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Théodore de BANVILLE (1823-1891) (Recueil : Odes funambulesques) - Reprise de La Dame

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Théodore de BANVILLE (1823-1891) (Recueil : Odes funambulesques) - Reprise de La Dame Mourir de la poitrine Quand j'ai ces bras de lys, La lèvre purpurine, Les cheveux de maïs Et cette gorge rose, Ah ! la vilaine chose ! Quel poëte morose Est donc ce Dumas fils ! Je fus, pauvre colombe, Triste, blessée au flanc ; Déjà le soir qui tombe Glace mon jeune sang, Et, j'en ai fait le pacte, Il faut qu'en femme exacte, Au bout du cinquième acte J'expire en peignoir blanc ! Pourtant, j'aime une vie Qu'un immortel trésor Poétise, ravie, Dans un si beau décor ; J'aime pour mes extases Les feux des chrysoprases, Les rubis, les topazes, Les tas d'argent et d'or ! Paris est une ville Où mille voyageurs Cherchent au Vaudeville De pudiques rougeurs, Où toute jeune fille Aux façons de torpille Peut avoir ce qui brille Aux vitres des changeurs ! J'aime cette lumière Qui, des lustres fleuris, Tombe aux soirs de première Sur ma poudre de riz, Quand, aux loges de face, Ma petite grimace, Malgré leur pose, efface Cerisette et Souris. J'aime qu'en ma fournaise Un lingot fonde entier, Et que, pour me rendre aise, Avec un luxe altier De jeune Sulamite Qui ne soit pas un mythe, Plus d'un caissier imite Grellet et Carpentier ! J'aime que le vieux comte Soit réduit aux abois En refaisant le compte Des perles que je bois, Enfin, cela m'allèche De sentir ma calèche Voler comme une flèche Par les détours du bois ! J'aime que l'on me bouge Un grand miroir princier, Pour me poser ce rouge Qui plaît à mon boursier, Tandis que ma compagne, Brune fille d'Espagne, Sur l'orgue m'accompagne Des chansons de Darcier ! Mais surtout, quand, dès l'aube, S'éloigne mon sous-chef Natif d'Arcis-sur-Aube, Renvoyé d'un ton bref, Dans ma main conquérante J'aime à tenir quarante Nouveaux coupons de rente, Et du papier Joseph !

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