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Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Le chariot d'or) - Automne

Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Le chariot d'or) - Automne

Le vent tourbillonnant, qui rabat les volets,
Là-bas tord la forêt comme une chevelure.
Des troncs entrechoqués monte un puissant murmure
Pareil au bruit des mers, rouleuses de galets.

L'Automne qui descend les collines voilées
Fait, sous ses pas profonds, tressaillir notre coeur ;
Et voici que s'afflige avec plus de ferveur
Le tendre désespoir...

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Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Le chariot d'or) - Devant la mer, un soir ...

Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Le chariot d'or) - Devant la mer, un soir ...

Devant la mer, un soir, un beau soir d'Italie,
Nous rêvions... toi, câline et d'amour amollie,
Tu regardais, bercée au coeur de ton amant,
Le ciel qui s'allumait d'astres splendidement.

Les souffles qui flottaient parlaient de défaillance ;
Là-bas, d'un bal lointain, à travers le silence,
Douces comme un sanglot qu'on exhale à genoux,
Des valses...

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Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Le chariot d'or) - Elégie

Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Le chariot d'or) - Elégie

C'était un soir de grâce et de mansuétude
Où l'amour sur les yeux baise la solitude.
Dans l'ombre, une idéale haleine de printemps
Passait, comme un soupir, sous les manteaux flottants.
De jardins en jardins ici la ville bleue
Au fond du crépuscule expirait en banlieue...
La pluie intermittente et tiède des beaux soirs
Avait légèrement mouillé les pavés noirs.
L'avenue était sombre, odorante,...

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Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Le chariot d'or) - Elégie

Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Le chariot d'or) - Elégie

L'heure comme nous rêve accoudée aux remparts.
Penchés vers l'occident, nous laissons nos regards
Sur le port et la ville, où le peuple circule,
Comme de grands oiseaux tourner au crépuscule.
Des bassins qu'en fuyant la mer à mis à sec
Monte humide et puissante une odeur de varech.
Derrière nous, au fond d'une antique poterne,
S'ouvre, nue et déserte, une cour de caserne

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Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Au jardin de l'infante) - Extrême-Orient

Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Au jardin de l'infante) - Extrême-Orient

I

Le fleuve au vent du soir fait chanter ses roseaux.
Seul je m'en suis allé. - J'ai dénoué l'amarre,
Puis je me suis couché dans ma jonque bizarre,
Sans bruit, de peur de faire envoler les oiseaux.

Et nous sommes partis, tous deux, au fil de l'eau,
Sans savoir où, très lentement. - O...

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Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Au jardin de l'infante) - Hiver

Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Au jardin de l'infante) - Hiver

Le ciel pleure ses larmes blanches
Sur les jours roses trépassés ;
Et les amours nus et gercés
Avec leurs ailerons cassés
Se sauvent, frileux, sous les branches.

Ils sont finis les soirs tombants,
Rêvés au bord des cascatelles.
Les Angéliques, où sont-elles !
Et leurs âmes de bagatelles,
Et leurs coeurs...

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Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Le chariot d'or) - Hyacinthe

Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Le chariot d'or) - Hyacinthe


Pour la voir aussitôt m'apparaître, fidèle
Je n'ai qu'à prononcer son nom mélodieux,
Comme si quelque instinct miséricordieux
D'avance lui disait l'heure où j'ai besoin d'elle.

Je la trouve toujours, quand mon coeur contristé
S'exile et se replie au fond de ses retraites,
Et pansant à la nuit ses blessures secrètes,
Reprend avec l'orgueil sa native beauté.
...

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Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Le chariot d'or) - Je cherche les endroits ....

Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Le chariot d'or) - Je cherche les endroits ....

Je cherche les endroits où ta robe est allée,
Où flotte un souvenir de ta jupe envolée,
Où je retrouve encor dans l'air je ne sais quoi
Qui me fait palpiter le coeur, et qui fut toi.

Là, les yeux au plafond, pendant que mon cigare
Exhale un lent nuage azuré qui s'égare
Comme dans un brouillard...

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Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Le chariot d'or) - Je t'aime, loin de toi ...

Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Le chariot d'or) - Je t'aime, loin de toi ...

Je t'aime, - loin de toi ma pensée obstinée,
Et, par l'instinct d'amour à l'amour ramenée,
Revient vers toi, voltige alentour de ton cou,
De tes yeux, de tes seins, comme un papillon fou,
Et, grise de tourner dans ton cercle de femme,
Reste des jours entiers sans rentrer dans mon âme...

Je t'aime, et, malgré...

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Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Symphonie héroïque) - L'hécatombe

Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Symphonie héroïque) - L'hécatombe

Dans la splendeur dorée et cruelle du soir
Les taureaux, fronts crépus et sanglantes paupières,
Se hâtant lourdement sous les sombres lanières,
Mélancoliquement s'en vont à l'abattoir.

Auprès d'eux, dominant le troupeau du trottoir,
Les beaux bouchers, casqués de vivaces crinières,
S'avancent, déployant de puissantes manières,
Et vont roulant le torse en un lourd nonchaloir.

Sur le tas moutonnant...

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Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Au jardin de l'infante) - Mon âme est une infante

Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Au jardin de l'infante) - Mon âme est une infante

Mon Ame est une infante en robe de parade,
Dont l'exil se reflète, éternel et royal,
Aux grands miroirs déserts d'un vieil Escurial,
Ainsi qu'une galère oubliée en la rade.

Aux pieds de son fauteuil, allongés noblement,
Deux lévriers d'Écosse aux yeux mélancoliques
Chassent, quand il lui plaît, les bêtes symboliques...

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Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Au jardin de l'infante) - Octobre est doux...

Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Au jardin de l'infante) - Octobre est doux...

Octobre est doux. - L'hiver pèlerin s'achemine
Au ciel où la dernière hirondelle s'étonne.
Rêvons... le feu s'allume et la bise chantonne.
Rêvons... le feu s'endort sous sa cendre d'hermine.

L'abat-jour transparent de rose s'illumine.
La vitre est noire sous l'averse monotone.
Oh ! le doux "remember" en la chambre d'automne,
Où...

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Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Au jardin de l'infante) - Ton Souvenir est comme un livre ...

Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Au jardin de l'infante) - Ton Souvenir est comme un livre ...

Ton Souvenir est comme un livre bien aimé,
Qu'on lit sans cesse, et qui jamais n'est refermé,
Un livre où l'on vit mieux sa vie, et qui vous hante
D'un rêve nostalgique, où l'âme se tourmente.

Je voudrais, convoitant l'impossible en mes voeux,
Enfermer dans un vers l'odeur de tes cheveux...

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Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Le chariot d'or) - Tout dort. Le fleuve antique ...

Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Le chariot d'or) - Tout dort. Le fleuve antique ...

Tout dort. Le fleuve antique entre ses quais de pierre
Semble immobile. Au loin s'espacent des beffrois.
Et sur la cité, monstre aux écailles de toits,
Le silence descend, doux comme une paupière.

Les palais et les tours sur le ciel étoilé
Découpent des profils de rêve. Notre-dame
Se reflète, géante, au miroir de mon âme.

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Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Le chariot d'or) - Watteau

Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Le chariot d'or) - Watteau

Au-dessus des grands bois profonds
L'étoile du berger s'allume...
Groupes sur l'herbe dans la brume...
Pizzicati des violons...
Entre les mains, les mains s'attardent,
Le ciel où les amants regardent
Laisse un reflet rose dans l'eau ;
Et dans la clairière indécise,
Que la nuit proche idéalise,
Passe entre Estelle et Cydalise
L'ombre amoureuse de Watteau.

Watteau, peintre idéal de la...

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Cécile SAUVAGE (1883-1927) (Recueil : Mélancolie) - Je me souviens de mon enfance

Cécile SAUVAGE (1883-1927) (Recueil : Mélancolie) - Je me souviens de mon enfance

Je me souviens de mon enfance
Et du silence où j'avais froid ;
J'ai tant senti peser sur moi
Le regard de l'indifférence.

Ô jeunesse, je te revois
Toute petite et repliée,
Assise et recueillant les voix
De ton âme presque oubliée....

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Cécile SAUVAGE (1883-1927) (Recueil : Mélancolie) - Je suis née au milieu du jour

Cécile SAUVAGE (1883-1927) (Recueil : Mélancolie) - Je suis née au milieu du jour

Je suis née au milieu du jour,
La chair tremblante et l'âme pure,
Mais ni l'homme ni la nature
N'ont entendu mon chant d'amour.

Depuis, je marche solitaire,
Pareille à ce ruisseau qui fuit
Rêveusement dans les fougères
Et mon coeur s'éloigne sans bruit....

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Cécile SAUVAGE (1883-1927) (Recueil : Mélancolie) - Jusqu'au ciel d'azur gris le pré léger s'élève

Cécile SAUVAGE (1883-1927) (Recueil : Mélancolie) - Jusqu'au ciel d'azur gris le pré léger s'élève

Jusqu'au ciel d'azur gris le pré léger s'élève
Comme une route fraîche inconnue aux vivants ;
La mouillure de l'herbe et de la jeune sève

Répand dans l'air rêveur son haleine d'argent.
Sur les bords de ce pré le bouleau se balance
Avec le merisier profond dans ses rameaux
Où des...

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Cécile SAUVAGE (1883-1927) (Recueil : Mélancolie) - Le bonheur est mélancolique

Cécile SAUVAGE (1883-1927) (Recueil : Mélancolie) - Le bonheur est mélancolique

Le bonheur est mélancolique.
Le cri des plus joyeux oiseaux
Paraît lointain comme de l'eau
Où se noierait une musique.

À l'oeil qui s'en repaît longtemps
La couleur des fleurs est moins fraîche ;
L'herbe a parfois l'air d'être sèche
Sur le sein même du printemps.

L'allégresse comme un mensonge

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Cécile SAUVAGE (1883-1927) (Recueil : Mélancolie) - Ma maison est assise au vent

Cécile SAUVAGE (1883-1927) (Recueil : Mélancolie) - Ma maison est assise au vent

Ma maison est assise au vent
Dans une plaine sombre et nue
Comme un tombeau pour un vivant
Où s'agite ma chair menue.

Les longs brouillards viennent frôler
Au soir ma porte solitaire,
Et je ne sais rien de la terre
Que ma tristesse d'exilé....

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Cécile SAUVAGE (1883-1927) (Recueil : Le vallon) - Ô Beauté nue

Cécile SAUVAGE (1883-1927) (Recueil : Le vallon) - Ô Beauté nue

Ô Beauté nue,
Les oiseaux volent dans le calme
Où la digitale remue,
Où la fougère aux fines palmes
Est encor d'un vert tendre au pied de l'aulne obscur.
Une molle buée enveloppe l'azur,
Allège les lointains, les arbres, les maisons,
Noie à demi la ferme et le dormant gazon
Et fait de la montagne une ombre aux...

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Cécile SAUVAGE (1883-1927) (Recueil : Mélancolie) - Peut-être serai-je plus gaie

Cécile SAUVAGE (1883-1927) (Recueil : Mélancolie) - Peut-être serai-je plus gaie

Peut-être serai-je plus gaie
Quand, dédaigneuse du bonheur,
Je m'en irai vieille et fanée,
La neige au front et sur le coeur :

Quand la joie ou les cris des autres
Seront mon seul étonnement
Et que des pleurs qui furent nôtres
Je n'aurai que le bavement.

Alors, on me...

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Cécile SAUVAGE (1883-1927) (Recueil : Mélancolie) - Souvent le coeur qu'on croyait mort

Cécile SAUVAGE (1883-1927) (Recueil : Mélancolie) - Souvent le coeur qu'on croyait mort

Souvent le coeur qu'on croyait mort
N'est qu'un animal endormi ;
Un air qui souffle un peu plus fort
Va le réveiller à demi ;
Un rameau tombant de sa branche
Le fait bondir sur ses jarrets
Et, brillante, il voit sur les prés
Lui sourire la lune blanche....

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Paul SCARRON (1610-1660) - Superbes monuments de l'orgueil des humains

Paul SCARRON (1610-1660) - Superbes monuments de l'orgueil des humains

Sonnet

Superbes monuments de l'orgueil des humains,
Pyramides, tombeaux dont la vaine structure
A témoigné que l'art, par l'adresse des mains
Et l'assidu travail, peut vaincre la nature :

Vieux palais ruinés, chefs-d'oeuvre des Romains
Et les derniers efforts de leur architecture,
Colisée, où souvent ces peuples inhumains
De s'entr'assassiner se donnaient tablature :

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Sabine SICAUD (1913-1928) (Recueil : Chemins) - Le chemin creux

Sabine SICAUD (1913-1928) (Recueil : Chemins) - Le chemin creux

Le vieux chemin creusé d'ornières ?
Il a trop plu.
Le vieux chemin de la Carrière,
Celui du vieux moulin qui ne moud plus,
Le chemin du Seigneur qui n'a plus de château,
Le chemin du Bourreau,
Le chemin de la malle-poste,
Et ceux qui les croisaient, tous les chemins herbus,
Tous les chemins pleins d'eau,...

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