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Olivier de MAGNY (1530-1561) - A sa demeure des champs

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Olivier de MAGNY (1530-1561) - A sa demeure des champs Petit jardin, petite plaine Petit bois, petite fontaine, Et petits coteaux d'alentour, Qui voyez mon être si libre, Combien serais-je heureux de vivre, Et mourir en votre séjour ! Bien que vos fleurs, vos blés, vos arbres, Et vos eaux ne soient près des marbres, Ni des palais audacieux, Tel plaisir pourtant j'y retire Que mon heur, si je l'ose dire, Je ne voudrais quitter aux dieux : Car ou soit qu'un livre je tienne, Ou qu'en rêvant je me souvienne Des yeux qui m'enflamment le sein, Ou qu'en chantant je me promène, Toute sorte de dure peine Et d'ennui me laisse soudain. Toutes fois il faut que je parte, Et faut qu'en partant je m'écarte De vos solitaires détours, Pour aller en pays étrange Sous l'espoir de quelque louange Mâlement travailler mes jours. Ô chaste vierge Délienne, De ces montagnes gardienne, Si j'ai toujours paré ton dos D'arc, de carquois et de sagettes, Couronnant ton chef de fleurettes Et sonnant sans cesse ton los : Fais que longtemps je ne séjourne, Ainçois que bien tôt je retourne, En ces lieux à toi dédiés, Revoir de tes nymphes la bande, Afin qu'en ces autels j'appende Mille autres hymnes à tes pieds. Mais soit qu'encore je revienne Ou que bien loin on me retienne, Il me ressouviendra toujours De ce jardin, de cette plaine, De ce bois, de cette fontaine Et de ces coteaux d'alentour.

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