur place.

Ces beaux cheveux où l'Amour s'entrelasse,
Amour allait d'un doux air éveillant,
Et s'il en voit quelqu'un s'éparpillant,
Tout curieux...

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Charles VAN LERBERGHE (1861-1907) (Recueil : La chanson d'Eve) - Cachée en ce beau lit de branches...

Charles VAN LERBERGHE (1861-1907) (Recueil : La chanson d'Eve) - Cachée en ce beau lit de branches...

Cachée en ce beau lit de branches et de feuilles,
Sur cet autel de mousse où j'ai versé des roses,
De la myrrhe et du miel,
Tendrement je te porte, et doucement te pose,
Ô fille morte
De l'éternel soleil !

Et voici que je t'ouvre encore,
Comme autrefois...

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Charles VAN LERBERGHE (1861-1907) (Recueil : La chanson d'Eve) - Roses ardentes

Charles VAN LERBERGHE (1861-1907) (Recueil : La chanson d'Eve) - Roses ardentes

Roses ardentes
Dans l'immobile nuit,
C'est en vous que je chante,
Et que je suis.

En vous, étincelles,
A la cime des bois,
Que je suis éternelle,
Et que je vois.

Ô mer profonde,
C'est en toi que mon sang
Renaît vague blonde,
En flot dansant.

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Émile VERHAEREN (1855-1916) (Recueil : Les ailes rouges de la guerre) - Au Reichstag

Émile VERHAEREN (1855-1916) (Recueil : Les ailes rouges de la guerre) - Au Reichstag

On m'affirmait :
" Partout où les cités de vapeurs s'enveloppent,
Où l'homme dans l'effort s'exalte et se complaît,
Bat le coeur fraternel d'une plus haute Europe.

De la Sambre à la Ruhr, de la Ruhr à l'Oural,
Et d'Allemagne en France et de France en Espagne
L'ample entente disperse un grand souffle...

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Émile VERHAEREN (1855-1916) (Recueil : Les heures claires) - Combien elle est facilement ravie

Émile VERHAEREN (1855-1916) (Recueil : Les heures claires) - Combien elle est facilement ravie

Combien elle est facilement ravie
Avec ses yeux d'extase ignée ;
Elle, la douce et résignée
Si simplement devant la vie.

Ce soir, comme un regard la surprenait fervente
Et comme un mot la transportait
Au pur jardin de joie, où elle était
Tout à la fois reine et servante.

Humble d'elle mais ardente...

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Émile VERHAEREN (1855-1916) (Recueil : Les heures d'après-midi) - Comme à d'autres, l'heure et l'humeur

Émile VERHAEREN (1855-1916) (Recueil : Les heures d'après-midi) - Comme à d'autres, l'heure et l'humeur

Comme à d'autres, l'heure et l'humeur :
L'heure morose ou l'humeur malévole
Nous ont, de leurs sceaux noirs, marqué le coeur,
Mais, néanmoins, jamais,
Même les soirs des jours mauvais
Nos coeurs ne se sont dit les fatales paroles.

La sincérité claire, ardente, illuminée,
Nous fut joie et conseil,
Si bien que notre âme passionnée

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Émile VERHAEREN (1855-1916) (Recueil : Les flammes hautes) - Le premier arbre de l'allée

Émile VERHAEREN (1855-1916) (Recueil : Les flammes hautes) - Le premier arbre de l'allée

Le premier arbre de l'allée ?
- Il est parti, dites, vers où,
Avec son tronc qui bouge et son feuillage fou
Et la rage du ciel à ses feuilles mêlée ?

Les autres arbres ? - L'ont suivi
Sur double rang, à l'infini ;
Ils vont là-bas, sans perdre haleine,

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Émile VERHAEREN (1855-1916) (Recueil : Les flamandes) - Les gueux

Émile VERHAEREN (1855-1916) (Recueil : Les flamandes) - Les gueux

La misère séchant ses loques sur leur dos,
Aux jours d'automne, un tas de gueux, sortis des bouges,
Rôdaient dans les brouillards et les prés au repos,
Que barraient sur fond gris des rangs de hêtres rouges.

Dans les plaines, où plus ne s'entendait un chant,
Où les neiges allaient verser leurs avalanches,
Seules encor, dans l'ombre...

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Émile VERHAEREN (1855-1916) (Recueil : Les flambeaux noirs) - Les villes

Émile VERHAEREN (1855-1916) (Recueil : Les flambeaux noirs) - Les villes

Odeurs de poix, de peaux, d'huiles et de bitumes !
Telle qu'un souvenir lourd de rêves, debout
Dans la fumée énorme et jaune, dans les brumes
Et dans le soir, la ville inextricable bout
Et tord, ainsi que des reptiles noirs, ses rues
Noires, autour des ponts, des docks et des hangars,
Où des feux de pétrole et des torches bourrues,
Comme des...

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Émile VERHAEREN (1855-1916) (Recueil : Les forces tumultueuses) - Les villes

Émile VERHAEREN (1855-1916) (Recueil : Les forces tumultueuses) - Les villes

Oh ! ces villes, par l'or putride envenimées !
Clameurs de pierre et vols et gestes de fumées,
Dômes et tours d'orgueil et colonnes debout
Dans l'espace qui vibre et le travail qui bout,
En aimas-tu l'effroi et les affres profondes
O toi, le voyageur
Qui t'en allais triste et songeur
Par les gares de feu qui ceinturent le monde...

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Émile VERHAEREN (1855-1916) (Recueil : Les flammes hautes) - Mon ami, le paysage

Émile VERHAEREN (1855-1916) (Recueil : Les flammes hautes) - Mon ami, le paysage

J'ai pour voisin et compagnon
Un vaste et puissant paysage
Qui change et luit comme un visage
Devant le seuil de ma maison.

Je vis chez moi de sa lumière
Et de son ciel dont les grands vents
Agenouillent ses bois mouvants
Avec leur ombre sur la terre.

Il...

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