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Les auteurs de L'Honneur des poètes ont choisi, dans leur préface, de présenter ainsi leur ouvrage : « C'est vers l'action que les poètes à la vue immense sont, un jour ou l'autre, entraînés ». Partagez-vous cette conception de la poésie ? Vous organiserez votre réponse en vous appuyant nécessairement sur les poèmes du corpus et d'autres poèmes que vous avez lus ou étudiés ?

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                                                                                                        L'expérience poétique (de poiein qui signifie « faire ») s'impose comme une absolue nécessité et s'articule à la difficulté d'affronter le monde. Adhérer à ce monde qu'on ne comprend pas et que l'on refuse tel est le projet fondamental de cette poésie dérivée de la douleur et du sentiment d'une difficulté à vivre. Paul Éluard, l'auteur de la préface, affirme à ce propos « une fois de plus la poésie mise au défi se regroupe, retrouve un sens précis à sa violence latente, crie, accuse, espère ». De ce point de vue, la poésie en ressort grandit. Cette conception se retrouve aux siècles précédents, notamment dans Les châtiments de Victor Hugo, la plus représentative d'une poésie de combat contre un pouvoir autoritaire ou encore dans Les Tragiques d'Agrippa d'Aubigné au XVIe siècle...   II La pluralité de l'écriture poétique : l'engagement l'un de ses moteurs Le poète est reconnu pour sa capacité à appréhender poétiquement le monde, à entrer en communion avec l'univers. Il représente à la fois la figure d'un médiateur entre les hommes et Dieu, d'un Prométhée « voleur de feu » et d'un éclaireur. « Grand oeil fixe, ouvert sur le grand tout » le poète chez Hugo est beaucoup plus qu'un spectateur il est un visionnaire, chargé d'une mission civilisatrice. Or le fait que la parole poétique acquiert une dimension oraculaire et dans la mesure où le sens profond de la poésie est plus traditionnellement lié à la mythologie, n'attendons-nous pas de la lyrique qu'elle nous peigne un sentiment plus intime tel que l'amour ? L'engagement politique parasite-t-il l'ambition poétique pris dans son sens le plus stricte celui de la lyrique courtoise ?                                               Le courant lyrique est certainement celui que l'on retrouve le plus tout au long de notre histoire littéraire.

« Héritier des philosophes des Lumières, le poète du XXe siècle se donne pour mission de s'engager à changer la vie.

Une position qui est devenue à ses yeux une nécessité existentielle et un rôle qui est autant social qu'humanitaire.

Il s'agit, en effet, de guider le peuple dans sa marche vers l'avenir, Victor Hugo l'avait formulé ainsi: « Peuples, écoutez le poète !» (Les rayons et les ombres). Ainsi on peut s'interroger sur la nature des liens qui peuvent exister entre poésie et engagement politique, social ou bien humain : dans ce qui peut apparaître comme une confusion des genres, la poésie se révèle-t-elle à elle-même, ou ne risque-t-elle pas au contraire de se perdre ? I Le poète engagé : grandeur d'une écriture et répercussions La préface de L'Honneur des poètes dévoile un contexte historique précis, celui de la Seconde Guerre mondiale.

Et plus particulièrement celui de la France sous l'occupation allemande, face à laquelle le mouvement de la Résistance va progressivement se dresser.

Durant cette période, la poésie n'est plus uniquement le miroir de l'expression des sentiments, à savoir celle du lyrisme, mais davantage une arme pour se défendre contre la barbarie et les horreurs infligées par la guerre.

Un extrait issu du recueil peut illustrer ce mouvement de révolte, cette marche vers l'engagement : « Je hais.

Ne me demandez pas ce que je hais/ (…) il y a le feu sanglant, la soif rageuse d'être libre » (Pierre Emmanuel, L'honneur des poètes). Qui plus est L'honneur des poètes, titre de ce recueil collectif (recueil paru le 14 juillet 1943 aux Éditions de Minuit, appellation symbolique d'une maison clandestine), confère à la poésie une fonction éthique et traduit les émotions et les interrogations que suscite la guerre.

C'est pourquoi, il convient de souligner que la poésie moderne naît dans l'insatisfaction de la conscience humaine, devant la laideur ou tout simplement la rudesse de l'existence (dans ce cas précis il s'agit de la guerre). L'expérience poétique (de poiein qui signifie « faire ») s'impose comme une absolue nécessité et s'articule à la difficulté d'affronter le monde.

Adhérer à ce monde qu'on ne comprend pas et que l'on refuse tel est le projet fondamental de cette poésie dérivée de la douleur et du sentiment d'une difficulté à vivre.

Paul Éluard, l'auteur de la préface, affirme à ce propos « une fois de plus la poésie mise au défi se regroupe, retrouve un sens précis à sa violence latente, crie, accuse, espère ».

De ce point de vue, la poésie en ressort grandit. Cette conception se retrouve aux siècles précédents, notamment dans Les châtiments de Victor Hugo, la plus représentative d'une poésie de combat contre un pouvoir autoritaire ou encore dans Les Tragiques d'Agrippa d'Aubigné au XVIe siècle… II La pluralité de l'écriture poétique : l'engagement l'un de ses moteurs Le poète est reconnu pour sa capacité à appréhender poétiquement le monde, à entrer en communion avec l'univers.

Il représente à la fois la figure d'un médiateur entre les hommes et Dieu, d'un Prométhée « voleur de feu » et d'un éclaireur.

« Grand œil fixe, ouvert sur le grand tout » le poète chez Hugo est beaucoup plus qu'un spectateur il est un visionnaire, chargé d'une mission civilisatrice.

Or le fait que la parole poétique acquiert une dimension oraculaire et dans la mesure où le sens profond de la poésie est plus traditionnellement lié à la mythologie, n'attendons-nous pas de la lyrique qu'elle nous peigne un sentiment plus intime tel que l'amour ? L'engagement politique parasite-t-il l'ambition poétique pris dans son sens le plus stricte celui de la lyrique courtoise ? Le courant lyrique est certainement celui que l'on retrouve le plus tout au long de notre histoire littéraire.

Accueillant l'expression personnelle des sentiments du poète il permet en effet d'utiliser le pronom personnel « je ».

En outre, cette forme poétique est à la recherche de la musicalité.

Rappelons que ce type de poésie doit son nom à la lyre, instrument dans l'Antiquité qui accompagnait les chants.

Symbole d'unité et d'harmonie, l'objet prend dans le mythe d'Orphée une valeur pacificatrice.

Capable de suspendre les supplices de l'Enfer, la lyre devient le modèle des pouvoirs de la poésie et des liens étroits qui l'unissent à la destinée de la créature humaine.

Ainsi des troubadours (qui utiliseront la forme et le fond de la poésie lyrique pour chanter l'amour), à Ronsard (qui élargira cet espace du lyrisme dans de nombreux recueils célébrant toujours le sentiment amoureux et plus particulièrement la femme notamment dans Les Amours de Cassandre, Les Amours de Marie, Hymnes…) à Chateaubriand, Apollinaire, Hugo ou Aragon, chaque siècle aura son ou ses poètes pour gloser sur l'amour.

Négligent-ils pour autant d'autres aspects de la vie ? Ont-ils fait perdre son âme à la poésie en évoquant le drame, la mort ou la guerre ? Vraisemblablement l'engagement politique en poésie est à considérer comme l'un des moteurs potentiel de l'écriture.

Il suffit de jeter un regard sur le passé pour prendre conscience qu'il n'existe pas de poète qui se soit limité au thème unique de l'amour.

Précédemment nous évoquions Les Châtiments d'Hugo (l'homme eut une grande carrière politique) mais il fut également l'auteur des Contemplations, un recueil du souvenir de l'amour, de la joie, de la mort, du deuil voire de la mystique.

Enfin, afin de renforcer notre propos, citons certains poètes du XXe siècle, qui furent tout autant poète de l'amour que poète engagé.

Éluard était l'un de ces grands personnages capables d'imaginer les plus beaux vers d'amour comme ceuxci : « La courbe de tes yeux fait le tour de mon cœur/Un rond de danse et de douceur » (Capitale de la douleur) et de coucher sur le papier l'expression parfaite de la condition humaine qui ne renonce pas malgré l'adversité : « Sur les champs sur l'horizon/ Sur les ailes des oiseaux/ Et sur les moulins des ombres/ J'écris ton nom » extrait du poème « Liberté », largué par les avions de la RAF en milliers de tracts sur la France occupée.. »

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