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POUR LE SUJET: Comment le théâtre permet-il de persuader et d'émouvoir ?
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POUR LE SUJET: Les écrivains écrivent-ils seulement pour amuser ?
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Auguste ANGELLIER (1848-1911) - L'habitude

Auguste ANGELLIER (1848-1911) - L'habitude

La tranquille habitude aux mains silencieuses
Panse, de jour en jour, nos plus grandes blessures ;
Elle met sur nos coeurs ses bandelettes sûres
Et leur verse sans fin ses huiles oublieuses ;

Les plus nobles chagrins, qui voudraient se défendre,
Désireux de durer pour l'amour qu'ils contiennent,
Sentent le besoin cher et dont ils s'entretiennent
Devenir, malgré...

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François COPPÉE (1842-1908) (Recueil : Les mois) - Mai

François COPPÉE (1842-1908) (Recueil : Les mois) - Mai

Depuis un mois, chère exilée,
Loin de mes yeux tu t'en allas,
Et j'ai vu fleurir les lilas
Avec ma peine inconsolée.

Seul, je fuis ce ciel clair et beau
Dont l'ardente effluve me trouble,
Car l'horreur de l'exil se double
De la splendeur du renouveau.

En vain j'entends contre les vitres,

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François COPPÉE (1842-1908) (Recueil : Promenades et Intérieurs.) - Le Rêve du Poète

François COPPÉE (1842-1908) (Recueil : Promenades et Intérieurs.) - Le Rêve du Poète

Ce serait sur les bords de la Seine. Je vois
Notre chalet, voilé par un bouquet de bois.
Un hamac au jardin, un bateau sur le fleuve.
Pas d'autre compagnon qu'un chien de Terre-Neuve
Qu'elle aimerait et dont je serais bien jaloux.
Des faïences à fleurs pendraient après des clous ;
Puis beaucoup de chapeaux de paille et des ombrelles.
Sous...

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François COPPÉE (1842-1908) (Recueil : Les mois) - Janvier

François COPPÉE (1842-1908) (Recueil : Les mois) - Janvier

Songes-tu parfois, bien-aimée,
Assise près du foyer clair,
Lorsque sous la porte fermée
Gémit la bise de l'hiver,

Qu'après cette automne clémente,
Les oiseaux, cher peuple étourdi,
Trop tard, par un jour de tourmente,
Ont pris leur vol vers le Midi ;

Que leurs ailes, blanches de givre,
Sont lasses d'avoir voyagé ;

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François COPPÉE (1842-1908) (Recueil : L'exilée) - Espoir timide

François COPPÉE (1842-1908) (Recueil : L'exilée) - Espoir timide

Chère âme, si l'on voit que vous plaignez tout bas
Le chagrin du poète exilé qui vous aime,
On raillera ma peine, et l'on vous dira même
Que l'amour fait souffrir, mais que l'on n'en meurt pas.

Ainsi qu'un mutilé qui survit aux combats,
L'amant désespéré qui s'en va, morne et blême,
Loin des hommes qu'il fuit et de Dieu...

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François COPPÉE (1842-1908) (Recueil : Contes en vers et poésies diverses) - Brune

François COPPÉE (1842-1908) (Recueil : Contes en vers et poésies diverses) - Brune

Sur le terrain de foire, au grand soleil brûlé,
Le cirque des chevaux de bois s'est ébranlé
Et l'orgue attaque l'air connu : " Tant mieux pour elle ! "
Mais la brune grisette a fermé son ombrelle,
Et, bien en selle, avec un petit air vainqueur,
Elle va se payer deux sous de mal de coeur.
Elle rit, car déjà...

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François COPPÉE (1842-1908) (Recueil : Promenades et Intérieurs.) - Adagio

François COPPÉE (1842-1908) (Recueil : Promenades et Intérieurs.) - Adagio

La rue était déserte et donnait sur les champs.
Quand j'allais voir l'été les beaux soleils couchants
Avec le rêve aimé qui partout m'accompagne,
Je la suivais toujours pour gagner la campagne,
Et j'avais remarqué que, dans une maison
Qui fait l'angle et qui tient, ainsi qu'une prison,
Fermée au vent du soir son étroite persienne,
Toujours à la...

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Gabrielle de COIGNARD (x-1594) - Obscure nuit, laisse ton noir manteau

Gabrielle de COIGNARD (x-1594) - Obscure nuit, laisse ton noir manteau

Obscure nuit, laisse ton noir manteau,
Va réveiller la gracieuse aurore,
Chasse bien loin le soin qui me dévore,
Et le discours qui trouble mon cerveau.

Voici le jour gracieux, clair et beau,
Et le soleil qui la terre décore,
Et je n'ai point fermé les yeux encore,
Qui font nager ma couche...

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André CHÉNIER (1762-1794) (Recueil : Dernières poésies) - Triste vieillard...

André CHÉNIER (1762-1794) (Recueil : Dernières poésies) - Triste vieillard...

(Saint-Lazare)

Triste vieillard, depuis que pour tes cheveux blancs
Il n'est plus de soutien de tes jours chancelants,
Que ton fils orphelin n'est plus à son vieux père,
Renfermé sous ton toit et fuyant la lumière,
Un sombre ennui t'opprime et dévore ton sein.
Sur ton siège de hêtre, ouvrage de ma main,
Sourd à...

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André CHÉNIER (1762-1794) (Recueil : Poésies Antiques) - Toujours ce souvenir m'attendrit et me touche

André CHÉNIER (1762-1794) (Recueil : Poésies Antiques) - Toujours ce souvenir m'attendrit et me touche

Toujours ce souvenir m'attendrit et me touche,
Quand lui-même, appliquant la flûte sur ma bouche,
Riant et m'asseyant sur lui, près de son coeur,
M'appelait son rival et déjà son vainqueur.
Il façonnait ma lèvre inhabile et peu sûre
A souffler une haleine harmonieuse et pure ;
Et ses savantes mains prenaient mes jeunes...

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André CHÉNIER (1762-1794) (Recueil : Poésies Antiques) - Pasiphaé

André CHÉNIER (1762-1794) (Recueil : Poésies Antiques) - Pasiphaé

Tu gémis sur l'Ida, mourante, échevelée,
Ô reine ! ô de Minos épouse désolée !
Heureuse si jamais, dans ses riches travaux,
Cérès n'eût pour le joug élevé des troupeaux !
Tu voles épier sous quelle yeuse obscure,
Tranquille, il ruminait son antique pâture ;
Quel lit de fleurs reçut ses membres nonchalants
Quelle onde a ranimé l'albâtre de ses flancs.
Ô nymphes, entourez,...

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André CHÉNIER (1762-1794) (Recueil : Poésies Antiques) - Médée

André CHÉNIER (1762-1794) (Recueil : Poésies Antiques) - Médée

Au sang de ses enfants, de vengeance égarée,
Une mère plongea sa main dénaturée ;
Et l'amour, l'amour seul avait conduit sa main.
Mère, tu fus impie, et l'amour inhumain.
Mère ! amour ! qui des deux eut plus de barbarie ?
L'amour fut inhumain ; mère, tu fus impie.

Plût aux dieux que la Thrace aux...

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André CHÉNIER (1762-1794) (Recueil : Elégies) - Ô délices d'amour ! et toi, molle paresse

André CHÉNIER (1762-1794) (Recueil : Elégies) - Ô délices d'amour ! et toi, molle paresse

Ô délices d'amour ! et toi, molle paresse,
Vous aurez donc usé mon oisive jeunesse !
Les belles sont partout. Pour chercher les beaux-arts,
Des Alpes vainement j'ai franchi les remparts :
Rome d'amours en foule assiége mon asile.
Sage vieillesse, accours ! Ô déesse tranquille,
De ma jeune saison éteins ces feux brûlants,...

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André CHÉNIER (1762-1794) (Recueil : Poésies Antiques) - Lydé

André CHÉNIER (1762-1794) (Recueil : Poésies Antiques) - Lydé

" Mon visage est flétri des regards du soleil.
Mon pied blanc sous la ronce est devenu vermeil.
J'ai suivi tout le jour le fond de la vallée ;
Des bêlements lointains partout m'ont appelée.
J'ai couru ; tu fuyais sans doute loin de moi :
C'était d'autres pasteurs. Où te chercher, ô toi
Le plus beau des humains ?...

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André CHÉNIER (1762-1794) (Recueil : Poésies Antiques) - Le jeune malade

André CHÉNIER (1762-1794) (Recueil : Poésies Antiques) - Le jeune malade

" Apollon, dieu sauveur, dieu des savants mystères,
Dieu de la vie, et dieu des plantes salutaires,
Dieu vainqueur de Python, dieu jeune et triomphant,
Prends pitié de mon fils, de mon unique enfant !
Prends pitié de sa mère aux larmes condamnée,
Qui ne vit que pour lui, qui meurt abandonnée,
Qui n'a pas dû rester pour voir mourir son fils ;

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André CHÉNIER (1762-1794) (Recueil : Poésies Antiques) - La jeune Tarentine

André CHÉNIER (1762-1794) (Recueil : Poésies Antiques) - La jeune Tarentine

Pleurez, doux alcyons ! ô vous, oiseaux sacrés,
Oiseaux chers à Thétis, doux alcyons, pleurez !
Elle a vécu, Myrto, la jeune Tarentine !
Un vaisseau la portait aux bords de Camarine :
Là, l'hymen, les chansons, les flûtes, lentement,
Devaient la reconduire au seuil de son amant.
Une clef vigilante a, pour cette journée,
Sous le cèdre enfermé sa robe d'hyménée
Et...

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André CHÉNIER (1762-1794) (Recueil : Elégies) - Aux frères de Pange

André CHÉNIER (1762-1794) (Recueil : Elégies) - Aux frères de Pange

Aujourd'hui qu'au tombeau je suis prêt à descendre,
Mes amis, dans vos mains je dépose ma cendre.
Je ne veux point, couvert d'un funèbre linceul,
Que les pontifes saints autour de mon cercueil,
Appelés aux accents de l'airain lent et sombre,
De leur chant lamentable accompagnent mon ombre,
Et sous des murs sacrés aillent ensevelir
Ma vie, et ma dépouille, et tout...

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André CHÉNIER (1762-1794) (Recueil : Hymnes et Odes) - A la France

André CHÉNIER (1762-1794) (Recueil : Hymnes et Odes) - A la France

France ! ô belle contrée, ô terre généreuse
Que les dieux complaisants formaient pour être heureuse,
Tu ne sens point du Nord les glaçantes horreurs ;
Le Midi de ses feux t'épargne les fureurs ;
Tes arbres innocents n'ont point d'ombres mortelles ;
Ni des poisons épars dans tes herbes nouvelles
Ne trompent une main crédule ; ni tes bois

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André CHÉNIER (1762-1794) (Recueil : Hymnes et Odes) - A Charlotte Corday

André CHÉNIER (1762-1794) (Recueil : Hymnes et Odes) - A Charlotte Corday

Quoi ! tandis que partout, ou sincères ou feintes,
Des lâches, des pervers, les larmes et les plaintes
Consacrent leur Marat parmi les immortels,
Et que, prêtre orgueilleux de cette idole vile,
Des fanges du Parnasse un impudent reptile
Vomit un hymne infâme au pied de ses autels ;

La vérité se tait !...

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François-René de CHATEAUBRIAND (1768-1848) (Recueil : Poésies diverses) - Le départ

François-René de CHATEAUBRIAND (1768-1848) (Recueil : Poésies diverses) - Le départ

Paris, 1827.

Compagnons, détachez des voûtes du portique
Ces dons du voyageur, ce vêtement antique,
Que j'avais consacrés aux dieux hospitaliers.
Pour affermir mes pas dans la course prochaine,
Remettez dans ma main le vieil appui de chêne
Qui reposait à mes foyers.

Où vais-je aller mourir ? Dans...

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William CHAPMAN (1850-1917) - Notre Langue

William CHAPMAN (1850-1917) - Notre Langue

Notre langue naquit aux lèvres des Gaulois.
Ses mots sont caressants, ses règles sont sévères,
Et, faite pour chanter les gloires d'autrefois,
Elle a puisé son souffle aux refrains des trouvères.

Elle a le charme exquis du timbre des Latins,
Le séduisant brio du parler des Hellènes
Le chaud rayonnement des émaux florentins,
Le diaphane et frais poli des porcelaines.

Elle...

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Claude-Emmanuel Lhuillier, dit CHAPELLE (1626-1686) - L'hiver

Claude-Emmanuel Lhuillier, dit CHAPELLE (1626-1686) - L'hiver

A Monsieur l'abbé de Chaulieu.

Cher abbé, souviens-toi qu'Horace
Veut qu'on mette pendant ces froids
Largement du vin dans la tasse
Et dans le foyer force bois.
Vois-tu nos arbres et nos toits
Soutenir à peine le poids
De la neige qui s'y ramasse ?
Vois-tu nos fleuves, comme en Thrace,
Si bien arrêtés pour deux mois,
Que bientôt...

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Louis CHADOURNE (1890-1925) (Recueil : Accords) - Trois petits préludes

Louis CHADOURNE (1890-1925) (Recueil : Accords) - Trois petits préludes

(I)

La nuit s'est refermée
Comme un calice obscur
Sur la pulpe dorée
Et tiède de la chambre.

La lampe se consume
Sous un arc de silence
Et je ne sais plus rien
Sinon que je suis seul,

Mordu par un désir
Qui se mêle aux...

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Auguste BRIZEUX (1803-1858) (Recueil : Les Ternaires) - Lettre à Berthel

Auguste BRIZEUX (1803-1858) (Recueil : Les Ternaires) - Lettre à Berthel

Écris-moi, mon ami, si devant ta faucille
Le seigle mûr de couleuvres fourmille ;
Dis-moi, brave Berthel, si les chiens altérés
Errent par bande aux montagnes d'Arréz.

Hélas ! durant ce mois d'ardente canicule,
Tout fermente ; et partout un noir venin circule.
Pour charmer les serpents tu m'as dit tes chansons
Quand, dressés sur...

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Jules BRETON (1827-1906) (Recueil : Les champs et la mer) - Nocturne

Jules BRETON (1827-1906) (Recueil : Les champs et la mer) - Nocturne

À Gabriel Marc.

La nuit se mêle encore à de vagues pâleurs ;
L'étoile naît, jetant son reflet qui se brouille
Dans la mare dormante où croupit la grenouille.
Les champs, les bois n'ont plus ni formes ni couleurs.

Leurs calices fermés, s'assoupissent les fleurs.
Entrevue à travers le brouillard qui la mouille,
La faucille du...

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