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Jean ROBERTET (14xx-1503) - Ballade

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Jean ROBERTET (14xx-1503) - Ballade Je meurs de soif auprès de la fontaine ; Je treuve doulx ce qui doit estre amer ; J'aime et tiens chiers tous ceulx qui me font haine, Je hé tous ceulx que fort je deusse amer ; Je loue ceulx que je deusse blamer, Je prens en gré plus le mal que le bien ; Je vais querant ce qu'à trouver je doubte ; Croire ne puis cela que je sçay bien, Je me tiens seur de ce dont plus j'ay doubte. Je prens plaisir en ce qui m'est atayne ; Ung peu de chose m'est grant comme la mer ; Je tiens de près celle qui m'est loingtaine, Je garde entier ce que deusse entamer, Saoul suis de ce qui me fait affamer ; J'ay largement de tout, et si n'ay rien, J'oublie ce que plus à cuer je boute ; Ce qui me lasche me tient en son lien : Je me tiens seur de ce dont plus j'ay doubte. Je tiens pour basse chose qui est haultaine ; Je fuy tous ceulx que deusse reclamer, Je croy plus tard le vray qu'une fredaine ; Tant plus suis froit, plus me sens enflamer ; Quand j'ay bon cuer, lors je prens a pasmer, Ce que j'acquiers je ne tiens pas pour mien, Je prise peu ce qui bien chier me couste ; Sote manière m'est plus que beau maintien, Je me tiens seur de ce dont plus j'ay doubte. Prince, j'ay tout, et si ne sçay combien : J'atire à moy ce qui plus me déboute ; Ce que j'esloigne m'est plus qu'autre rien ; Je me tiens seur de ce dont plus j'ay doubte.

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