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Rabindranath Tagore

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Tagore est la plus célèbre figure, mystique et poétique à la fois, de l'Inde du XXe siècle. Son œuvre immense, qu'il a lui-même traduite en anglais, a été lue dans le monde entier et récompensée par le prix Nobel en 1913. Quatorzième enfant d'un sage réputé, il trouve auprès de son père, lors de longs séjours dans l'Himalaya, la certitude que seul importe l'amour. Non pas l'amour individuel mais celui qui englobe dans une même réalité Dieu, la nature et l'humanité toute entière. Ses innombrables écrits, poèmes, romans, pièces de théâtre, récits de voyage, essais etc., traduisent inlassablement sa vitalité et son amour de la vie, son apprentissage de la souffrance, son exigence de la justice qui, en Inde, encouragèrent Gandhi et, dans l'Europe dévastée par deux guerres mondiales, ressuscitèrent un nouvel espoir. Einstein a rencontré Tagore à plusieurs reprises à partir de 1926. Quelques extraits de leurs conversations ont été publiés à la suite d'entretiens entre les deux hommes qui datent de 1930 : Einstein : il y a deux conceptions différentes de l'Univers : le monde en tant que globalité dépendante de l'humanité et le monde comme réalité indépendante du facteur humain.

« Rabindranath Tagore Tagore est la plus célèbre figure, mystique et poétique à la fois, de l'Inde du XXe siècle.

Son oeuvre immense, qu'il a lui-même traduite en anglais, a été lue dans le monde entier et récompensée par le prix Nobel en 1913. Quatorzième enfant d'un sage réputé, il trouve auprès de son père, lors de longs séjours dans l'Himalaya, la certitude que seul importe l'amour.

Non pas l'amour individuel mais celui qui englobe dans une même réalité Dieu, la nature et l'humanité toute entière.

Ses innombrables écrits, poèmes, romans, pièces de théâtre, récits de voyage, essais etc., traduisent inlassablement sa vitalité et son amour de la vie, son apprentissage de la souffrance, son exigence de la justice qui, en Inde, encouragèrent Gandhi et, dans l'Europe dévastée par deux guerres mondiales, ressuscitèrent un nouvel espoir. Einstein a rencontré Tagore à plusieurs reprises à partir de 1926.

Quelques extraits de leurs conversations ont été publiés à la suite d'entretiens entre les deux hommes qui datent de 1930 : Einstein : il y a deux conceptions différentes de l'Univers : le monde en tant que globalité dépendante de l'humanité et le monde comme réalité indépendante du facteur humain. Tagore : ce monde est un monde humain la vision scientifique est aussi celle de l'homme scientifique.

En conséquence, le monde en dehors de nous n'existe pas.

C'est un monde relatif dont la réalité dépend de notre conscience. Einstein : la vérité, alors, ou la beauté ne sont pas indépendantes de l'homme ? Tagore : Non. Einstein : s'il n'y avait plus d'êtres humains, l'Apollon du Belvédère cesserait d'être beau ? Tagore : c'est cela. Einstein : je suis d'accord avec cette conception de la beauté, mais pas en ce qui concerne la vérité. Tagore : pourquoi pas ? La vérité se réalise au travers des hommes. Einstein : je ne peux pas prouver que ma conception soit exacte.

Mais c'est ma religion.

L'esprit reconnaît des vérités qui lui sont extérieures, qui sont indépendantes de lui.

Par exemple, il peut n'y avoir personne dans cette maison actuellement.

Néanmoins, cette table demeure là où elle est. Tagore : Oui.

Cette table persiste en dehors de l'esprit humain individuel.

Mais pas en dehors de l'Esprit universel.

La table est cela qui est perceptible par une sorte d'implicite de ce qu'est la définition de la conscience humaine. Einstein : notre point de vue naturel au regard d'une vérité qui existerait en dehors de l'humanité ne peut être expliqué ou prouvé.

Mais il s'agit là d'une croyance dont personne, pas même les êtres primitifs, ne peut faire l'économie.

Nous attribuons à la vérité une objectivité "supra humaine".

Cette réalité, indépendante de notre existence, de notre expérience et de notre esprit nous est indispensable, même si nous ne pouvons pas dire ce qu'elle signifie. Tagore : pour le type d'esprit que possède la mite qui dévore le papier, la littérature est totalement inexistante. Mais pour l'esprit de l'homme, la littérature a une plus grande valeur de vérité que le papier lui-même.

De même, s'il y a une vérité totalement étrangère au champ de conscience de l'humanité, alors, pour nous, elle est non existante. Einstein : alors, je suis plus religieux que vous.... »

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