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Pontus de TYARD (1521-1605) (Recueil : Premier livre des erreurs amoureuses) - Disgrâce

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Pontus de TYARD (1521-1605) (Recueil : Premier livre des erreurs amoureuses) - Disgrâce La haute Idée à mon univers mère, Si hautement de nul jamais comprise, M'est à présent ténébreuse Chimère. Le tout, d'où fut toute ma forme prise, Plus de mon tout, de mon tout exemplaire, M'est simplement une vaine feintise. Ce qui soulait mon imparfait parfaire Par son parfait, sa force a retirée, Pour mon parfait en imparfait refaire. Le Ciel, qui fut mon haut Ciel Empyrée, Fixe moteur de ma force première, Pour m'affaiblir rend sa force empirée. La grand clarté, à luire coutumière En mon obscur, me semble être éclipsée Pour me priver du jour de sa lumière. La Sphère en rond, de circuit lassée Pour ma faveur, malgré sa symétrie En nouveau cours contre moi s'est poussée. La harmonie, aux doux consens nourrie Des sept accords, contre l'ordre sphérique Horriblement entour mon ouïr crie. Le clair Soleil, par la ligne écliptique De son devoir mes yeux plus n'illumine, Mais, puis que pis ne peut, se fait oblique. La déité, qui de moi détermine, De ne prévoir que mon malheur m'assure, Et au passer du temps mon bien termine. L'âme, qui fit longtemps en moi demeure, Iniquement d'autre corps s'associe. Et s'éloignant de moi, veut que je meure Pour s'exercer en palingénésie.

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