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Les réécritures permettent-elles, selon le mot de GIRAUDOUX, d'épousseter de temps en temps les statues éternelles ? En vous appuyant sur le mythe d'Electre et ses réécritures, vous vous demanderez quelles sont leurs fonctions.

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Les pratiques de réécritures sont aussi anciennes que la Littérature elle-même. Les textes d'Homère ont connu des l'antiquité des compléments a ce point savants et similaires au texte original que l'on a pu les confondre avec ce dernier. Mais les pratiques de réécritures (ou pratiques hypertextuelles pour reprendre l'expression consacrée par Gérard Genette dans son ouvrage majeur consacre a la question : Palimpsestes) ne sont pas seulement anciennes : elles sont également multiples. En effet, nous pouvons voir qu'elles s'attaquent soit au style, soit au sens de l'oeuvre, avec une variété d'intentions qui dessinent tout un panel d'intentions et de fonctions incarnées par la réécriture.  D'après Giraudoux, les réécritures permettent « d'épousseter de temps en temps les statues éternelles ». Analysant ce propos, nous pouvons l'entendre comme l'expression de l'idée selon laquelle les réécritures sont le moyen de débarrasser une oeuvre fameuse et reconnue de ce qui l'a fait appartenir trop visiblement a une époque révolue et a une culture définie, d'une part ; mais aussi comme l'idée que les réécritures permettent d'intéresser davantage un public contemporain en chargeant l'oeuvre réécrite de significations, voire d'allusions, a la situation politique et sociale contemporaine des spectateurs de l'oeuvre. Nous dirons donc qu' « épousseter » une oeuvre en la réécrivant revient donc d'une part à enlever quelque chose de cette oeuvre (ce qui la fait appartenir a une époque révolue) et à lui ajouter quelque chose d'autre (ce qui la fait entrer dans une nouvelle ère de références).   Avant de nous demander quelles sont les fonctions de la réécriture du mythe d'Electre chez Giraudoux, nous commencerons par nous demander dans quelle mesure son oeuvre appartient bel et bien à ce genre particulier qu'est le genre des réécritures. Nous verrons ensuite que la réécriture du mythe d'Electre par Giraudoux a deux fonctions majeures que nous expliciterons : faire entrer le mythe grec dans l'ère de la modernité, d'une part ; proposer une variation personnelle réexaminant ses enjeux et sa signification, de l'autre.

« Les pratiques de réécritures sont aussi anciennes que la Littérature elle-même.

Les textes d'Homère ont connu des l'antiquité des compléments a ce point savants et similaires au texte original que l'on a pu les confondre avec ce dernier.

Mais les pratiques de réécritures (ou pratiques hypertextuelles pour reprendre l'expression consacrée par Gérard Genette dans son ouvrage majeur consacre a la question : Palimpsestes) ne sont pas seulement anciennes : elles sont également multiples.

En effet, nous pouvons voir qu'elles s'attaquent soit au style, soit au sens de l'œuvre, avec une variété d'intentions qui dessinent tout un panel d'intentions et de fonctions incarnées par la réécriture. D'après Giraudoux, les réécritures permettent « d'épousseter de temps en temps les statues éternelles ».

Analysant ce propos, nous pouvons l'entendre comme l'expression de l'idée selon laquelle les réécritures sont le moyen de débarrasser une œuvre fameuse et reconnue de ce qui l'a fait appartenir trop visiblement a une époque révolue et a une culture définie, d'une part ; mais aussi comme l'idée que les réécritures permettent d'intéresser davantage un public contemporain en chargeant l'œuvre réécrite de significations, voire d'allusions, a la situation politique et sociale contemporaine des spectateurs de l'œuvre.

Nous dirons donc qu' « épousseter » une œuvre en la réécrivant revient donc d'une part à enlever quelque chose de cette œuvre (ce qui la fait appartenir a une époque révolue) et à lui ajouter quelque chose d'autre (ce qui la fait entrer dans une nouvelle ère de références). Avant de nous demander quelles sont les fonctions de la réécriture du mythe d'Electre chez Giraudoux, nous commencerons par nous demander dans quelle mesure son œuvre appartient bel et bien à ce genre particulier qu'est le genre des réécritures.

Nous verrons ensuite que la réécriture du mythe d'Electre par Giraudoux a deux fonctions majeures que nous expliciterons : faire entrer le mythe grec dans l'ère de la modernité, d'une part ; proposer une variation personnelle réexaminant ses enjeux et sa signification, de l'autre. I. Une réécriture de la tragédie grecque a.

La pièce de Giraudoux, inscrite dans une tradition de réécritures Nous commencerons par analyser en quoi nous avons affaire a une réécriture lorsque nous lisons l'Electre de Giraudoux.

Il faut d'abord savoir que le mythe d'Electre nait dans un passage épique de l'Odyssée d'Homère, avant d'être repris sous forme de tragédie par Eschyle, Sophocle et Euripide au Ve siècle avant notre ère.

Suite à ces réécritures fameuses du mythe d'Electre, d'autres sont venues au XVIIIe siècle : celle du baron Hilaire de Longepierre en 1702 et celle de Prosper Jolyot de Crébillon en 1709. Par conséquent, nous dirons que non seulement la réécriture de Giraudoux s'inscrit dans une longue série, une ancienne tradition de réécritures ; mais qu'elle se donne a lire comme une réécriture de réécritures.

En effet, lorsque Giraudoux écrit son Electre, il ne se contente pas de réinterpréter un texte particulier (comme la pièce de Sophocle, par exemple) mais tient compte de toute une tradition littéraire contenant la pluralité de textes que nous venons d'évoquer.

Écrite en 1937, la pièce serait une « tragédie bourgeoise », selon Jean Giraudoux lui-même. b.

La reprise de nombreux éléments caractéristiques de la pièce originale de Sophocle Nous étudierons a présent ce que Giraudoux emprunte de plus important aux textes qu'il réécrit, et tout particulièrement a la pièce de Sophocle qui constitue sa première source d'inspiration.

En effet, nous pouvons trouver chez Giraudoux comme chez ses prédécesseurs une évocation constante du Fatum, c'est-à-dire de la destinée, cette force qui détermine impérieusement les actions humaines.

Nous pouvons en effet penser que l'Electre de Giraudoux au même titre que celle de Sophocle agit selon un destin prédétermine qui lui retire impérieusement la liberté d'agir.

Nous pouvons noter également une présence du divin, incarne dans l'œuvre, d'une part, par les Euménides, mais aussi par le personnage dont l'identité demeure ambigüe tout au long de la pièce (estil homme ou dieu ? nous n'en saurons rien…).

Enfin, nous pouvons dire qu'Electre demeure fidele à ces ancêtres tragiques, dans la mesure où elle partage la démesure et l'orgueil qui les conduit a leur perte. II. Dépoussiérer le mythe en le faisant entrer dans la modernité a.

Les anachronismes voulus par l'auteur. »

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