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Louise LABÉ (1524-1566) (Recueil : Sonnets) - Diane étant en l'épaisseur d'un bois

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Louise LABÉ (1524-1566) (Recueil : Sonnets) - Diane étant en l'épaisseur d'un bois Diane étant en l'épaisseur d'un bois, Après avoir mainte bête assénée, Prenait le frais, de Nymphes couronnée. J'allais rêvant, comme fais mainte fois, Sans y penser, quand j'ouïs une voix Qui m'appela, disant : Nymphe étonnée, Que ne t'es-tu vers Diane tournée ? Et, me voyant sans arc et sans carquois : Qu'as-tu trouvé, ô compagne, en ta voie, Qui de ton arc et flèches ait fait proie ? - Je m'animai, réponds-je, à un passant, Et lui jetai en vain toutes mes flèches Et l'arc après ; mais lui, les ramassant Et les tirant, me fit cent et cent brèches.

« Louise LABÉ, Sonnets, « Diane étant en l'épaisseur d'un bois ». 1. Diane étant en l'épaisseur d'un bois, 2. Après avoir mainte bête assénée, 3. Prenait le frais, de Nymphes couronnée. 4. J'allais rêvant, comme fais mainte fois, 5. Sans y penser, quand j'ouïs une voix 6. Qui m'appela, disant : Nymphe étonnée, 7. Que ne t'es-tu vers Diane tournée ? 8. Et, me voyant sans arc et sans carquois : 9. Qu'as-tu trouvé, ô compagne, en ta voie, 10. Qui de ton arc et flèches ait fait proie ? 11. Je m'animai, réponds-je, à un passant, 12. Et lui jetai en vain toutes mes flèches 13. Et l'arc après ; mais lui, les ramassant 14. Et les tirant, me fit cent et cent brèches. Sonnet de Louise Labé, poétesse du XVIe siècle. Née à Lyon en 1524, Louise Labé bénéficia d’une éducation moderne apprenant le latin l’italien, l’espagnol, la musique et faisant des études de lettres. Elle créa l’un des premiers salons littéraires. Elle demeure très connue pour ses poèmes dont les principaux ouvrages sont Débat de Folie et d’Amour et Sonnets, qui a été publié en 1555. « Diane étant en l'épaisseur d'un bois ». Sonnet > forme fixe composée de quatorze décasyllabes, organisés en deux quatrains à rimes identiques embrassées (ABBA ABBA) + de deux tercets. Rimes du type CCD, EDE dans les tercets > sonnet français. Alternance respectée entre les rimes féminines (qui se terminent par –e, -es, -ent) et les rimes masculines. I- Dans la forêt A- Diane et la poète • Diane > Diane chasseresse, fille de Latone et de Jupiter, sœur jumelle d'Apollon. • Fait donc référence au mythe. Cf. « l'épaisseur d'un bois » ; « mainte bête assénée »… « Prenait le frais » > repos. « l'épaisseur d'un bois, » > forêt profonde (aspect sauvage de la nature + solitude, loin des hommes). • « J'allais rêvant » > poétesse qui parle en son nom. « rêvant » > méditation, errance de la poète. « comme fais mainte fois » > habitude. « étant » : parallélisme entre les actes de Diane et les rêveries de la poète. • Assonance en [ai] : « épaisseur » ; « bête » ; « prenait » ; « frais » ; « allais » ; « rêvant » ; « fais »… B- Discours d’une voix • « Sans y penser » : enjambement du dernier vers du 1e quatrain au 1e vers du 2e quatrain. • « quand j'ouïs une voix » : verbe au passé simple qui rompt l’imparfait de « j’allais » > action longue. Rupture. • « une voix / Qui m'appela » : rejet. Poétesse qui est prise à partie. On s’adresse à elle. « une voix » > indéterminé, ne sait qui s’adresse à elle. • Rapporte les paroles de la « voix ». - « étonnée » : renvoie à « sans y penser ; rêvant ». - Tutoiement. - Allitération en [t] > sorte de martèlement. Cf. « Que ne t'es-tu vers Diane tournée ». »

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