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Lesage romancier

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Si, par ses comédies, Lesage se rattachait à la tradition de Molière, ses romans, remarquables surtout par leur pittoresque et leur virulence satirique, en font bien un homme du xviiie siècle. Dans Le Diable boiteux, le jeune écolier Cléophas découvre les secrets de Madrid en compagnie du démon Asmodée qui soulève pour lui les toits de chaque maison. Dans l'Histoire de Gil Blas de Santillane (1715-1735), son oeuvre la plus originale, un autre jeune écolier apprend à connaître la société et à faire son chemin parmi les hommes.

« Lesage romancier Si, par ses comédies, Lesage se rattachait à la tradition de Molière, ses romans, remarquables surtout par leur pittoresque et leur virulence satirique, en font bien un homme du xviiie siècle.

Dans Le Diable boiteux, le jeune écolier Cléophas découvre les secrets de Madrid en compagnie du démon Asmodée qui soulève pour lui les toits de chaque maison.

Dans l'Histoire de Gil Blas de Santillane (1715-1735), son oeuvre la plus originale, un autre jeune écolier apprend à connaître la société et à faire son chemin parmi les hommes. Un ample tableau de moeurs : Gil Blas. Première et deuxième parties (1715).

Le bachelier Gil Blas de Santillane.

un jeune étourdi naïf et vaniteux, quitte la maison paternelle, sur une mule, avec quelques ducats en poche.

Il connaît des aventures variées, pour la plupart fâcheuses.

Il va jusqu'à frayer avec des brigands.

Il finit par s'installer comme intendant du oentilhomme Don Alphonse de Leyva, qui lui donne le domaine de Lirias (livres I à VI). Troisième et quatrième parties (1725-1735).

Gil Blas sert dans de plus hautes maisons, notamment chez l'archevêque de Grenade.

Il devient secrétaire du duc de Lerme ; mais une intrigue de cour le conduit en prison (livres VII à IX).

Il rejoint Lirias et se marie ; veuf, il revient à la politique et sert le comte d'Olivares ; enfin il se retire, se remarie, et, à soixante ans, goûte le calme bonheur de la vie familiale (livres X à XII). Lesage imite l'inspiration et la technique du roman dit picaresque, né en Espagne au XVIe siècle.

Gil Blas, qui, longtemps, demeure voué à l'état de valet, qui fréquente des milieux bas ou corrompus et se laisse entraîner dans une suite d'aventures mouvementées et pittoresques, ressemble au personnage du « picaro » espagnol.

Selon le goût picaresque aussi, des histoires secondaires sont insérées dans la trame du récit principal, qui va un train assez cahoté, comme s'il s'agissait seulement de divertir un lecteur frivole et peu pressé. Lesage, cependant, se préoccupe en même temps de peindre la société contemporaine.

Il compose un décor pour les aventures de son personnage en empruntant à des mémoires ou à des récits de voyageurs des éléments de couleur locale; il fixe avec soin les détails du mobilier, de l'habillement, et décrit avec précision le ménage d'un homme de lettres, ou la trousse d'un garçon barbier.

Les aventures du héros servent de prétexte au romancier pour introduire son lecteur dans des milieux qu'il connaît plus ou moins directement : grande et petite noblesse, haut et bas clergé, bourgeois, auteurs, comédiens, valets, aventuriers.

Toute la société française se trouve ainsi censurée avec légèreté par un observateur au regard impitoyable.

Enfin, un style dépouillé, alerte, imagé, contribue à créer une atmosphère de vie.

Lesage annonce l'avènement d'une esthétique nouvelle, dont l'idéal est, non plus la vérité générale et permanente des caractères, mais la vérité individuelle et singulière des moeurs et des conditions.. »

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