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Clément MAROT (1497-1544) (Recueil : L'Adolescence clémentine) - Épitaphe de Jehan Serre, excellent joueur de farces

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Clément MAROT (1497-1544) (Recueil : L'Adolescence clémentine) - Épitaphe de Jehan Serre, excellent joueur de farces Ci-dessous gît et loge en serre, Ce très gentil fallot Jean Serre, Qui tout plaisir allait suivant ; Et grand joueur de son vivant, Non pas joueur de dés, ni quilles, Mais de belles farces gentilles, Auquel jeu jamais ne perdit, Mais y gagna bruit et crédit, Amour et populaire estime, Plus que d'écus, comme j'estime. Il fut en son jeu si adestre Qu'à le voir on le pensait être Ivrogne quand il se y prenait, Ou badin, s'il l'entreprenait ; Et n'eût su faire en sa puissance Le sage ; car à sa naissance Nature ne lui fit la trogne Que d'un badin ou d'un ivrogne. Toutefois je crois fermement Qu'il ne fit onc si vivement Le badin qui se rit ou mord Comme il fait maintenant le mort. Sa science n'était point vile, Mais bonne ; car en cette ville Des tristes tristeur détournait Et l'homme aise en aise tenait. Or bref, quand il entrait en salle, Avec une chemise sale, Le front, la joue et la narine Toute couverte de farine, Et coiffé d'un béguin d'enfant Et d'un haut bonnet triomphant Garni de plumes de chapons, Avec tout cela je réponds Qu'en voyant sa grâce niaise, On n'était pas moins gai ni aise Qu'on est aux Champs Elysiens. Ô vous, humains Parisiens ! De le pleurer, pour récompense, Impossible est ; car, quand on pense A ce qu'il soulait* faire et dire, On ne peut se tenir de rire. Que dis-je, on ne le pleure point ? Si fait-on ; et voici le point : On en rit si fort, en maints lieux, Que les larmes viennent aux yeux ; Ainsi en riant on le pleure, Et en pleurant on rit à l'heure. Or pleurez, riez votre soûl, Tout cela ne lui sert d'un sou ; Vous feriez beaucoup mieux en somme De prier Dieu pour le pauvre homme. (*) avait coutume

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