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Joachim DU BELLAY (1522-1560) (Recueil : Les Regrets) - Quel est celui qui veut faire croire de soi

Joachim DU BELLAY (1522-1560) (Recueil : Les Regrets) - Quel est celui qui veut faire croire de soi

Quel est celui qui veut faire croire de soi
Qu'il est fidèle ami, mais quand le temps se change,
Du côté des plus forts soudainement se range,
Et du côté de ceux qui ont le mieux de quoi ?

Quel est celui qui dit qu'il gouverne le roi ?
J'entends quand il se...

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Joachim DU BELLAY (1522-1560) (Recueil : Les Regrets) - Quiconque, mon Bailleul, fait longuement séjour

Joachim DU BELLAY (1522-1560) (Recueil : Les Regrets) - Quiconque, mon Bailleul, fait longuement séjour

Quiconque, mon Bailleul, fait longuement séjour
Sous un ciel inconnu, et quiconques endure
D'aller de port en port cherchant son aventure,
Et peut vivre étranger dessous un autre jour :

Qui peut mettre en oubli de ses parents l'amour,
L'amour de sa maîtresse, et l'amour que nature
Nous fait porter au lieu de notre nourriture,
Et...

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Joachim DU BELLAY (1522-1560) (Recueil : Les Regrets) - Si après quarante ans de fidèle service

Joachim DU BELLAY (1522-1560) (Recueil : Les Regrets) - Si après quarante ans de fidèle service

Si après quarante ans de fidèle service
Que celui que je sers a fait en divers lieux,
Employant, libéral, tout son plus et son mieux
Aux affaires qui sont de plus digne exercice,

D'un haineux étranger l'envieuse malice
Exerce contre lui son courage odieux,
Et sans avoir souci des hommes ni des dieux,
Oppose à...

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Joachim DU BELLAY (1522-1560) (Recueil : Les Regrets) - Si je monte au Palais, je n'y trouve qu'orgueil

Joachim DU BELLAY (1522-1560) (Recueil : Les Regrets) - Si je monte au Palais, je n'y trouve qu'orgueil

Si je monte au Palais, je n'y trouve qu'orgueil,
Que vice déguisé, qu'une cérémonie,
Qu'un bruit de tambourins, qu'une étrange harmonile,
Et de rouges habits un superbe appareil :

Si je descends en banque, un amas et recueil
De nouvelles je trouve, une usure infinie,
De riches Florentins une troupe bannie,
Et...

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Max ELSKAMP (1862-1931) (Recueil : La chanson de la rue Saint-Paul) - Mais musique alors ...

Max ELSKAMP (1862-1931) (Recueil : La chanson de la rue Saint-Paul) - Mais musique alors ...

Mais musique alors
De mots qui s'avère,
Parlers étrangers
Du sud et du nord,

Offices, bureaux
Et comptoirs ouverts
Où s'en vont pressés
Commis et clercs d'eau,

Rue qui dit sa vie
Toute de gens pleine,
Dans le vent qui rit,
Qui le suit son lot,

Musiques dans l'air

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Max ELSKAMP (1862-1931) (Recueil : La chanson de la rue Saint-Paul) - Or Août qui apporte

Max ELSKAMP (1862-1931) (Recueil : La chanson de la rue Saint-Paul) - Or Août qui apporte

Or Août qui apporte
Ici l'étranger,
Orgueil qui fait portes
Blanches, murs chaulés,

Orangers qu'on sort
Verts, sur les terrasses,
Pavillons dehors
De toutes les races,

Gens lors qui s'en vont
Anneaux aux chevilles,
Venus de Luçon
De l'Inde et des îles,

C'est choses qu'on vend,
Indous plumes teintes,

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François FABIÉ (1846-1928) (Recueil : Fleurs de genêts) - Terre de France

François FABIÉ (1846-1928) (Recueil : Fleurs de genêts) - Terre de France

Oui, partout elle est bonne et partout elle est belle,
Notre terre de France aux mille aspects divers !
Belle sur les sommets où trônent les hivers,
Et dans la lande fauve à l'araire rebelle,
Belle au bord des flots bleus, belle au fond des bois verts !

Belle et bonne aux coteaux où...

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André Mage de FIEFMELIN (1560-1603) - Comme un navire en mer au fort de la tourmente

André Mage de FIEFMELIN (1560-1603) - Comme un navire en mer au fort de la tourmente

Comme un navire en mer au fort de la tourmente,
Prêt à choquer les rocs par les vents agité,
Sitôt qu'un feu de joie a montré sa clarté,
L'air se tait, l'eau se calme, et l'orage s'absente,

La nef sans peur recourt sur sa première sente
Au rivage étranger qu'elle avait...

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Jean-Pierre Claris de FLORIAN (1755-1794) (Recueil : Fables) - L'habit d'Arlequin

Jean-Pierre Claris de FLORIAN (1755-1794) (Recueil : Fables) - L'habit d'Arlequin

Vous connaissez ce quai nommé de la Ferraille,
Où l'on vend des oiseaux, des hommes et des fleurs.
A mes fables souvent c'est là que je travaille ;
J'y vois des animaux, et j'observe leurs moeurs.
Un jour de mardi gras j'étais à la fenêtre
D'un oiseleur de mes amis,
Quand sur le quai je vis paraître
Un petit arlequin leste, bien fait,...

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Anatole FRANCE (1844-1924) (Recueil : Idylles et légendes) - La part de Madeleine

Anatole FRANCE (1844-1924) (Recueil : Idylles et légendes) - La part de Madeleine

L'ombre versait au flanc des monts sa paix bénie,
Le chemin était bleu, le feuillage était noir,
Et les palmiers tremblaient d'amour au vent du soir.
L'enfant de Magdala, la fleur de Béthanie,

Gémissait dans la pourpre et l'azur des coussins.
Le grand épervier d'or des femmes étrangères
Agrafait sur son front les étoffes légères ;...

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Roi FRANÇOIS 1er (1494-1547) - Étant seulet auprès d'une fenêtre

Roi FRANÇOIS 1er (1494-1547) - Étant seulet auprès d'une fenêtre

Étant seulet auprès d'une fenêtre,
Par un matin comme le jour poignait,
Je regardais Aurore à main senestre
Qui à Phébus le chemin enseignait.
Et, d'autre part, ma mie qui peignait
Son chef doré ; et vis ses luisants yeux,
Dont me jeta un trait si gracieux
Qu'à haute voix je fus contraint de dire :

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Louis-Honoré FRÉCHETTE (1839-1908) (Recueil : Oiseaux de neige) - Amitié

Louis-Honoré FRÉCHETTE (1839-1908) (Recueil : Oiseaux de neige) - Amitié

A Mlle N***

Je connais un petit ange
Lequel n'a jamais mouillé
Sa blanche robe à la fange
Dont notre monde est souillé.

C'est lui qui donne le change
Au pauvre coeur dépouillé
Que l'amour, vautour étrange,
D'un bec cruel a fouillé.

Cet ange, qui vous ressemble,
Sous...

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Louis-Honoré FRÉCHETTE (1839-1908) (Recueil : Oiseaux de neige) - Août

Louis-Honoré FRÉCHETTE (1839-1908) (Recueil : Oiseaux de neige) - Août

C'est la fenaison ; personne ne chôme.
Dès qu'on voit du jour poindre les blancheurs,
En groupes épars, les rudes faucheurs
Vont couper le foin au sauvage arome.

Au bord des ruisseaux, d'indolents pêcheurs
Des saules pensifs dorment sous le dôme ;
Et, le soir venu, l'air qui nous embaume
Apporte déjà d'étranges fraîcheurs.
...

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Louis-Honoré FRÉCHETTE (1839-1908) (Recueil : Oiseaux de neige) - Janvier

Louis-Honoré FRÉCHETTE (1839-1908) (Recueil : Oiseaux de neige) - Janvier

La tempête a cessé. L'éther vif et limpide
A jeté sur le fleuve un tapis d'argent clair,
Où l'ardent patineur au jarret intrépide
Glisse, un reflet de flamme à son soulier de fer.

La promeneuse, loin de son boudoir tépide,
Bravant sous les peaux d'ours les morsures de l'air,
Au son des grelots d'or de son cheval rapide,
À nos...

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Louis-Honoré FRÉCHETTE (1839-1908) (Recueil : Feuilles volantes) - La forêt canadienne

Louis-Honoré FRÉCHETTE (1839-1908) (Recueil : Feuilles volantes) - La forêt canadienne

C'est l'automne. Le vent balance
Les ramilles, et par moments
Interrompt le profond silence
Qui plane sur les bois dormants.

Des flaques de lumière douce,
Tombant des feuillages touffus,
Dorent les lichens et la mousse
Qui croissent au pied des grands fûts.

De temps en temps, sur le rivage,
Dans...

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Louis-Honoré FRÉCHETTE (1839-1908) (Recueil : Oiseaux de neige) - Les "marches naturelles"

Louis-Honoré FRÉCHETTE (1839-1908) (Recueil : Oiseaux de neige) - Les "marches naturelles"

Encaissé dans un lit aux arêtes rugueuses,
Entre deux pans abrupts rongés par le courant,
Tout au fond d'un ravin sinueux, le torrent,
Avec un bruit confus, roule ses eaux fougueuses.

Du rivage escarpé jusqu'au bois odorant,
Dont l'ombre couvre au loin ces grèves rocailleuses,
Des gradins encadrés de sapins et d'yeuses,
Taillés dans le...

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Louis-Honoré FRÉCHETTE (1839-1908) (Recueil : Oiseaux de neige) - Mars

Louis-Honoré FRÉCHETTE (1839-1908) (Recueil : Oiseaux de neige) - Mars

Adieu les jours sereins, et les nuits étoilées !
La neige à flocons lourds s'amoncelle à foison
Au penchant des coteaux, dans le fond des vallées
C'est le dernier effort de la rude saison.

C'est le mois ennuyeux, le mois des giboulées ;
Des frimas cristallins l'étrange floraison
Brode ses fleurs de givre aux branches constellées ; -

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Théophile GAUTIER (1811-1872) (Recueil : Emaux et camées) - A une robe rose

Théophile GAUTIER (1811-1872) (Recueil : Emaux et camées) - A une robe rose

Que tu me plais dans cette robe
Qui te déshabille si bien,
Faisant jaillir ta gorge en globe,
Montrant tout nu ton bras païen !

Frêle comme une aile d'abeille,
Frais comme un coeur de rose-thé,
Son tissu, caresse vermeille,
Voltige autour de ta beauté.

De l'épiderme sur la soie
Glissent des frissons argentés,
Et...

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Théophile GAUTIER (1811-1872) (Recueil : Albertus) - Albertus, IV

Théophile GAUTIER (1811-1872) (Recueil : Albertus) - Albertus, IV

Dans ce bourg autrefois vivait, dit la chronique,
Une méchante femme ayant nom Véronique ;
Chacun la redoutait, et répétait tout bas
Qu'on avait entendu des murmures étranges
Autour de sa demeure, et que de mauvais anges
Venaient pendant la nuit y prendre leurs ébats.
- C'étaient des bruits sans nom inconnus à l'oreille,
Comme la voix d'un mort...

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Théophile GAUTIER (1811-1872) (Recueil : Emaux et camées) - Contralto

Théophile GAUTIER (1811-1872) (Recueil : Emaux et camées) - Contralto

On voit dans le Musée antique,
Sur un lit de marbre sculpté,
Une statue énigmatique
D'une inquiétante beauté.

Est-ce un jeune homme ? est-ce une femme,
Une déesse, ou bien un dieu ?
L'amour, ayant peur d'être infâme,
Hésite et suspend son aveu.

Dans sa pose malicieuse,
Elle s'étend, le dos tourné
Devant la foule curieuse,
Sur son...

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Théophile GAUTIER (1811-1872) (Recueil : Emaux et camées) - Le souper des armures

Théophile GAUTIER (1811-1872) (Recueil : Emaux et camées) - Le souper des armures

Biorn, étrange cénobite,
Sur le plateau d'un roc pelé,
Hors du temps et du monde, habite
La tour d'un burg démantelé.

De sa porte l'esprit moderne
En vain soulève le marteau.
Biorn verrouille sa poterne
Et barricade son château.

Quand tous ont les yeux vers l'aurore

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Théophile GAUTIER (1811-1872) (Recueil : Emaux et camées) - Les Néréides

Théophile GAUTIER (1811-1872) (Recueil : Emaux et camées) - Les Néréides

J'ai dans ma chambre une aquarelle
Bizarre, et d'un peintre avec qui
Mètre et rime sont en querelle,
- Théophile Kniatowski.

Sur l'écume blanche qui frange
Le manteau glauque de la mer
Se groupent en bouquet étrange
Trois nymphes, fleurs du gouffre amer.

Comme des lis noyés, la houle
Fait...

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Théophile GAUTIER (1811-1872) (Recueil : Espana) - Sérénade

Théophile GAUTIER (1811-1872) (Recueil : Espana) - Sérénade

Sur le balcon où tu te penches
Je veux monter... efforts perdus !
Il est trop haut, et tes mains blanches
N'atteignent pas mes bras tendus.

Pour déjouer ta duègne avare,
Jette un collier, un ruban d'or ;
Ou des cordes de ta guitare
Tresse une échelle, ou bien encor...

Ôte tes fleurs, défais ton...

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Théophile GAUTIER (1811-1872) (Recueil : Premières poésies) - Soleil couchant

Théophile GAUTIER (1811-1872) (Recueil : Premières poésies) - Soleil couchant

Notre-Dame
Que c'est beau !
Victor HUGO

En passant sur le pont de la Tournelle, un soir,
Je me suis arrêté quelques instants pour voir
Le soleil se coucher derrière Notre-Dame.
Un nuage splendide à l'horizon de flamme,
Tel qu'un oiseau géant qui va prendre l'essor,
D'un bout du ciel à l'autre ouvrait ses ailes d'or,
- Et c'était des clartés...

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Théophile GAUTIER (1811-1872) (Recueil : Emaux et camées) - Vieux de la vieille

Théophile GAUTIER (1811-1872) (Recueil : Emaux et camées) - Vieux de la vieille

15 décembre

Par l'ennui chassé de ma chambre,
J'errais le long du boulevard :
IL faisait un temps de décembre,
Vent froid, fine pluie et brouillard ;

Et là je vis, spectacle étrange,
Échappés du sombre séjour,
Sous la bruine et dans la fange,
Passer des spectres en plein jour.

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