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José-Maria de HEREDIA (1842-1905) (Recueil : Les Trophées) - Le coureur

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José-Maria de HEREDIA (1842-1905) (Recueil : Les Trophées) - Le coureur Tel que Delphes l'a vu quand, Thymos le suivant, Il volait par le stade aux clameurs de la foule, Tel Ladas court encor sur le socle qu'il foule D'un pied de bronze, svelte et plus vif que le vent. Le bras tendu, l'oeil fixe et le torse en avant, Une sueur d'airain à son front perle et coule ; On dirait que l'athlète a jailli hors du moule, Tandis que le sculpteur le fondait, tout vivant. Il palpite, il frémit d'espérance et de fièvre, Son flanc halète, l'air qu'il fend manque à sa lèvre Et l'effort fait saillir ses muscles de métal ; L'irrésistible élan de la course l'entraîne Et passant par-dessus son propre piédestal, Vers la palme et le but il va fuir dans l'arène.

« José-Maria de HEREDIA, Les Trophées, « Le coureur ». 1.

Tel que Delphes l'a vu quand, Thymos le suivant, 2.

Il volait par le stade aux clameurs de la foule, 3.

Tel Ladas court encor sur le socle qu'il foule 4.

D'un pied de bronze, svelte et plus vif que le vent. 5.

Le bras tendu, l'oeil fixe et le torse en avant, 6.

Une sueur d'airain à son front perle et coule ; 7.

On dirait que l'athlète a jailli hors du moule, 8.

Tandis que le sculpteur le fondait, tout vivant. 9.

Il palpite, il frémit d'espérance et de fièvre, 10.

Son flanc halète, l'air qu'il fend manque à sa lèvre 11.

Et l'effort fait saillir ses muscles de métal ; 12.

L'irrésistible élan de la course l'entraîne 13.

Et passant par-dessus son propre piédestal, 14.

Vers la palme et le but il va fuir dans l'arène. José María de Heredia Girard (1842-1905) : homme de lettres d'origine cubaine, naturalisé français en 1893.

En tant que poète, c'est un des maîtres du mouvement parnassien, véritable joaillier du vers. Les Trophées : unique recueil de Heredia comprenant 118 sonnets qui retracent l'histoire du monde, comme « Les Conquérants », ou qui dépeignent des moments privilégiés, comme « Le Récif De Corail ». Petit rappel sur le Parnasse : Les poètes du Parnasse ont été profondément influencés par Les Orientales de Victor Hugo (1829) qu’il présentait dans sa préface comme « livre inutile de pure poésie ». La plupart des parnassiens préfèrent ignorer l’Histoire et situer leurs œuvres dans l’illud tempus des mythes antiques ou indiens, mais certains préfèrent encore plus la froideur des statues aux chamarrures orientales. => Goût des Parnassiens pour la peinture et la sculpture, incarnations de la beauté idéale, plus parfaites que les réalités brutes. Parnasse => obsession formelle et impassibilité. Poètes chantres de la perfection et prêtres de la beauté idéale. Durant votre commentaire, montrez bien en quoi Heredia appartient à la poésie parnassienne. « Le coureur ». Sonnet > forme fixe composée de quatorze vers de 14 alexandrins, organisés en deux quatrains à rimes identiques embrassées (ABBA ABBA) + de deux tercets. Rimes du type CCD, EDE dans les tercets > sonnet français. Alternance respectée entre les rimes féminines (qui se terminent par un e muet > –e, -es, -ent) et les rimes masculines. Poème dans lequel Heredia évoque un coureur… I- L’athlète grec A- Le monde grec • Grande attention portée à la forme du texte.

Montrez que le texte est extrêmement travaillé. • allitération en [v] qui domine.

Cf.

« vu » ; « suivant » ; « volait » ; « svelte » ; « vif » ; « vent ». • Deux comparaisons.

Cf.

« Tel que » ; « Tel »… • « foule / foule » = antanaclase à la rime.. »

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