Devoir de Philosophie

La littérature contemporaine de langue allemande

Extrait du document

Les écrivains nés après la Seconde Guerre mondiale se sont assignés la lourde tâche d'imaginer, de construire une nouvelle littérature allemande, d'inventer une autre dramaturgie qui sorte des ruines et de la guerre sans jamais l'oublier. L'oeuvre romanesque, autant que théâtre de cette nouvelle génération, est marquée par le doute, l'introspection et le mal de vivre, ces traits étant poussés à l'extrême en ce qui concerne les écrivains autrichiens qui ont un rapport douloureux avec leur pays. Dans la souffrance et l'angoisse de l'immédiat après-guerre, dans l'Allemagne occupée, les intellectuels tentent d'abord de se rassembler. Deux écrivains, Hans Werner Richter et Alfred Andersch vont être les artisans de ce rassemblement. Ils créent une première revue, Der Ruf, dont l'autorisation de paraître est refusée par les autorités alliées. Ils proposent Der Skorpion, une autre version, même refus. Ils imaginent alors une sorte de club, le Groupe 47, où peuvent se rencontrer auteurs, critiques, éditeurs pour échanger des idées, lire leurs oeuvres, réfléchir ensemble. L'essentiel de la réunion étant de lire des extrait d'une oeuvre pour qu'elle soit discutée. Ce qui était au début des réunions informelles devient, pendant les années cinquante, une véritable institution, bourse aux talents qui regroupe tout ce qui compte ou va compter dans la littérature allemande de l'après-guerre.

« La littérature contemporaine de langue allemande Les écrivains nés après la Seconde Guerre mondiale se sont assignés la lourde tâche d'imaginer, de construire une nouvelle littérature allemande, d'inventer une autre dramaturgie qui sorte des ruines et de la guerre sans jamais l'oublier.

L'oeuvre romanesque, autant que théâtre de cette nouvelle génération, est marquée par le doute, l'introspection et le mal de vivre, ces traits étant poussés à l'extrême en ce qui concerne les écrivains autrichiens qui ont un rapport douloureux avec leur pays. Dans la souffrance et l'angoisse de l'immédiat après-guerre, dans l'Allemagne occupée, les intellectuels tentent d'abord de se rassembler. Deux écrivains, Hans Werner Richter et Alfred Andersch vont être les artisans de ce rassemblement.

Ils créent une première revue, Der Ruf, dont l'autorisation de paraître est refusée par les autorités alliées.

Ils proposent Der Skorpion, une autre version, même refus.

Ils imaginent alors une sorte de club, le Groupe 47, où peuvent se rencontrer auteurs, critiques, éditeurs pour échanger des idées, lire leurs oeuvres, réfléchir ensemble.

L'essentiel de la réunion étant de lire des extrait d'une oeuvre pour qu'elle soit discutée.

Ce qui était au début des réunions informelles devient, pendant les années cinquante, une véritable institution, bourse aux talents qui regroupe tout ce qui compte ou va compter dans la littérature allemande de l'après-guerre. La figure de proue des lettres d'outre-Rhin, Heinrich Böll, y figure.

Heinrich Böll (1917-1985), est reconnu dès les années cinquante, après la parution d'un recueil de nouvelles, Le Train était à l'heure.

Böll, écrivain allemand, rhénan, catholique, consacre la majorité de son oeuvre à comprendre comment son pays est tombé dans l'horreur nazie.

Lui qui a vécu cette horreur et cette honte peut l'expliquer de l'intérieur, il se veut l'interprète du peuple allemand.

Écrivain engagé donc, il est le premier allemand, depuis la Seconde Guerre mondiale, couronné par le prix Nobel de littérature en 1973.

Son oeuvre est volumineuse, citons pour mémoire : Portrait de groupe avec dame 1973, L'Honneur perdu de Katharina Blum 1975, Femmes devant un paysage, ou Le Journal irlandais puis des recueils de nouvelles comme Le Destin d'une tasse sans anse. Gunter Grass, né en 1927 à Danzig (aujourd'hui Gdansk en Pologne), est rapidement reconnu comme un autre grand écrivain allemand d'après-guerre ; auteur du Tambour qui deviendra un best-seller mondial après son adaptation cinématographique en 1979, par Volker Schlöndorff.

Grass, comme Böll, a vécu la guerre très jeune et cette épreuve est prégnante dans toute son oeuvre.

Mais encore plus que Böll, Grass est très engagé dans l'Allemagne moderne, il prend parti dans les mouvements étudiants, il est d'ailleurs aujourd'hui député européen.

Outre le Tambour, ses oeuvres importantes sont Les Années de Chien, Le Turbot, La Ratte.

Grass fut une personnalité en vue du Groupe 47.

Celui-ci, à son apogée pendant les décennies cinquante et soixante, avait commencé à remettre un prix annuel.

En 1958, ce fut Gunther Grass.

Lorsque le Groupe 47 décida au début de la décennie soixante-dix de se saborder, Gunther Grass lui rendit hommage dans Une rencontre en Westphalie (1979) qui est en quelque sorte le récit de la vie de ce rassemblement. De la même génération, Hans Magnus Enzensberger, né en 1929, poète et essayiste, est l'auteur d'une oeuvre poétique singulière et violemment critique.

En effet, il s'en prend tout à la fois à la bourgeoisie allemande, ses liens de dépendance avec les Américains et il milite, avec le dramaturge Peter Weiss, contre la guerre au Vietnam : Le Naufrage du Titanic, et Europe, Europe, ses deux oeuvres les plus récentes, en sont les échos.

Sa contemporaine, Christa Wolf est l'une des grandes figures de la littérature allemande.

Engagée politiquement dans l'ex-RDA, elle publie son premier roman en 1963, Le Ciel partagé, qui sera suivi d'une oeuvre importante.

Arno Schmidt (1914-1979) occupe une place à part dans la littérature allemande avec une oeuvre brillante, drôle et très complexe stylistiquement, avec Scènes de la vie d'un faune et dont le sommet sera Zettels Traum, paru en 1969.

Il obtient le prix Goethe en 1973. Les auteurs autrichien, comme les Allemands, ont souvent des comptes à régler avec leur patrie.

Ingeborg Bachmann (1926-1973), prix du Groupe 47 en 1953, poète et auteur de récits et de livrets d'opéra, publie son premier livre La Trentième année, en 1961, et demeure le plus grand talent lyrique de la littérature autrichienne moderne, qui compte aussi avec un autre très grand poète, Erich Fried (19381988).

Thomas Bernhard (1931-1989), romancier et dramaturge, auteur d'une oeuvre importante, publie son premier livre, Gel, en 1963, et figure parmi les dramaturges les plus féroces de la littérature autrichienne.

Son style, ses thème de prédilection (la mort, la bestialité, la maladie, le nazisme), font de ses romans : Perturbations (1967), La Platrière (1970), ou Corrections (1982), des oeuvres fascinantes, impossibles à résumer simplement. Heiner Müller (1929-1995), poète et dramaturge, prodigieux dissecteur de l'histoire allemande, est un auteur lucide et cynique dont la dernière pièce, Germania 3 est une mise en scène de la mort des idéologies. Elfriede Jelinek, née en 1946 en Styrie (Autriche), est devenue le premier écrivain de sa génération avec la parution en 1983 de La pianiste.

Peter Handke, né en 1942 en Autriche, poète, dramaturge et romancier, est l'auteur d'une oeuvre considérable dont la célèbre Chevauchée sur le lac de Constance, parue en 1970. La jeune génération d'écrivains allemands compte avec Peter Schneider, né en 1940 à Lübeck, écrivain contestataire, Christophe Hein, né en 1944, qui publie son premier recueil de nouvelles en 1980, Ingomar von Kieseritzky, né en 1944 à Dresde, auteur à l'humour cauchemardesque.

Patrick Süskind, né en Bavière en 1949, est l'auteur d'un livre qui sera rapidement un best-seller mondial, Le Parfum, suivi en 1987 du Pigeon.

Il est aussi scénariste et dramaturge.

Auteur dramatique, scénariste et l'un des plus grands cinéastes de l'après guerre, Rainer Werner Fassbinder (1946-1982), co-fondateur de l'Anti-Theater et réalisateur de plus de quarante films, aura une influence considérable sur la scène culturelle allemande. Parmi les plus jeunes auteurs, Rainar Goetz, né en 1954, romancier et dramaturge, auteur d'une trilogie théâtrale, Krieg, qui obtint un immense succès, Herta Muller, née en 1953 dans la communauté germanophone de Roumanie, Johanna Walser, née en 1957, Christoph Ransmayr et Thorsten Becker (né en 1960 à Cologne), ou encore Werner Herzog, sont des plus prometteurs.

Du côté des grands dramaturges, outre Peter Handke et Thomas Bernhard, Peter Weiss (1916-1982) connut un immense succès depuis la parution en 1964 de Marat-Sade.

Poète et peintre, il est aussi l'auteur d'une trilogie romanesque, Aesthesik des Widerstands , et sera l'une des grandes révélations du théâtre allemand d'après-guerre.

Dramaturge à succès dans les années 1960-1970, Martin Walser, né en 1927, est un écrivain dont l'oeuvre est marquée par un réalisme psychologique qui prend souvent pour cadre le lac de Constance.

Botho Strauss, né en 1944, a été critique théâtral avant d'être un dramaturge de talent, dont les pièces furent créées à la Schaubühne de Berlin. Né en 1921 à Konolfingen, dans le canton de Berne, Friedrich Durrenmatt, styliste hors pair de la langue allemande, auteur de la Visite de la vieille dame (1956), est l'un des plus grands dramaturges suisses de langue allemande.

Il publie son premier roman en 1950, Le Juge et le bourreau, puis des romans policiers humoristiques et moraux.. »

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Liens utiles